De nouvelles recherches révèlent que même une marche quotidienne modeste peut ralentir l'accumulation de protéines liées à la maladie d'Alzheimer et retarder le déclin cognitif, offrant ainsi aux personnes âgées une voie réaliste pour protéger leur mémoire et leur indépendance.
Étude : L'activité physique comme facteur de risque modifiable dans la maladie d'Alzheimer préclinique. Crédit image : bonbons bonbons/Shutterstock.com
Une étude menée par des chercheurs de Mass General Brigham, aux États-Unis, a révélé qu'un niveau modéré d'activité physique peut ralentir le taux de déclin cognitif et fonctionnel chez les personnes âgées non altérées sur le plan cognitif et risquant de développer la maladie d'Alzheimer. L'étude est publiée dans Médecine naturelle.
Sommaire
Pourquoi l'exercice est important pour la maladie d'Alzheimer
La maladie d'Alzheimer est une maladie neurodégénérative évolutive qui touche plus de 50 millions d'adultes dans le monde. Plusieurs facteurs de risque modifiables sont associés au développement et à la progression de cette maladie, dont la sédentarité.
Des études utilisant des modèles animaux suggèrent qu'une activité physique régulière peut réduire la progression de la maladie d'Alzheimer. Cependant, il manque des preuves étayant cette association chez l’homme. Pour considérer l'activité physique comme une intervention préventive cliniquement pertinente, il est essentiel de comprendre son association avec le déclin cognitif et fonctionnel chez les personnes âgées qui en sont au stade le plus précoce de la maladie d'Alzheimer, où les changements dans les biomarqueurs de la maladie commencent bien avant l'apparition de tout symptôme clinique.
L’exercice de stepping est une activité physique facile à réaliser qui a été associée à des risques plus faibles de déclin cognitif et de mortalité toutes causes confondues. Avec la popularité croissante des appareils portables numériques, le nombre de pas quotidiens est devenu une mesure de l’activité physique facilement accessible.
Dans la présente étude, les chercheurs ont vérifié si l'activité physique ralentissait le déclin cognitif et fonctionnel chez les personnes âgées cognitivement intactes, et si les effets de l'activité physique sur la cognition dépendaient des niveaux cérébraux des biomarqueurs de la maladie d'Alzheimer.
Suivi des étapes et des changements cérébraux
L’étude a porté sur un total de 296 personnes âgées saines sur le plan cognitif, qui ont été suivies pendant une durée médiane de 9 ans (avec un maximum de 14 ans). L'activité physique des participants a été mesurée au départ à l'aide d'un podomètre porté pendant sept jours consécutifs, et la cognition et la fonction ont été évaluées chaque année à l'aide de méthodes validées.
L'accumulation cérébrale de bêta-amyloïde et de tau, deux biomarqueurs importants de la maladie d'Alzheimer, a été mesurée par tomographie par émission de positons.
Comment l'activité affecte l'accumulation de tau
L'analyse de l'étude a révélé qu'une activité physique plus élevée est associée à un déclin cognitif et fonctionnel plus lent chez les participants présentant des taux de bêta-amyloïde élevés au départ (au moment de l'inscription). Cette association bénéfique n’a pas été observée chez les participants présentant des taux de bêta-amyloïde de base ou de suivi plus faibles.
Surtout, l’étude a révélé qu’une activité physique plus élevée est associée à une accumulation précoce plus lente de tau liée à l’amyloïde dans le cortex temporal inférieur (une région néocorticale précoce), qui est la couche externe du cortex cérébral du cerveau responsable des fonctions cognitives d’ordre supérieur. L’impact bénéfique observé de l’activité physique sur la cognition et la fonction était médié par une accumulation plus lente de tau liée à l’amyloïde dans le cortex temporal inférieur.
L’analyse dose-réponse a indiqué que chez les participants présentant un taux de bêta-amyloïde élevé au départ, des niveaux d’activité physique encore plus faibles (3 001 à 5 000 pas par jour) sont associés à des taux d’accumulation de tau et à un déclin cognitif et fonctionnel significativement plus lents.
Chez les participants ayant des niveaux d'activité physique modérés (5 001 à 7 500 pas par jour), une atténuation supplémentaire de l'accumulation de tau et un déclin cognitif et fonctionnel ont été observés à des taux similaires à ceux des participants actifs (plus de 7 501 pas par jour), ce qui suggère un plateau des effets.
Un pas vers la prévention
L'étude met en valeur l'importance de l'activité physique comme intervention préventive potentielle pour retarder le déclin cognitif et fonctionnel chez les personnes âgées présentant un risque élevé de développer la maladie d'Alzheimer.
Les chercheurs suggèrent que les futurs essais de prévention devraient étudier l'activité physique, seule ou en association avec un traitement anti-bêta-amyloïde, comme intervention visant à ralentir l'apparition et la progression de la maladie d'Alzheimer.
Notamment, les résultats indiquent que l’association observée entre une activité physique plus élevée et un déclin cognitif et fonctionnel plus lent n’est pas motivée par des différences dans les taux d’accumulation de bêta-amyloïde.
Au lieu de cela, l’étude trouve une nouvelle association entre une activité physique plus élevée et la charge longitudinale de tau, ce qui indique que les avantages observés de l’activité physique sont dus à une accumulation réduite de tau corticale temporale inférieure.
Selon les résultats, une accumulation réduite de tau atténue pleinement les effets du déclin cognitif, mais seulement partiellement l’impact du déclin fonctionnel. Cette observation suggère que des mécanismes non liés à la protéine Tau assurent une part substantielle des bénéfices fonctionnels associés à l'activité physique. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour acquérir une compréhension plus concluante de ces détails mécanistes.
Une autre conclusion notable de l’étude est que les personnes âgées ayant des niveaux d’activité modérés peuvent bénéficier des mêmes avantages cognitifs et fonctionnels que leurs pairs plus actifs. De plus, il a été observé que même un faible niveau d’activité physique est associé à un déclin cognitif et fonctionnel de 34 à 40 % plus lent sur neuf ans. Ces résultats offrent aux personnes sédentaires âgées un objectif plus accessible pour maintenir leur santé neurocognitive.
Concernant les mécanismes possibles, les chercheurs suggèrent que les améliorations de la condition cardiorespiratoire et du flux sanguin cérébral induites par l’activité physique, ainsi qu’une réduction de l’inflammation, pourraient potentiellement contribuer aux bénéfices cognitifs et fonctionnels observés.
En raison de la conception observationnelle, l’étude n’a pas pu déterminer la causalité des associations observées, ce qui souligne la nécessité de futurs essais cliniques randomisés. De plus, l’activité physique mesurée par un podomètre utilisée dans l’étude n’inclut pas les activités physiques non liées au pas, telles que la natation et l’entraînement en résistance. De futures études portant sur des données longitudinales sur l’activité physique quotidienne sont nécessaires pour des interprétations plus concluantes.
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