Une grande étude allemande révèle que l'utilisation précoce d'antibiotiques répétées chez les nourrissons très faibles de poids peut avoir des effets durables sur la santé pulmonaire, mettant en évidence l'importance de l'intendance antibiotique et des soins préventifs pour les enfants prématurés.
Étude: Exposition périnatale aux antibiotiques et résultats respiratoires chez les enfants nés prématurés. Crédit d'image: mi_viri / shutterstock
Dans une étude récente publiée dans Jama Network Openles chercheurs ont évalué si l'exposition répétée aux antibiotiques périnatales dans les nouveau-nés prématurés à très faible poids à la naissance (VLBW) nés par césarienne est associé à une maladie obstructive des voies respiratoires.
Les modèles animaux ont révélé que l'exposition aux antibiotiques contribue à la maladie obstructive des voies respiratoires, et des études observationnelles humaines ont trouvé des associations entre l'asthme infantile et l'exposition prénatale aux antibiotiques. Les nouveau-nés et les nourrissons prématurés présentent un risque plus élevé de maladie pulmonaire chronique que ceux nés à terme, pour diverses raisons, notamment l'anatomie pulmonaire prématurée, les déficits nutritionnels et l'exposition à l'oxygène et à la ventilation invasive.
Néanmoins, les résultats pulmonaires des nouveau-nés prématurés varient considérablement divers facteurs de modification, tels que la génétique, l'âge gestationnel (GA) et un risque plus élevé d'infections pulmonaires récurrentes. Bien que l'antibiothérapie soit associée au développement de l'asthme dans l'enfance ultérieure, aucune étude n'a encore évalué les liens entre la maladie obstructive des voies respiratoires et l'exposition précoce aux antibiotiques chez les prématurés nés par accouchement par césarienne, qui sont confrontés à des risques distincts de perturbation des microbiomes dus à une naissance chirurgicale et à des protocoles d'antibiotiques.
À propos de l'étude
Dans la présente étude, les chercheurs ont examiné les associations entre plusieurs expositions aux antibiotiques chez les nouveau-nés prématurés VLBW nés par césarienne et une maladie obstructive des voies respiratoires à l'âge scolaire précoce. Le réseau néonatal allemand (GNN) a mené cette étude de cohorte multicentrique basée sur la population, qui a recruté 22 557 nourrissons prématurés, se rétrécissant à 16 232 éligibles au suivi après des exclusions. De ce groupe, 3 820 nouveau-nés VLBW (nés entre 22 et 36 semaines de gestation avec un poids à la naissance de moins de 1 500 g) ont subi des évaluations de suivi à l'âge de cinq à sept ans.
L'analyse s'est concentrée exclusivement sur les nourrissons livrés par césarienne pour isoler les effets de l'exposition aux antibiotiques périnatal, car les naissances vaginales ont été exclues. Les parents ont rempli des questionnaires sur la santé respiratoire de leurs enfants et les tests de spirométrie ont mesuré la fonction pulmonaire.
Le critère d'évaluation principal était le volume expiratoire forcé en une seconde (FEV₁) Z-score. Les enfants ont été stratifiés en trois groupes de score de risque antibiotique (ARS): ARS I (exposition unique: prophylaxie antimicrobienne chirurgicale maternelle (SAP)), ARS II (SAP + antibiotiques postnatals) et ARS III (antibiotiques antenataux + SAP + antibiotique postnatale).
Résultats
Des niveaux d'ARS plus élevés étaient associés à des scores Fev₁ Z plus faibles (β = −0,27 par niveau d'exposition; IC à 95%, −0,40 à −0,13). Par rapport à ARS I, ARS II et III ont montré une aggravation de la fonction pulmonaire: ARS II était lié à une réduction de -0,31 des scores Fev₁ Z (IC à 95%, −0,59 à −0,02), tandis que ARS III a montré une réduction de −0,27 (95% IC.
Les résultats secondaires comprenaient un risque de 91% plus élevé d'épisodes d'asthme dans ARS III contre ARS II (rapport de cotes = 1,91; IC à 95%, 1,32–2,76) et réduction de la capacité vitale forcée (FVC).
L'étude a noté des limites, notamment le biais de sélection potentiel due à un taux de suivi de 23,5%, l'exclusion des nourrissons incapables d'effectuer une spirométrie (par exemple, celles avec une paralysie cérébrale sévère) et un manque de données sur les types ou les durées d'antibiotiques. Les chercheurs ont souligné que si les associations étaient claires, la causalité n'a pas pu être prouvée en raison de la conception d'observation.
Bien que l'étude discute du rôle potentiel de l'allaitement maternel et d'un microbiome sain dans les résultats respiratoires et mentionne l'exposition aux probiotiques en tant que confusion ajusté, il ne recommande pas explicitement les probiotiques comme stratégie d'atténuation pour les risques associés aux antibiotiques. Les principales recommandations de la conclusion se concentrent sur la gestion des antibiotiques et les faisceaux de prévention structurés pour soutenir la santé respiratoire.
Conclusions
En résumé, les expositions antibiotiques répétées chez les nourrissons VLBW d'origine césarienne étaient associées à la respiration sifflante et à une fonction pulmonaire altérée à l'âge scolaire précoce. Bien que la causalité reste non prouvée, les résultats soulignent la nécessité de programmes d'intendance antibiotique pour minimiser les expositions néonatales inutiles et une surveillance respiratoire ciblée pour les nourrissons à haut risque. L'étude suggère que de nouvelles stratégies de recherche et de prévention, y compris le soutien de l'allaitement maternel, sont justifiées.
















