Les scientifiques ont récemment évalué l’immunogénicité d’une troisième dose de rappel de vaccins contre la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) contre les variantes du coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère (SARS-CoV-2). Les résultats indiquent qu’une immunisation de rappel avec des vaccins à ARNm COVID-19 induit des réponses anticorps robustes contre la variante omicron chez les individus amorcés avec deux doses d’ARNm ou de vaccins à virus inactivé. L’étude est actuellement disponible sur Prépublications avec The Lancet*.
Étude : La vaccination de rappel d’ARNm homologue ou hétérologue induit des réponses d’anticorps neutralisants robustes contre la variante d’Omicron du SRAS-CoV2 chez les personnes recevant de l’ARNm ou une vaccination d’amorçage par virus inactivé. Crédit d’image : Steve Heap/Shutterstock
Sommaire
Fond
Avec la progression de la pandémie de COVID-19, de nombreux vaccins ont été fabriqués en un temps et une vitesse record pour atténuer la transmission du SRAS-CoV-2. Ces vaccins ont montré une grande efficacité dans la prévention des infections et des maladies graves dans les essais cliniques et les études en conditions réelles. Cependant, avec l’émergence de nouvelles variantes virales, une réduction de l’efficacité des vaccins a été observée dans le monde entier. De nombreux pays ont commencé à immuniser la population à risque avec une troisième dose de vaccin de rappel pour améliorer l’efficacité des vaccins, en particulier contre les variants hautement immunitaires, notamment les bêta, delta et omicron.
À Singapour, trois vaccins ont été répertoriés dans le National Vaccine Program, dont les vaccins à ARNm BNT162b2 (Pfizer-BioNTech) et ARNm-1273 (Moderna) et le vaccin à virus inactivé CoronaVac (Sinovac). En ce qui concerne la vaccination de rappel, le pays a adopté des stratégies à la fois homologues (mêmes vaccins pour la primo-rappel) et hétérologues (différents vaccins pour la primo-rappel) pour immuniser les populations à risque.
Dans la présente étude, les scientifiques ont évalué l’efficacité neutralisante de la vaccination de rappel COVID-19 contre le SRAS-CoV-2 de type sauvage et les variantes delta et omicron.
Étudier le design
L’étude a été menée sur quatre groupes d’individus différents. Dans deux groupes homologues, les participants ont été amorcés avec deux doses de vaccin COVID-19 à base d’ARNm ou de virus inactivé, suivies d’une vaccination de rappel d’ARNm ou d’une vaccination de rappel de virus inactivé, respectivement. Dans deux groupes hétérologues, les participants ont été amorcés avec deux doses de vaccin COVID-19 à base d’ARNm ou de virus inactivé, suivies d’une vaccination de rappel par virus inactivé ou d’une vaccination de rappel par ARNm, respectivement. Chaque participant a reçu deux vaccinations primaires à un intervalle de 21 jours.
Les taux plasmatiques d’anticorps de liaison et de neutralisation spécifiques au domaine de liaison au récepteur de pointe omicron (RBD) ont été mesurés et comparés aux anticorps spécifiques de type sauvage RBD et delta RBD. De plus, les fréquences des lymphocytes B spécifiques à omicron RBD ont été évaluées dans les échantillons de sang périphérique.
Observations importantes
L’analyse des anticorps plasmatiques a révélé que les participants qui ont reçu trois doses de vaccin à ARNm ont des niveaux significativement plus élevés d’anticorps anti-omicron RBD spécifiques aux IgG par rapport aux participants qui ont reçu trois doses de vaccin à virus inactivé. En ce qui concerne les anticorps anti-omicron RBD spécifiques aux IgG1, des niveaux 15 fois plus élevés ont été observés chez les participants avec une vaccination de rappel par ARNm que ceux avec une vaccination de rappel par virus inactivé. Les anticorps IgG1 représentent environ 60 à 70 % de tous les anticorps IgG dans le plasma humain et jouent un rôle vital dans la prévention des infections virales et bactériennes.
En ce qui concerne les anticorps neutralisants, la vaccination de rappel par ARNm a provoqué l’induction la plus élevée des titres neutralisants contre le virus de type sauvage et la variante delta chez les participants qui ont été amorcés avec l’ARNm ou la vaccination par le virus inactivé.
En ce qui concerne la variante omicron, de faibles titres neutralisants ont été détectés chez les participants qui n’ont reçu que deux doses d’ARNm ou de vaccin à virus inactivé. L’induction la plus élevée des titres neutralisants contre le variant omicron a été observée chez les participants ayant reçu la vaccination de rappel par ARNm, quel que soit le type de primo-vaccination. En revanche, aucune induction significative des titres neutralisants anti-omicron n’a été observée après la vaccination de rappel par le virus inactivé.
En ce qui concerne les cellules B spécifiques d’omicron RBD, les fréquences les plus élevées ont été observées chez les participants ayant reçu la vaccination de rappel par ARNm, quel que soit le type de primo-vaccination. En revanche, des fréquences significativement plus faibles de cellules B se liant à omicron RBD ont été observées chez les participants qui ont reçu une vaccination de rappel contre le virus inactivé. Ces résultats suggèrent que la vaccination de rappel d’ARNm peut augmenter de manière significative les niveaux de cellules B protectrices contre la variante omicron.
Importance de l’étude
L’étude met en évidence l’importance de l’immunisation de rappel avec des vaccins COVID-19 à base d’ARNm pour réduire le risque de percées d’infections par des variants viraux hautement immunocompétents comme omicron. Comme suggéré par les scientifiques, les pays qui utilisent principalement des vaccins à virus inactivé pourraient envisager d’autres types de vaccins COVID-19 (vaccins à base de sous-unités protéiques ou à base de vecteurs adénoviraux) pour améliorer l’efficacité neutralisante contre la variante omicron actuellement en vigueur.
*Avis important
Preprints with The Lancet publie des rapports scientifiques préliminaires qui ne sont pas évalués par des pairs et, par conséquent, ne doivent pas être considérés comme concluants, guider la pratique clinique/les comportements liés à la santé, ou traités comme des informations établies.

















