Les gènes, les fragments d'ADN situés sur nos chromosomes, contrôlent une grande partie de ce qui se passe dans les cellules. Chaque cellule active uniquement les gènes dont il a besoin, faisant taire le reste à travers des « commutateurs » moléculaires présents sur chaque gène. Cependant, ces commutateurs peuvent parfois être activés à tort, ce qui a conduit la cellule à se comporter de manière anormale et potentiellement entraînée par des maladies telles que le cancer ou les troubles auto-immunes.
L'activité de ces « commutateurs » est régulée par leur statut de méthylation, des marques chimiques qui peuvent être ajoutées ou retirées de l'ADN. Grâce à de nouveaux outils basés sur la technologie CRISPR-CAS9, l'équipe dirigée par le Dr José Luis Sardina, chef de groupe de l'Institut Josep Carreras, a réussi à contrôler le « commutateur » du gène IL1RN dans les cellules dérivées de la leucémie humaine, en l'allumant ou en ajoutant ou en supprimant ou en supprimant ces barres chimiques.
Les résultats de l'étude, dirigés par le Dr Gemma Valcárcel et menés en collaboration avec l'équipe du Dr Esteban Ballestar, viennent d'être publiés dans le prestigieux journal Avancées scientifiques. La recherche montre à quel point le contrôle précis de l'activité du gène IL1RN affecte la production de cellules inflammatoires qui réagissent anormalement aux stimuli externes. Cette réponse altérée fait que les cellules produisent des cytokines inflammatoires modifiées, montrant une capacité distincte pour moduler la croissance tumorale dans les modèles de laboratoire.
Cette preuve de concept démontre qu'il est possible de réguler l'activité des gènes clés du système immunitaire tels que l'IL1RN par la méthylation de l'ADN, modulant ainsi des fonctions comme l'inflammation ou la progression tumorale. Bien que les chercheurs soupçonnaient déjà que de telles modifications chimiques pourraient influencer le comportement du système immunitaire, cette étude fournit les premières preuves expérimentales confirmant que la connexion et la révélation de ses conséquences fonctionnelles.
Avec ces connaissances et la capacité technologique d'activer ou de désactiver les gènes individuels avec précision, la porte est ouverte au développement de nouvelles stratégies visant à intervenir dans les processus biologiques les plus fondamentaux de cellules immunitaires et, potentiellement, de nouvelles thérapies pour certains sous-types de leucémie et d'autres maladies avec une composante inflammatoire.
Ce travail a été financé par le gouvernement d'Espagne, le gouvernement de Catalogne, le Carlos III Health Institute et la recherche mondiale sur le cancer.
















