- L’intérêt pour les médicaments GLP-1 destinés à la perte de poids a fortement augmenté ces dernières années.
- Ces traitements sont généralement administrés via des stylos injecteurs préremplis conçus pour quatre semaines d’utilisation.
- De nombreux utilisateurs remarquent qu’il reste du produit après les quatre doses prévues, appelé « golden dose » ou « dose dorée ».
- Les experts mettent toutefois en garde contre son utilisation, jugée risquée.
Depuis plusieurs années, les médicaments de la classe des GLP-1 (agonistes du peptide-1 de type glucagon) connaissent un essor considérable. Initialement développés pour traiter le diabète de type 2, ils sont désormais largement utilisés pour favoriser la perte de poids.
Certains traitements, comme Ozempic ou Mounjaro, sont prescrits en priorité aux personnes diabétiques, mais peuvent aussi être utilisés hors indication dans un objectif de perte de poids. D’autres, comme Wegovy ou Zepbound, sont spécifiquement conçus pour cet usage.
En 2024, environ 12 % des adultes américains auraient déjà utilisé un médicament GLP-1. Entre 2019 et 2024, leur prescription dans le cadre de l’obésité a connu une progression spectaculaire, passant de 0,30 % à 2,05 %, soit une hausse de près de 587 %.
Ces traitements sont le plus souvent administrés à l’aide de stylos injecteurs préremplis, conçus pour délivrer une dose hebdomadaire pendant quatre semaines.
Comme l’expliquent les spécialistes, chaque stylo est calibré pour administrer une quantité précise de médicament à chaque utilisation, garantissant ainsi un dosage régulier et contrôlé.
Cependant, de nombreux utilisateurs ont remarqué qu’après les quatre injections prévues, il reste encore du liquide dans le stylo. Cette quantité résiduelle est communément appelée la « dose dorée ».
Mais cette dose supplémentaire est-elle réellement utilisable ? Pourquoi reste-t-il du produit ? Et que faut-il en faire ?
Sommaire
Qu’est-ce que la « dose dorée » ?
La « dose dorée » correspond à la petite quantité de médicament qui demeure dans le stylo après l’administration des quatre doses prévues.
Par exemple, un stylo de Mounjaro contient environ 2,4 ml de solution, avec un léger surplus intégré. Chaque injection utilise environ 0,6 ml, soit quatre doses précises. Le liquide restant correspond donc à un excédent volontaire.
Ce surplus n’est pas destiné à être utilisé comme une dose supplémentaire. Il s’agit d’une marge technique intégrée lors de la fabrication pour garantir que chaque injection délivre correctement la dose prévue, même en cas de légères variations.
Autrement dit, ce liquide résiduel est une sécurité de fonctionnement, et non une cinquième dose exploitable.
Quels sont les risques à utiliser cette dose ?
Les experts sont formels : utiliser cette quantité restante est déconseillé et peut présenter des risques importants.
Le premier problème concerne le dosage. Le volume restant n’est pas mesuré avec précision et ne correspond pas à une dose standard. Cela peut entraîner :
- un sous-dosage, réduisant l’efficacité du traitement
- un surdosage, augmentant le risque d’effets secondaires
Ces effets secondaires peuvent inclure des nausées, des vomissements, des diarrhées ou encore de la constipation.
Un autre risque concerne l’hygiène. Les stylos injecteurs sont conçus pour rester stériles pendant une durée limitée, généralement quatre semaines. Au-delà, leur utilisation peut favoriser la contamination bactérienne.
« Si vous utilisez le stylo au-delà de la période recommandée, vous augmentez le risque d’introduire des bactéries dans votre organisme. »
Cela peut entraîner des complications telles que des infections, des abcès, voire des cas plus graves si ces infections ne sont pas traitées.
Par ailleurs, manipuler le dispositif en dehors de son usage prévu (par exemple pour récupérer le liquide restant) expose à des risques supplémentaires et n’est pas couvert par les recommandations médicales ni les études cliniques.
Pour ces raisons, les professionnels de santé déconseillent clairement l’utilisation de cette « dose dorée ».
Pourquoi reste-t-il du liquide dans le stylo ?
La présence de liquide après les quatre injections est totalement normale et intentionnelle.
Ce surplus permet notamment :
- l’amorçage du stylo avant chaque injection
- une délivrance précise et fiable des doses
Les fabricants indiquent clairement que ce liquide ne doit pas être utilisé. Le stylo doit être jeté après quatre doses ou 30 jours après la première utilisation, même s’il reste du produit.
Comment se débarrasser du stylo en toute sécurité ?
Une fois les quatre injections effectuées, le stylo doit être éliminé correctement.
L’aiguille doit être retirée et jetée dans un conteneur spécifique pour objets tranchants. Elle ne doit jamais être mise dans les ordures ménagères classiques.
Le stylo lui-même, même s’il contient encore du liquide, doit également être jeté conformément aux recommandations locales, généralement dans un dispositif adapté.
Le médicament restant ne pose pas de danger tant qu’il n’est pas utilisé. Le risque vient uniquement de son utilisation en dehors des conditions prévues.
Prendre plus de médicament améliore-t-il la perte de poids ?
Certains utilisateurs peuvent être tentés d’augmenter leur dose en pensant accélérer la perte de poids. Cette idée est incorrecte.
Ces traitements suivent une progression précise : la dose est augmentée progressivement afin de permettre à l’organisme de s’adapter et de limiter les effets secondaires.
Augmenter la dose trop rapidement peut entraîner une mauvaise tolérance et des effets secondaires plus importants, sans améliorer les résultats.
Il n’existe pas de « dose secrète ».
Le liquide restant dans le stylo ne constitue pas une dose supplémentaire fiable et son utilisation peut entraîner des erreurs de dosage, des risques d’infection et des effets indésirables.
Toute modification du traitement doit impérativement être discutée avec un professionnel de santé.
Enfin, il est essentiel de suivre strictement les instructions d’utilisation et de travailler en collaboration avec une équipe médicale afin de garantir un usage sûr et efficace de ces traitements.
























