Dans une étude récente publiée dans le Journal de psychopharmacologieles chercheurs ont examiné l’impact de l’alcoolisme réel sur les jugements d’attractivité et de symétrie du visage à travers un seul ensemble de stimuli faciaux.
Sommaire
Arrière-plan
Le phénomène des lunettes de bière fait référence à une attirance sexuelle envers les personnes intoxiquées par l’alcool, basée sur des perceptions améliorées par l’alcool de la beauté physique, en particulier des visages humains. L’alcool peut perturber la capacité à détecter de subtiles asymétries bilatérales du visage, conduisant à des jugements plus indulgents sur la beauté physique et à des conséquences potentiellement néfastes, telles qu’une grossesse non désirée, des infections sexuellement transmissibles et une rupture conjugale.
À propos de l’étude
Dans la présente étude, les chercheurs ont évalué les effets de l’alcool sur la perception de l’attractivité faciale des clients des bars.
Les chercheurs ont utilisé deux types de tests d’appréciation des visages et d’évaluation de la symétrie : un avec des visages uniques et un avec des paires de visages. Les chercheurs ont utilisé cette technique élargie pour évaluer les évaluations de la symétrie faciale et de l’attractivité entre deux tâches de traitement facial couramment utilisées, offrant ainsi une échelle plus précise pour les évaluations d’un seul visage qu’une approche d’options purement binaires.
Les prédictions de l’étude étaient simples : les consommateurs de pub ayant un taux d’alcoolémie inférieur apprécient les formes de visage symétriques de manière plus robuste et identifient l’asymétrie du contour du visage de manière plus fiable que leurs pairs ayant un taux d’alcoolémie plus élevé. La conception comprenait également des évaluations de l’âge, du sexe et du genre des participants. La population échantillonnée comprenait 99 personnes âgées de 18 à 62 ans ayant une vision normale.
Pour étudier l’impact des préjugés raciaux sur l’évaluation du visage, les participants ont estimé l’étendue de leurs interactions avec des individus de plusieurs ethnies à l’aide d’une échelle de sept points. L’étude a utilisé une conception 2,0 (sexe du visage) × 2 (sexe du participant) × 2,0 (type de visage) avec le sexe et le type du visage comme variables intra-individuelles et l’âge individuel et les taux d’alcoolémie comme covariables de l’étude.
Quatre facteurs dépendants ont été utilisés : des évaluations de l’attractivité et de la symétrie du visage sur une échelle de 5,0 points, un point indiquant le niveau le plus faible et cinq points indiquant le niveau maximum d’attractivité et de symétrie du visage, et deux facteurs binaires pour la symétrie et l’attractivité du visage. L’équipe a dérivé les taux d’alcoolémie à l’aide d’un alcootest et de stimuli à partir de photos portraits haute définition de 18 adultes âgés de 20 à 25 ans issus de diverses origines ethniques. Les participants ont vu 18 visages uniques et présentés deux fois : une fois sous leur forme naturelle et une fois sous une forme asymétrique améliorée.
Résultats
L’étude a porté sur des personnes hétérosexuelles (87 %), bisexuelles (9,0 %) et pansexuelles (1 %) vivant au Royaume-Uni. La plupart des participants étaient de race blanche et cinq seulement vivaient dans un autre pays depuis plus de six mois. Ils ont signalé le niveau de contact le plus élevé avec des individus blancs (européens) et un niveau de contact modéré avec des individus d’origines mixtes, noires, asiatiques ou autres.
Les valeurs d’alcoolémie variaient de 0,0 % à 0,4 % (médiane : 0,1 %). L’analyse a révélé un effet statistiquement significatif du type de visage, le type naturel étant jugé plus attrayant que les types asymétriques créés artificiellement. De plus, il y avait une interaction significative entre le type de visage et le sexe des participants, comme l’indiquent les individus féminins et masculins attribuant des notes plus élevées aux visages naturels qu’aux visages asymétriques.
Les participants plus âgés ont donné des notes plus faibles pour les visages naturels que pour les visages asymétriques. Le pourcentage de sélections faciales symétriques différait significativement entre les visages féminins et masculins, confirmant une préférence pour les formes de visage symétriques plutôt que naturelles et indiquant que les participants à l’étude étaient excellents dans la détection de la symétrie faciale.
L’analyse a montré un effet statistiquement significatif de la concentration d’alcool dans l’haleine sur le pourcentage moyen de verdicts concernant des visages symétriques, avec des taux d’alcoolémie plus élevés liés à une capacité affaiblie à distinguer les visages symétriques des visages naturels. Les évaluations de symétrie pour les formes de visage naturelles étaient négatives, bien que associées de manière non significative à la concentration moyenne d’alcool dans l’haleine, tandis que celles pour les versions de visage asymétriques montraient des corrélations positives mais significatives avec l’alcoolémie moyenne.
L’alcool n’a pas influencé les jugements d’attractivité, mais des taux d’alcoolémie plus élevés étaient associés à des notes de symétrie plus élevées. De plus, les individus fortement intoxiqués étaient moins capables de distinguer les versions naturelles des visages parfaitement symétrisés que les buveurs plus sobres. Les chercheurs ont obtenu des résultats similaires en excluant les participants non hétérosexuels.
Conclusions
Dans l’ensemble, les résultats de l’étude ont montré que même si l’alcool réduisait la détection de l’asymétrie faciale, cette distorsion perceptuelle ne contribuait pas au phénomène des lunettes de bière. Les visages asymétriques ont été jugés moins attrayants et symétriques que leurs homologues naturels. Des degrés d’ivresse plus élevés étaient liés à des jugements plus élevés de symétrie pour les visages asymétriques et à une plus faible capacité à distinguer les formes de visage symétriques des formes naturelles.
Contrairement aux découvertes antérieures, l’alcool n’a pas affecté les évaluations de beauté d’un seul visage ou la mesure dans laquelle les individus choisissent des formes de visage symétriques plutôt que naturelles lorsqu’ils sont vus côte à côte. Des recherches plus approfondies sont nécessaires pour comprendre les réactions plus rapides des femmes après une ingestion d’alcool.
