Dans une étude récente publiée dans le Économie du travail Journal, des chercheurs ont étudié les effets du mandat de congé de maternité payé de 14 semaines en Suisse.
Étude: Les mères au travail : comment l’obligation d’un court congé de maternité affecte le travail et la fécondité. Crédit image : Makistock/Shutterstock.com
Sommaire
Arrière-plan
Le taux de femmes rejoignant la population active a considérablement augmenté au cours des dernières décennies dans les pays à revenu élevé, parallèlement à l’adoption de politiques favorables à la famille, y compris le congé de maternité payé.
Il y a un manque de compréhension de la valeur du congé de maternité payé immédiatement après l’accouchement. Un congé plus court peut ne pas aider à répondre aux besoins des parents qui travaillent. Alors qu’un congé prolongé pourrait être précieux, en particulier lorsque la recherche d’une prise en charge alternative devient difficile.
À propos de l’étude
Dans la présente étude, les chercheurs ont évalué l’impact du premier congé de maternité payé fédéral sur les résultats des femmes sur le marché du travail et sur la fécondité ultérieure en Suisse.
Ils ont compilé un ensemble de données reliant le registre de la sécurité sociale, le recensement et le registre des statistiques de l’état civil. L’équipe a créé deux échantillons de femmes qui ont donné leur premier enfant avant ou après l’introduction du mandat de congé de maternité payé le 1er juillet 2005.
La cohorte pré-réforme comprenait les femmes qui avaient donné naissance à leur premier enfant entre janvier et mars 2005, tandis que la cohorte post-réforme comprenait les mères d’enfants nés entre juillet et septembre 2005.
Les femmes de nationalité suisse âgées de 15 à 45 ans au moment de la naissance et non domiciliées dans le canton de Genève ont été incluses.
Les chercheurs ont appliqué une approche de différence dans les différences pour estimer l’effet causal du mandat de congé de maternité sur les résultats du marché du travail et la fécondité ultérieure des mères pour la première fois.
Les premières mères des mêmes périodes de trois mois (janvier à mars et juillet à septembre) de l’année précédente (2004) ont servi de témoins.
Résultats
Les cohortes pré- et post-réforme comprenaient respectivement 5 119 et 5 412 sujets. Les deux cohortes avaient des taux de participation à la population active, des taux d’emploi, des revenus mensuels et une expérience de travail cumulative similaires un an avant la naissance.
Le mandat fédéral n’a eu aucun effet significatif sur l’emploi avant ou après la première naissance.
Les estimations du chômage et de la participation à la population active étaient quantitativement encore plus faibles. Le revenu réel des personnes couvertes par le mandat augmentait avant et après la naissance.
Le revenu réel mensuel a augmenté de plus de 4 % dans les mois précédant la naissance, ce qui pourrait être interprété comme des effets anticipatifs de la réforme. Des effets positifs modérés sur la continuité de l’emploi étaient évidents.
Les femmes couvertes par la réforme étaient plus susceptibles de continuer à travailler pour l’employeur avant l’accouchement pendant la grossesse et à moyen terme après leur premier accouchement. Le mandat fédéral a augmenté la fécondité ultérieure dans une large mesure. Les femmes post-réforme étaient deux points de pourcentage plus susceptibles d’avoir un deuxième enfant deux ans après le premier.
Les auteurs ont noté que les femmes couvertes par le mandat accumulaient des revenus significativement plus élevés pendant la grossesse, après la fin du congé de maternité et à moyen terme après la première naissance.
Les femmes des cantons à forte offre de garde d’enfants ont réagi plus fortement au mandat que celles vivant dans les cantons à faible offre. L’impact financier cumulé du mandat était similaire six mois après la naissance entre les cantons à faible et à forte disponibilité de garde d’enfants.
Le mandat n’affectait pas directement les femmes travaillant dans des entreprises qui offraient déjà un congé de maternité rémunéré similaire, mais réduisait considérablement les coûts pour les employeurs liés à l’octroi de ce congé.
Dans la cohorte d’avant la réforme, 70 % des femmes étaient employées dans des entreprises offrant un congé de maternité rémunéré similaire et avaient des revenus positifs considérables au cours des trois premiers mois suivant l’accouchement.
Pour les entreprises qui offraient le congé avant la réforme, le mandat leur permettait de réduire les coûts et éventuellement de répercuter des fonds supplémentaires sur leurs travailleuses.
Les femmes travaillant dans des entreprises sans congés payés préalables ont été différemment affectées par la réforme. Ils n’ont montré aucun effet significatif sur la fécondité ultérieure, mais le mandat a augmenté leurs revenus à court et à long terme.
conclusion
Dans l’ensemble, le mandat de congé de maternité payé a eu des effets temporaires mineurs sur l’emploi et les revenus des femmes après leur premier accouchement.
Seuls ceux qui travaillaient dans des entreprises sans congés payés antérieurs ont affiché des changements de revenus qui ont duré à long terme; leur revenu mensuel a augmenté jusqu’à 280 francs suisses après la naissance.
Le mandat a eu un impact significatif sur la fécondité ultérieure; les femmes couvertes par la réforme étaient trois points de pourcentage plus susceptibles d’avoir un deuxième enfant 30 mois après leur premier.
















