Une étude britannique, la première du genre, révèle que même si les enseignants se sentent plus confiants dans la lutte contre le vapotage en classe, la confusion généralisée quant à la nocivité réelle du vapotage montre que les écoles ont encore besoin de messages plus clairs et fondés sur des preuves pour les élèves.
Étude : Expériences des enseignants en matière de fourniture de matériel de prévention du vapotage chez les jeunes dans les écoles d'Angleterre et d'Écosse : une enquête transversale en ligne. Crédit image : Gera Photo/Shutterstock.com
Des chercheurs du King's College de Londres et leurs collaborateurs ont récemment exploré les expériences d'enseignants qui fournissent du matériel de prévention du tabagisme et du vapotage aux élèves du secondaire en Grande-Bretagne (GB).
L'étude, publiée dans PLOS UNsuggère l'efficacité potentielle des programmes de prévention du tabagisme pour améliorer les connaissances des enseignants sur le vapotage et le tabagisme et pour modifier les perceptions des méfaits du vapotage parmi les élèves.
Sommaire
Inquiétudes croissantes concernant le vapotage chez les jeunes
L’usage des cigarettes électroniques, communément appelées vapotage, a augmenté chez les adolescents et les jeunes adultes en Grande-Bretagne au cours de la dernière décennie. Bien que le vapotage soit généralement perçu comme moins nocif que le tabagisme, des études de biomarqueurs et d’observation indiquent que le vapotage expose les jeunes à la nicotine et à d’autres substances toxiques potentiellement nocives, et que le vapotage à long terme peut avoir des effets néfastes sur la santé. L’exposition régulière à la nicotine via le vapotage peut également induire des comportements addictifs chez les jeunes.
En Grande-Bretagne, plusieurs campagnes de prévention du vapotage chez les jeunes ont été lancées pour accroître la sensibilisation aux problèmes de santé potentiels et empêcher les jeunes d'utiliser des cigarettes électroniques (e-cigarettes).
La majorité de ces campagnes se concentrent sur les risques potentiels du vapotage pour la santé, ce qui peut contribuer à réduire le vapotage chez les jeunes, mais peuvent en même temps accroître les perceptions erronées selon lesquelles le vapotage est tout aussi nocif, voire plus, que le tabagisme. De telles perceptions erronées peuvent, à leur tour, accroître la probabilité de fumer, ce qui constitue un comportement plus nocif. Les campagnes de prévention du vapotage doivent donc être conçues avec soin pour éviter la propagation de perceptions erronées.
INTENT est un programme de prévention du tabagisme fondé sur des données probantes en Grande-Bretagne et destiné aux élèves du secondaire. Le programme est basé sur des intentions de mise en œuvre, qui sont des plans « si-alors » qui précisent comment, où et quand adopter un comportement. Ce type de plan sert d’approche d’autorégulation pour augmenter la probabilité d’atteindre des comportements axés sur un objectif. Les preuves existantes suggèrent que l’INTENT affaiblissait auparavant l’association entre le vapotage et le tabagisme ultérieur chez les élèves.
Compte tenu des inquiétudes concernant le vapotage des jeunes parmi les autorités locales et les enseignants, ainsi que du manque de matériel pédagogique fondé sur des preuves sur le vapotage en Grande-Bretagne, INTENT a été élargi en 2022 pour inclure des informations sur les risques pour la santé liés au vapotage (matériel de prévention du vapotage pour les jeunes INTENT).
L'enquête actuelle, menée par des chercheurs du King's College de Londres, visait à explorer les expériences des enseignants qui fournissent le matériel de prévention du vapotage pour les jeunes INTENT aux élèves des écoles d'Angleterre et d'Écosse.
Le programme INTENTION
Le matériel de prévention du vapotage INTENT comprenait quatre plans de séance, couvrant l'impact sur la santé du vapotage et du tabagisme, les influences sociales sur le vapotage, les implications environnementales du vapotage et la dépendance.
Au total, 45 enseignants ont été interrogés en ligne en 2024. Ils ont été recrutés dans 10 écoles réparties dans quatre régions d'Angleterre et d'Écosse. L'échantillon n'était donc pas représentatif à l'échelle nationale. L'objectif principal de l'enquête était de recueillir des informations autodéclarées sur les expériences des enseignants en matière de fourniture du matériel INTENT dans les écoles, leurs perceptions de l'impact d'INTENT sur les élèves et leurs perceptions des niveaux de vapotage et de tabagisme dans les écoles.
L’impact des leçons INTENT
Plus de 50 % des enseignants ayant participé à l’enquête ont déclaré que leurs élèves possèdent ou utilisent des cigarettes électroniques au moins une fois par semaine. Environ 96 % des enseignants perçoivent le vapotage comme un problème dans leur école.
Environ 96 % des enseignants ont rapporté des expériences très ou plutôt positives concernant la fourniture du matériel INTENT. En ce qui concerne les raisons de la livraison, environ 89 % des personnes interrogées ont indiqué que ce matériel est important pour enseigner le vapotage aux élèves, 58 % ont exprimé des inquiétudes concernant le vapotage dans les écoles et 53 % ont précisé l'obligation d'enseigner le vapotage dans le cadre de la politique scolaire.
Concernant l’efficacité du matériel INTENT, la majorité des enseignants ont signalé un changement dans leur perception des méfaits du vapotage, même si les perceptions erronées selon lesquelles le vapotage est tout aussi nocif, voire plus, que le tabagisme sont restées élevées parmi eux.
Concernant l’impact du matériel INTENT sur les élèves, la plupart des enseignants ont indiqué que leurs élèves étaient intéressés par le matériel et que celui-ci les encourageait à faire des choix éclairés en matière de vapotage. Cependant, environ 36 % des enseignants ont perçu que ces matériels n'avaient aucun effet sur les habitudes de vapotage de leurs élèves, et 31 % ont déclaré qu'ils ne savaient pas s'il y avait eu un changement.
Implications pour les écoles britanniques
Cette enquête est la première du genre à évaluer les expériences des enseignants en matière de vapotage et la fourniture de matériels de prévention du vapotage aux élèves des écoles de Grande-Bretagne. La plupart des études sur ce sujet ont été menées aux États-Unis et au Canada.
Les résultats de l'enquête révèlent que le matériel de prévention du vapotage destiné aux jeunes d'INTENT a le potentiel de changer les perceptions des enseignants sur les méfaits du vapotage et d'encourager les élèves à faire des choix éclairés en matière de vapotage. Ces résultats mettent en évidence la faisabilité de la mise en œuvre d’INTENT ou de programmes similaires dans les écoles pour améliorer la santé des jeunes.
L’enquête révèle notamment que les perceptions erronées selon lesquelles le vapotage est tout aussi nocif, voire plus, que le tabagisme persistent parmi un groupe d’enseignants, même après avoir consulté le matériel INTENT. Dans ce contexte, les chercheurs ont noté que, puisqu’ils n’étaient pas en mesure de collecter des données avant de livrer le matériel, les analyses pré- et post-intervention n’avaient pas pu être réalisées. Il reste possible que les perceptions des méfaits étaient déjà plus élevées avant la présentation d'INTENT, d'autant plus que les perceptions erronées du vapotage sont omniprésentes parmi les enseignants et dans la population en général.
Des études pré- et post-intervention sont donc nécessaires pour évaluer l'efficacité du matériel INTENT pour améliorer les connaissances des enseignants et des étudiants sur les méfaits du vapotage et modifier les comportements de vapotage des étudiants.
Téléchargez votre copie PDF maintenant !


























