Dans une étude récente, des chercheurs français ont évalué l’association entre les morbidités maternelles et la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19). Dans cette analyse rétrospective, les chercheurs ont découvert que par rapport aux femmes enceintes sans COVID-19, il y avait une fréquence accrue de femmes enceintes présentant des morbidités maternelles et le diagnostic de COVID-19.
Cette PLOS Médecine est le premier rapport sur les issues obstétricales et les morbidités maternelles associées au COVID-19 chez les femmes enceintes.
Étude : Résultats obstétricaux et morbidités maternelles associées au COVID-19 chez les femmes enceintes en France : étude de cohorte rétrospective nationale. Crédit d’image : mikumistock/Shutterstock.com
Sommaire
introduction
Début 2020, l’impact de l’infection par le coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS-CoV-2), qui est le virus responsable du COVID-19, sur les femmes enceintes était inconnu. Alors que les symptômes courants de cette maladie comprenaient une pneumonie légère, le COVID-19 sévère était associé à une probabilité accrue d’hospitalisation, d’admission en unité de soins intensifs (USI) ou même de décès.
Des rapports antérieurs ont suggéré que l’infection par le SRAS-CoV-2 augmentait le risque de morbidité maternelle et néonatale. Ces études ont également montré un risque plus élevé d’hospitalisations et d’issues indésirables chez les femmes enceintes infectées par le SRAS-CoV-2.
Malgré ces observations, le risque de morbidité maternelle et d’issues obstétricales indésirables chez les femmes enceintes atteintes de COVID-19 doit être pleinement évalué. Y a-t-il une association entre les deux ?
Pour répondre à cette question, les chercheurs à l’origine de la présente étude visaient à déterminer si les morbidités maternelles et les résultats obstétricaux indésirables étaient plus fréquents chez les femmes enceintes atteintes de COVID-19 que chez les femmes enceintes sans COVID-19. Les résultats de cette étude contribueront aux politiques de traitement et à la gestion des grossesses pendant la pandémie de COVID-19.
Résultats de l’étude
Les chercheurs ont collecté les données de la base de données nationale des hospitalisations (PMSI), en prenant une cohorte nationale de toutes les femmes enceintes hospitalisées pour les naissances après 22 semaines de gestation en France de janvier à juin 2020. Ils ont analysé 244 645 naissances au cours de cette période, dont 874 femmes. ont reçu un diagnostic de COVID-19.
Les chercheurs ont signalé que les femmes enceintes atteintes de COVID-19 étaient identifiées à partir de la base de données si elles étaient enregistrées avec le code de la Classification internationale des maladies (CIM-10) pour la présence d’une hospitalisation pour COVID-19. Pour confirmer l’hospitalisation pour COVID-19 chez les femmes, les chercheurs ont inclus des symptômes de COVID-19 associés à des signes de COVID-19 sur des tomodensitométries thoraciques (CT), une réaction en chaîne par polymérase à transcriptase inverse (RT-PCR) positive et /ou test antigénique, et/ou test sérologique positif au COVID-19. Les patients symptomatiques et asymptomatiques ont été inclus dans cette étude.
Les chercheurs ont présenté toutes les caractéristiques des femmes avec et sans diagnostic de COVID-19, y compris les complications obstétricales selon la présence ou l’absence de diagnostic de COVID-19. Le modèle utilisé dans cette étude a été ajusté en fonction des caractéristiques des patientes, notamment l’âge maternel, l’indice de masse corporelle, le tabagisme actif, la parité, les antécédents de diabète ou d’hypertension, les grossesses multiples et la conception d’une technique de procréation assistée (ART).
Résultats de l’étude
Par rapport aux femmes enceintes sans COVID-19, celles avec COVID-19 étaient plus âgées, plus susceptibles d’être obèses, avaient eu des grossesses multiples et avaient des antécédents d’hypertension. Les chercheurs ont observé que la fréquence de conception des techniques de procréation assistée (ART) n’était pas différente entre celles avec et sans diagnostic de COVID-19.
Par rapport au groupe non-COVID, les femmes enceintes atteintes de COVID-19 avaient une probabilité accrue d’être admises à l’unité de soins intensifs (USI), mortalité, prééclampsie/éclampsie, hypertension gestationnelle, hémorragie post-partum, naissance prématurée à moins de 37 semaines , 32 semaines et 28 semaines de gestation, naissance prématurée induite, naissance prématurée spontanée, souffrance fœtale et césarienne.
Conformément aux études précédentes, la fréquence et la gravité des naissances prématurées, à la fois spontanées et médicalement induites, étaient plus susceptibles de se produire chez les femmes enceintes atteintes de COVID-19. Notamment, la détresse fœtale était également plus importante dans les cas de COVID-19.
D’autres complications telles que les interruptions de grossesse après 22 semaines de gestation, les mortinaissances, le diabète gestationnel, le placenta praevia, le décollement du placenta et les événements thromboemboliques veineux étaient similaires entre les groupes COVID-19 et non-COVID-19.
Conclusion
En comparant deux groupes de femmes enceintes avec ou sans COVID-19 pendant la première vague de la pandémie de COVID-19, la présente étude visait à déterminer si COVID-19 est associé à un risque accru de résultats obstétricaux indésirables chez les femmes enceintes.
Cette étude a présenté une observation rétrospective d’une fréquence accrue de femmes enceintes présentant des morbidités maternelles et un diagnostic de COVID-19 par rapport aux femmes enceintes sans COVID-19. Ces résultats indiquent que les femmes enceintes atteintes de COVID-19 présentent un risque accru de morbidité obstétricale.
Notamment, dans les populations à risque connu de développer une infection sévère ou des morbidités obstétricales, il est essentiel d’être informé des possibilités qui se présentent. Cela peut garantir que les unités obstétricales informent mieux les femmes enceintes et fournissent les meilleurs soins dans de tels scénarios.
Sur la base des résultats de cette étude, les chercheurs ont réaffirmé les récentes recommandations de vaccination pour les femmes enceintes.

















