Les Philippines ont l’un des taux de harcèlement scolaire les plus élevés au monde : un élève sur trois est victime de harcèlement au moins une fois par semaine, selon l’Organisation internationale de coopération et de développement économiques (OCDE). Les chercheurs de l’Université Ateneo de Manille étudient actuellement les moyens de donner aux parents philippins les moyens de lutter contre et de prévenir le harcèlement afin de compléter les efforts de l’école.
L’autonomisation commence par un dialogue approfondi avec les parents pour mieux comprendre leurs préoccupations et leurs expériences. Ceci est crucial, car les parents sont bien placés pour reconnaître les signes avant-coureurs et fournir un soutien immédiat en dehors de l’école.
Plutôt que de simplement traiter les parents uniquement comme des apprenants ou des destinataires d’informations anti-intimidation, les chercheurs du Département de psychologie et du Département des systèmes d’information et d’informatique ont adopté une approche participative du processus de conception. Ils ont invité les parents d’élèves des écoles publiques à explorer des idées de matériel de prévention de l’intimidation, qui ont ensuite été développés et affinés grâce aux commentaires des communautés qu’ils étaient censés atteindre.
Les parents suggèrent d’utiliser un support accessible : la bande dessinée.
Une fois les bandes dessinées développées, elles ont été partagées avec les parents pour s’assurer de leur pertinence. Les parents ont notamment remis en question les représentations conventionnelles des rôles familiaux : ils ont appelé à ce que les pères soient représentés comme étant activement impliqués dans le bien-être émotionnel de leurs enfants, plutôt que de positionner l’empathie comme un rôle essentiellement maternel. Les révisions ont par conséquent montré les deux parents participant à des conversations sur l’intimidation, y compris un père qui reconnaît et s’excuse pour une réponse initialement inutile à l’expérience de son enfant.
D’autres recommandations ont conduit à un langage plus clair, à des visuels plus accessibles et à des conseils plus réalistes sur la manière dont les familles devraient travailler avec les écoles pour lutter contre le harcèlement.
Ces changements reflètent le principe central du projet consistant à passer de la « conception pour les utilisateurs » à la « conception avec les utilisateurs ». En intégrant les expériences vécues par les parents dans le processus de développement, les chercheurs ont cherché à rendre le matériel de prévention de l’intimidation plus pertinent, culturellement ancré et pratique.
Les bandes dessinées font partie d’un projet plus vaste et continu de prévention de l’intimidation plutôt que d’une intervention ponctuelle. Les documents révisés serviront de story-boards fondés sur des données probantes pour de courtes bobines d’information destinées à une utilisation et une évaluation ultérieures avec les parents des écoles publiques partenaires.
Le projet démontre comment les matériels de prévention peuvent évoluer lorsque les communautés auxquelles ils sont destinés se voient confier un rôle dans leur création.
















