Une étude portant sur les facteurs de risque et les vecteurs de transmission domestique du coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS-CoV-2) révèle que la présence du virus sur les mains des cas primaires et secondaires et sur les surfaces fréquemment touchées est associée à un risque de transmission. L’étude est publiée dans la revue LE LANCETTE Microbe.
Étude : Facteurs de risque et vecteurs de transmission domestique du SRAS-CoV-2 : une étude de cohorte prospective et longitudinale. Crédit d’image : cunaplus/Shutterstock
Sommaire
Arrière-plan
Le SRAS-CoV-2, l’agent pathogène responsable de la pandémie de maladie à coronavirus 2019 (COVID-19), est un virus à ARN qui infecte principalement les cellules épithéliales respiratoires en se liant au récepteur de la membrane cellulaire de l’enzyme de conversion de l’angiotensine 2 (ACE2) via sa glycoprotéine de pointe.
De nombreuses études ont confirmé que la transmission virale se produit principalement par de grosses gouttelettes respiratoires et de petits aérosols respiratoires. Cependant, certaines études ont également mis en évidence la possibilité de transmission par des surfaces contaminées.
Dans l’étude actuelle, les scientifiques ont exploré si la présence du SRAS-CoV-2 sur les mains des membres infectés du ménage et sur les surfaces fréquemment touchées peut prédire la transmission du virus dans le ménage.
Étudier le design
Cette étude de cohorte longitudinale a été menée sur des cas primaires de COVID-19 symptomatiques confirmés en laboratoire et sur leurs contacts familiaux (cas secondaires) résidant à Londres, au Royaume-Uni. Des contacts symptomatiques et asymptomatiques ont été recrutés pour détecter au maximum les événements de transmission dans les ménages. La période d’étude comprenait des périodes pré-alpha (B.1.1.7) et dominées par alpha.
Des échantillons des voies respiratoires supérieures prélevés sur les contacts ont été testés en série pour le SRAS-CoV-2 à l’aide de la réaction en chaîne par polymérase à transcription inverse (RT-PCR). Le dépistage du virus a également été effectué sur les mains des cas primaires et de leurs contacts familiaux ainsi que sur les surfaces fréquemment touchées des zones communes.
Observations importantes
Un total de 414 contacts familiaux, dont 152 contacts PCR positifs et 262 contacts PCR négatifs, de 279 ménages ont été inclus dans l’analyse de l’étude. La majorité des participants à l’étude n’étaient pas vaccinés. Parmi tous les contacts familiaux, 134 avaient des données sérologiques longitudinales et ont été inclus dans le sous-groupe sérologie. Aucun des participants de ce groupe n’a été vacciné contre le COVID-19.
Dans l’ensemble du groupe de contacts familiaux, la proportion de résultats de test PCR négatifs était significativement plus élevée parmi les participants vaccinés et ceux présentant des comorbidités. Dans ce groupe, le taux d’infection global des ménages a été estimé à 36,7 %. Dans le sous-groupe sérologie, le taux d’infection estimé était de 44 %.
Un risque significativement plus élevé de transmission de l’infection a été observé chez les colocataires étroitement apparentés (partenaires ou parents partageant une chambre) par rapport à celui des colocataires non apparentés. De plus, les contacts exposés au variant alpha du SRAS-CoV-2 présentaient un taux d’infection plus élevé que ceux exposés aux variants pré-alpha.
L’analyse des échantillons prélevés à la main et en surface a révélé que la charge virale respiratoire des cas primaires est associée à la détection d’ARN viral sur leurs mains. Cependant, aucune corrélation n’a été observée entre leur charge virale respiratoire et le taux d’infection des ménages.
La présence d’ARN viral sur les mains des cas primaires s’est avérée augmenter le risque de transmission de l’infection à leurs contacts familiaux. De plus, il a été constaté que la présence d’ARN viral sur les mains des contacts augmentait leur risque d’avoir un résultat positif au test SARS-CoV-2.
Les ménages où une ou plusieurs surfaces étaient contaminées par des virus présentaient un risque accru d’infection pour les contacts. De plus, la détection de l’ARN viral sur les mains des contacts était également corrélée aux surfaces domestiques contaminées.
Importance de l’étude
L’étude révèle un taux d’infection d’environ 52 % parmi les contacts familiaux principalement non vaccinés et naïfs d’infection exposés à des cas primaires infectés par le variant alpha.
L’étude identifie les surfaces domestiques fréquemment touchées, les mains des cas primaires et les contacts comme vecteurs potentiels de transmission domestique du SRAS-CoV-2. En procédant au séquençage du génome entier des isolats prélevés sur les cas primaires et leurs contacts, l’étude confirme que les infections par le SRAS-CoV-2 détectées chez les contacts familiaux sont associées à la transmission familiale.
Comme mentionné par les scientifiques, les résultats de l’étude ajoutent des informations précieuses à la littérature existante sur la dynamique de la transmission domestique du SRAS-CoV-2. Ces informations confirment en outre l’utilité des mesures de contrôle non pharmacologiques, notamment le lavage des mains, le nettoyage des surfaces, la distanciation physique, l’évitement des contacts directs et le masquage du visage, pour briser la chaîne de transmission virale et contrôler la trajectoire de la pandémie de COVID-19.
Dans le cas de nouvelles variantes virales qui ont la capacité de surmonter l’immunité préexistante développée par la vaccination ou l’infection, des interventions de santé publique alternatives sont essentielles. Comme mentionné par les scientifiques dans l’article, « les interventions et les messages de santé publique simples étayés par nos preuves fournissent un élément opportun et pragmatique de la future boîte à outils pour vivre en toute sécurité avec COVID-19 ».

















