Votre régime peut-il vous aider à vivre plus longtemps? De nouvelles recherches révèlent que s'en tenir aux lignes directrices nationales de nutrition de la France réduit le risque de décès précoce, sauf dans une touche inattendue pour le cancer du poumon.
Étude: L'adhésion aux directives alimentaires françaises est associée à un risque réduit de mortalité dans la cohorte prospective française E3N. Crédit d'image: onyxprj / shutterstock
Dans une étude récente publiée dans le Revue nutritionnelleles chercheurs ont examiné la relation entre l'adhésion aux directives alimentaires françaises 2017 et le risque de mortalité parmi les participants à la Etude Epidémiologique auprès de Femmes de l'Éducation nationale (E3N) Cohorte prospective française.
Sommaire
Arrière-plan
Votre alimentation peut-elle déterminer combien de temps vous vivez? Les maladies non transmissibles (MNT) provoquent plus de 74% des décès mondiaux, selon l'Organisation mondiale de la santé. Bien que le régime alimentaire soit un facteur de risque clé, les MNT résultent de multiples influences, notamment la génétique, l'activité physique et les expositions environnementales. En France, neuf des dix principales causes de décès sont liées aux MNT, comme les maladies cardiovasculaires, le cancer et le diabète. Le régime alimentaire est l'un des outils les plus puissants pour la prévention des maladies, mais beaucoup ont du mal à suivre les directives alimentaires nationales.
Les directives diététiques françaises 2017 favorisent des aliments entiers comme les fruits, les légumes, les grains entiers et les protéines maigres tout en limitant les aliments transformés, la viande rouge et les sucres ajoutés. Cependant, leur impact réel sur la longévité reste incertain. Si ces directives améliorent vraiment la survie, les gouvernements et les communautés devraient-ils faire plus pour encourager l'adhésion?
Malgré des preuves solides reliant le régime alimentaire à la santé, les lacunes restent pour comprendre comment les différents niveaux d'adhésion ont un impact spécifique de la mortalité, en particulier les décès par cancer spécifiques. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour affiner les recommandations alimentaires, identifier les facteurs influençant ces associations et évaluer la durabilité de ces directives à travers diverses populations.
À propos de l'étude
La présente étude a été menée en utilisant des données de la cohorte prospective française E3N, qui a initialement inscrit 98 995 femmes en 1990. De cette cohorte, 72 585 femmes qui ont rempli un questionnaire sur la fréquence alimentaire en 1993 ont été sélectionnées pour analyse.
Ces participants ont fourni des données d'admission alimentaire autodéclarées, qui ont été évaluées à l'aide d'un questionnaire semi-quantitatif validé contenant 208 aliments. L'adhésion aux directives alimentaires françaises de 2017 a été évaluée à l'aide du programme simplifié du programme National Nutrition Santé-Guidelines Score 2 (SPNNS-GS2), qui variait de -20,4 à 12,6.
Des données sur la mortalité ont été obtenues auprès du Centre d'épidémiologie français sur les causes médicales du décès (INSERM-CÉPIDC). Des modèles de risques proportionnels de Cox ont été utilisés pour estimer l'association entre SPNNS-GS2 et toutes causes de cause ainsi que la mortalité spécifique à cause. Les modèles ont été ajustés pour les facteurs de confusion, notamment l'âge, la cohorte de naissance, l'indice de masse corporelle, l'activité physique, le statut de tabagisme, le niveau d'éducation, le statut de ménopause et l'apport énergétique total.
Pour tenir compte de l'exposition potentielle aux contaminants chimiques alimentaires, des analyses de sensibilité ont été menées en ajustant les modèles d'exposition alimentaire aux mélanges de contaminants alimentaires. Ces analyses ont confirmé que les associations observées sont restées robustes. Des analyses statistiques ont été effectuées en utilisant SAS 9.4 et R 4.1.2, avec une signification définie à P <0,05.
Résultats de l'étude
Au cours d'une période de suivi moyenne de 19 ans, 6 441 décès ont été enregistrés parmi les participants à l'étude. Le score moyen SPNNS-GS2 était de 3,8 (écart-type (SD) 3,0). Une adhésion plus élevée aux directives alimentaires françaises a été associée à un risque de mortalité plus faible à cause de diverses causes.
La relation entre SPNNS-GS2 et la mortalité s'est avérée non linéaire. Des associations significatives ont été observées jusqu'au 65e centile du score, au-delà de laquelle les avantages se sont stabilisés ou, dans certains cas, se sont inversés.
Pour les individus, ces résultats suggèrent que la fabrication de choix alimentaires plus sains peut prolonger considérablement la durée de vie. Ceux qui ont suivi les lignes directrices avaient de près un risque de décès plus faible à cause des maladies cardiovasculaires et de certains cancers, comme le cancer du sein.
Cependant, pour le cancer du poumon, la réduction du risque a été observée jusqu'au 65e centile d'adhésion, après quoi la tendance a inversé. Cette inversion a été décrite dans l'étude comme une non-linéarité statistique, bien que les raisons sous-jacentes restent incertaines.
Pour la mortalité toutes causes confondues, un score SPNNS-GS2 plus élevé était lié à une diminution du risque, se stabilisant au-delà de la valeur médiane. Une tendance similaire a été observée pour la mortalité entièrement des cancer, mais à des niveaux d'adhésion élevés, l'effet protecteur a diminué, conformément aux résultats de la non-linéarité de l'étude plutôt qu'un facteur de confusion externe.
La mortalité par cancer du sein a suivi un schéma de réduction des risques jusqu'au score d'adhésion médiane, tandis que la mortalité par cancer du poumon présentait une tendance non linéaire complexe au-delà des niveaux d'adhésion élevés plutôt qu'un effet de confusion clair.
Inversement, la mortalité par la maladie cardiovasculaire a démontré une relation inverse linéaire avec les SPNNS-GS2, indiquant une diminution constante du risque avec une adhésion plus élevée (rapport de risque par augmentation SD: 0,86 (IC à 95%: 0,76-0,97)).
Aucune association significative n'a été trouvée entre l'adhésion aux directives alimentaires et la mortalité par cancer colorectal.
Les analyses de sensibilité ont confirmé que l'adaptation de l'exposition alimentaire aux contaminants chimiques n'a pas modifié ces résultats, renforçant la robustesse des associations observées. D'autres analyses de sous-groupes ont confirmé que l'adhésion aux directives alimentaires était protectrice dans différents groupes de population, bien que l'étude ne mette pas l'accent sur des facteurs de style de vie tels que le tabagisme et l'activité physique comme modificateurs d'effet primaires.
Conclusions
Pour résumer, l'adhésion plus élevée aux directives alimentaires françaises de 2017 a été associée à un risque réduit de mortalité de toutes les causes, aux maladies cardiovasculaires et aux cancers spécifiques tels que le cancer du sein et du poumon.
Cependant, pour la mortalité par cancer du poumon, l'association a inversé à des niveaux d'adhésion élevés, ce que l'étude attribue à la non-linéarité statistique plutôt qu'à un effet de confusion.
Ces résultats soulignent le rôle crucial de la nutrition dans la santé publique. Au niveau individuel, ils mettent en évidence l'importance de faire des choix alimentaires éclairés pour améliorer la longévité. Pour les communautés, ils soulignent la nécessité d'une meilleure éducation et d'un accès aux aliments nutritifs. À l'échelle mondiale, ils servent d'appel à l'action aux décideurs politiques afin de promouvoir les directives alimentaires par le biais d'initiatives de santé publique.
