Des chercheurs de l’Université de Malaga, en collaboration avec l’Université polytechnique de Catalogne, ont créé un déambulateur « intelligent » qui évalue les mouvements du patient pour améliorer la rééducation. Avec ce système basé sur un modèle standard appelé Walk-IT, les professionnels reçoivent de meilleures informations sur l’évolution des patients sous traitement, ce qui leur permet de s’occuper d’un plus grand nombre d’utilisateurs avec des évaluations plus précises.
Lors des traitements de rééducation, les thérapeutes doivent évaluer une variété d’informations liées aux progrès au cours des exercices que les patients doivent effectuer, comme s’ils parviennent à améliorer la vitesse de marche, si la démarche est symétrique ou s’il y a une mise en charge partielle.
Jusqu’à présent, ces informations étaient relevées manuellement par des professionnels, ce qui nécessitait une observation directe de leurs déplacements. Bien que des déambulateurs avec des modules installés en usine soient disponibles, ils sont trop chers pour un déploiement de masse dans toutes les cliniques. De plus, l’incorporation de plusieurs composants augmente leur poids, ce qui affecte le schéma de marche et modifie les résultats réels de la marche.
Avec les systèmes traditionnels, les thérapeutes ne peuvent évaluer les progrès que d’une seule personne à la fois. Cependant, le modèle Walk-IT, comme l’ont appelé les experts, permet d’effectuer les exercices en même temps que les données sont automatiquement enregistrées et évaluées pour une consultation ultérieure. Cela réduit l’attention nécessaire des professionnels, car ils n’ont pas à passer du temps à collecter ces informations pertinentes au cours du traitement. Ce nouveau système est décrit dans l’article ‘Walk-IT: An Open-Source Modular Low-Cost Smart Rollator’, publié dans la revue Capteurs.
De plus, les conceptions physiques incluses (le matériel) et les programmes utilisés (le logiciel) sont sous licence open-source, ce qui réduit considérablement le coût et permet sa mise en œuvre généralisée. Le système est disponible pour consultation et téléchargement sur https://github.com/TaISLab/WalKit.
Les déambulateurs qui surveillent le mouvement sont rares sur le marché aujourd’hui, ils sont fabriqués sur mesure et leur prix varie de 3 000 à 9 000 euros, selon les modules qu’ils incluent. « La possibilité d’ajouter de nouveaux éléments d’observation à un déambulateur standard à l’aide d’appareils peu coûteux et de logiciels gratuits en fait une option idéale pour une utilisation dans n’importe quelle clinique de rééducation et réduit le prix à environ 500 euros« , a déclaré à Fundación Descubre Joaquín Ballesteros, l’un des auteurs de l’article.
En plus d’un système de contrôle, les chercheurs ont ajouté d’autres dispositifs au déambulateur conventionnel. Dans un premier temps, ils ont attaché des jauges de charge aux poignées pour mesurer l’appui exercé sur chaque poignée lors de la marche. Des encodeurs sont également inclus sur les roues arrière du déambulateur pour mesurer la vitesse de l’utilisateur et estimer la longueur de la foulée. Enfin, ils ont placé un capteur laser qui détecte le mouvement des pieds, les phases de marche ou la présence d’obstacles à proximité.
Améliorer pas à pas
Jusqu’à présent, on utilisait un modèle appartenant à l’Université polytechnique de Barcelone et qui ne pouvait pas être modifié. En d’autres termes, le matériel a été installé en usine et n’a pas pu être étendu ou adapté. Les experts ont ainsi décelé la nécessité de créer un système modulable selon les besoins de chacun et totalement débridé dans le but de réduire les coûts et de lui donner une application directe.
Ainsi, les chercheurs sont partis d’un rollator couramment utilisé dans les cliniques de rééducation qui ne nécessite aucune modification, et ont ajouté des modules qui mesurent différents paramètres nécessaires au suivi des patients, tels que la cadence, la vitesse ou le temps de pas et la longueur de la foulée. De plus, le système peut mesurer directement la position, la vitesse et les forces appliquées du déambulateur.
Les experts ont confirmé que les données obtenues auprès de 11 patients sous traitement correspondent et même améliorent la précision de celles recueillies par les thérapeutes utilisant la méthode traditionnelle. Le seul inconvénient rencontré est que la visibilité des jambes du patient est nécessaire pour une observation adéquate par le laser, car en portant des jupes longues par exemple, les données ne sont pas captées de manière appropriée.
Les chercheurs ont l’intention de poursuivre les essais dans le but d’offrir plus d’avantages aux institutions intéressées à le mettre en œuvre de manière efficace dans la société. En particulier, ils proposent des recherches avec différents types de handicaps dans les hôpitaux et les maisons de repos pour valider leurs résultats et les ajuster pour une application dans plus de cas.
Ce travail est financé par le projet « SAVIA : Sistema de Autonomía Variable para movIlidad Asistida » (« Système d’autonomie variable pour la mobilité assistée ») du ministère espagnol des Sciences et de l’Innovation et de l’Université de Malaga.















