Les milliers de microbes qui vivent dans l'intestin humain peuvent jouer un rôle plus important dans la santé qu'on ne le pensait précédemment, selon une nouvelle recherche de l'Université d'Hawaï à Mānoa. L'article, publié en septembre 2025 dans le Journal international des sciences moléculairesexplore comment les bactéries intestinales interagissent avec les gènes humains de manière à façonner le risque de maladie, le vieillissement et même les futurs traitements médicaux.
La revue met en évidence comment le microbiome intestinal (la collection de bactéries, de virus et de champignons qui vivent dans le système digestif) peut affecter l'épigénétique, le processus qui allume ou désactive les gènes sans modifier l'ADN lui-même. Ces changements se produisent à travers des étiquettes chimiques telles que la méthylation de l'ADN ou de l'ARN, qui contrôlent quand et comment les gènes sont exprimés.
« En comprenant comment les microbes intestinaux influencent nos gènes, nous pouvons commencer à imaginer de nouvelles façons de prévenir les maladies et de promouvoir la santé d'une manière qui nous rapproche de la médecine personnalisée », a déclaré Alika K. Maunakea, co-auteur de l'étude et professeur à la UH Mānoa John A. Burns School of Medicine.
Des facteurs quotidiens, tels que le régime alimentaire, le stress, les médicaments et le vieillissement, influencent ces interactions microbiennes. Par exemple, les bactéries intestinales produisent des acides gras à chaîne courte, des nutriments et d'autres signaux chimiques qui peuvent reprogrammer l'activité des gènes liés à l'immunité, au métabolisme ou à la santé du cerveau. À son tour, le style de vie d'une personne et la maquillage génétique peuvent façonner les microbes prospèrent dans l'intestin, créant une boucle de rétroaction entre les humains et leurs microbes.
Les chercheurs soulignent les possibilités futures où la compréhension de cette boucle pourrait aider les médecins à concevoir des traitements personnalisés. Les applications potentielles comprennent l'utilisation de biomarqueurs microbiens (signaux biologiques qui indiquent la santé ou la maladie), le développement de « biothérapeutiques vivants » (bactéries bénéfiques données comme des médicaments) ou raffiner les transplantations de microbiote fécal, qui transfèrent des microbes intestinaux de donneurs sains aux patients. Les progrès de l'intelligence artificielle et de l'analyse unique aident les scientifiques à modéliser ces relations complexes à une échelle sans précédent.
Le document souligne également l'importance de fixer des normes claires et des garanties éthiques à mesure que ce champ se développe. Des cadres tels que les principes équitables (des données de soins accessibles, accessibles, interopérables et réutilisables) et des principes de soins (avantage collectif, autorité de contrôle, responsabilité et éthique) sont nécessaires pour garantir que les données de la recherche de microbiome profitent équitablement aux populations diverses.
En cartographiant comment les microbes intestinaux communiquent avec les gènes humains, la revue souligne à la fois la promesse et la responsabilité de cette science émergente. Les idées pourraient ouvrir la porte aux stratégies de santé de précision qui adaptent la prévention et le traitement à la composition microbienne et épigénétique unique de chaque individu.
















