Dans une étude récente publiée dans le Journal respiratoire européen, les chercheurs ont étudié comment la végétation urbaine et l'exposition au pollen sont liées à l'incidence de l'asthme infantile.
Leurs résultats indiquent que ces facteurs interagissent de manière complexe. Les zones couvertes d’arbres semblent protéger les enfants contre l’asthme, mais l’exposition au pollen peut annuler ces avantages.
Étude: Exposition précoce aux pollens et risques accrus d'asthme infantile : une étude de cohorte prospective chez les enfants de l'Ontario. Crédit d’image : Misha Arkhanhel/Shutterstock.com
Sommaire
Arrière-plan
L'asthme, caractérisé par de la toux, un essoufflement et une respiration sifflante, fait partie des maladies chroniques les plus courantes chez les enfants. Divers phénotypes identifiés par les chercheurs en santé publique dans la population pédiatrique comprennent la respiration sifflante/l'asthme actuel, la respiration sifflante transitoire précoce et l'asthme modéré à léger.
La recherche a indiqué plusieurs facteurs contribuant à l'asthme infantile, tels que les comportements liés au mode de vie, les facteurs paternels et maternels, la génétique et les expositions environnementales. Un domaine d’intérêt émergent est le rôle potentiel de l’exposition à la végétation urbaine dans la prévention de l’asthme infantile.
Des études antérieures ont suggéré que les espaces verts pourraient réduire les expositions environnementales nocives telles que la pollution de l'air et le bruit et promouvoir les activités de plein air. Ils peuvent également faciliter l’exposition à divers microbiotes, affectant ainsi positivement la santé respiratoire.
Cependant, la végétation urbaine peut également exposer les enfants à des aéroallergènes comme le pollen en suspension dans l’air, augmentant ainsi le risque d’asthme.
L'exposition à différents types de pollen, avant la naissance et au début de la vie, a été associée à des symptômes respiratoires et à un risque d'asthme chez les enfants. Cependant, peu d’études ont étudié les effets combinés du pollen en suspension dans l’air et de la végétation urbaine sur l’asthme chez les enfants.
À propos de l'étude
L'étude a utilisé une conception de cohorte rétrospective, incluant les naissances vivantes uniques à Toronto, au Canada, d'avril 2006 à mars 2014.
Les données du Better Outcomes Registry and Network (BORN) Ontario, associées aux données sur l'exposition environnementale, ont été analysées par l'Institute of Clinical Evaluative Sciences (ICES).
Les adresses résidentielles des mères ont été saisies au niveau du code postal, et les cas incidents d'asthme infantile ont été identifiés à l'aide de la base de données de la cohorte Ontario ASTHMA.
Les niveaux d'exposition environnementale ont été attribués à l'aide de l'indice de végétation par différence normalisé (NDVI) dérivé par satellite et de la superficie du couvert forestier dans une zone tampon de 250 m autour du code postal résidentiel.
Les données sur l'exposition au pollen en suspension dans l'air ont été dérivées de modèles de régression de l'utilisation des terres. Un graphique acyclique dirigé (DAG) a été utilisé pour identifier les facteurs de confusion pour l'ajustement du modèle, notamment les niveaux ambiants de pollution de l'air, l'âge de la mère, le sexe du nourrisson, le statut d'allaitement, le tabagisme maternel, l'asthme maternel, l'année et la saison de naissance et le statut socio-économique au niveau de la région ( indicateurs SES).
Les rapports de risque (HR) obtenus à partir des modèles à risques proportionnels de Cox ont évalué les relations entre la végétation, le pollen en suspension dans l'air et l'incidence de l'asthme, avec des ajustements pour les facteurs de confusion et des stratifications pour la modification des effets en fonction des tertiles de concentration de pollen, du SSE et de la saison de naissance.
Résultats
Parmi 214 211 couples mère-enfant, 28 543 enfants (13,3 %) ont reçu un diagnostic d’asthme infantile. En moyenne, les enfants ont été diagnostiqués à l'âge de 22 mois.
Une exposition accrue au NDVI était liée à un risque plus élevé d'asthme (HR 1,029), tandis qu'une zone de canopée plus élevée avait un effet protecteur (HR 0,976).
L'exposition au pollen de mauvaises herbes pendant la période prénatale était positivement associée au risque d'asthme (HR 1,021), en particulier à la fin du premier trimestre et au début du troisième trimestre. L'exposition au pollen total et au pollen des arbres au cours de leur première année a également augmenté le risque d'asthme de l'enfant (HR 1,023 et 1,004, respectivement).
Au cours des trois premières années de vie, le risque d’asthme était significativement plus élevé avec l’exposition totale au pollen et aux pollens de mauvaises herbes. L’effet protecteur de l’exposition à la canopée des arbres diminuait à mesure que les concentrations de pollen de mauvaises herbes augmentaient, tandis que le risque d’asthme lié à l’exposition au NDVI augmentait.
L'effet protecteur du couvert forestier était significatif pour les naissances automnales (HR 0,949), sans aucune différence significative observée selon les niveaux de SSE.
Conclusions
L'étude met en évidence la relation complexe entre la végétation urbaine, l'exposition au pollen et l'asthme infantile. Même si le couvert forestier urbain peut protéger contre l’asthme, des concentrations élevées de pollen de mauvaises herbes peuvent annuler cet avantage.
Les limites incluent une mauvaise classification potentielle de l'exposition, le manque de données individuelles sur le SSE et les difficultés liées au diagnostic de l'asthme chez les jeunes enfants. Les recherches futures devraient explorer des mesures plus précises de la végétation, les facteurs de risque au niveau individuel et le développement d'outils de diagnostic adaptés aux enfants.
Comprendre l'équilibre entre les expositions environnementales bénéfiques et nocives est crucial pour les interventions de planification urbaine et de santé publique visant à réduire l'incidence de l'asthme infantile.
















