Des chercheurs de l'Université de Kumamoto ont découvert que les changements de comportement pendant la pandémie de COVID-19, en particulier le port de masques largement répandu, pourraient avoir réduit le risque de certains types de crises cardiaques déclenchées par la pollution de l'air.
L'étude, dirigée par le Dr Masanobu Ishii et ses collègues, a été publiée dans la revue phare de la Société européenne de cardiologie, Journal européen du cœur.
Pollution de l'air et crises cardiaques
Les particules fines, connues sous le nom de PM2,5, de minuscules particules en suspension dans l'air suffisamment petites pour pénétrer profondément dans les poumons, sont reconnues depuis longtemps comme un facteur de risque environnemental majeur pour les maladies cardiovasculaires. L'exposition peut déclencher une inflammation, un stress oxydatif et un dysfonctionnement des vaisseaux sanguins, pouvant conduire à un infarctus aigu du myocarde (IAM), communément appelé crise cardiaque.
Utilisant la base de données cardiovasculaire nationale du Japon (JROAD-DPC), l'équipe de recherche a analysé les données de 270 091 patients hospitalisés pour un IAM entre 2012 et 2022. Ils ont examiné l'exposition à court terme aux PM2,5 et comparé les risques avant et pendant la pandémie de COVID-19, qui a entraîné des changements spectaculaires dans le comportement du public, notamment l'utilisation de masques et une mobilité réduite.
Déclin frappant d’un sous-type spécifique de crise cardiaque
Les chercheurs ont découvert qu’une exposition à court terme aux PM2,5 augmentait considérablement le risque de tous les types d’IAM. Cependant, un sous-type – MINOCA (infarctus du myocarde avec artères coronaires non obstructives), une crise cardiaque sans obstruction des artères coronaires – a montré une association particulièrement forte avec la pollution de l’air.
Plus particulièrement, après le début de la pandémie, le risque de MINOCA lié aux PM2,5 a considérablement diminué. En revanche, le risque de crise cardiaque plus typique avec obstruction de l’artère coronaire (MI-CAD) est resté largement inchangé.
Les résultats suggèrent que les comportements préventifs liés à la pandémie, en particulier le port de masques, pourraient avoir réduit l'exposition individuelle aux particules nocives, réduisant ainsi le risque de dysfonctionnement vasculaire déclenché par la pollution, tel que des spasmes coronariens ou une déficience microvasculaire.
Implications pour la santé publique
Cette étude fournit des preuves concrètes que de simples mesures de protection peuvent atténuer les risques cardiovasculaires associés à des expositions environnementales inévitables. Même au Japon, où aucun confinement strict n’a été imposé, les pratiques volontaires de santé publique semblent avoir apporté des bénéfices cardiovasculaires mesurables.
Les chercheurs soulignent que l’amélioration de la qualité de l’air reste une priorité à long terme. Cependant, les résultats mettent également en valeur le potentiel d’interventions accessibles, telles que le port de masques pendant les périodes de forte pollution, pour protéger les populations vulnérables.
Alors que les sociétés sont confrontées à des défis environnementaux permanents, ces connaissances pourraient contribuer à façonner les futures stratégies de cardiologie préventive et de santé publique dans le monde entier.






















