Des chercheurs de l’Université métropolitaine de Tokyo ont conçu un système de collaboration à distance en réalité virtuelle (VR) qui permet aux utilisateurs de Segways de partager non seulement ce qu’ils voient, mais aussi la sensation d’accélération lorsqu’ils se déplacent. Les cyclistes équipés de caméras et d’accéléromètres peuvent transmettre leurs sensations à un utilisateur distant sur un fauteuil roulant modifié portant un casque VR. Les enquêtes auprès des utilisateurs ont montré une réduction significative de la maladie de la réalité virtuelle, promettant une meilleure expérience pour les activités de collaboration à distance.
La technologie de réalité virtuelle (RV) progresse rapidement, permettant aux utilisateurs de découvrir et de partager un environnement 3D immersif. Dans le domaine du travail à distance, l’une des avancées majeures qu’il offre est la possibilité pour les travailleurs de différents endroits de partager ce qu’ils voient et entendent en temps réel. Un exemple est celui des utilisateurs d’appareils de mobilité personnelle dans les grands entrepôts, les usines et les chantiers de construction. Les utilisateurs peuvent facilement couvrir de vastes zones tout en signalant les problèmes en temps réel à un collègue distant. Cependant, un inconvénient majeur peut gâcher toute l’expérience : Maladie de la réalité virtuelle. Le mal de réalité virtuelle est un type de mal des transports qui provient du fait que les utilisateurs voient des « mouvements » à travers leurs casques sans bouger réellement. Les symptômes comprennent des maux de tête, des nausées et parfois des vomissements. Le problème est particulièrement aigu pour l’exemple ci-dessus, lorsque la personne qui partage l’expérience se déplace.
Pour contourner ce problème, des chercheurs de l’Université métropolitaine de Tokyo dirigés par le professeur adjoint Vibol Yem ont créé un système qui permet aux utilisateurs de partager non seulement ce qu’ils voient, mais aussi la sensation de mouvement. Ils se sont concentrés sur le Segway en tant que véhicule de mobilité personnelle commun et largement disponible, en installant deux caméras 3D et un ensemble d’accéléromètres pour mesurer non seulement des repères visuels, mais des informations détaillées sur l’accélération du véhicule. Cela a été renvoyé via Internet à un utilisateur distant portant un casque VR sur un fauteuil roulant modifié, avec des moteurs séparés fixés aux roues. Au fur et à mesure que l’utilisateur du Segway accélérait, le fauteuil roulant faisait de même, permettant aux utilisateurs distants non seulement de voir le même paysage, mais aussi de ressentir la même accélération. Bien sûr, le fauteuil roulant n’était pas autorisé à parcourir les mêmes distances que le Segway ; il a été doucement ramené à sa position d’origine lorsque le Segway n’accélérait pas.
L’équipe a mis son appareil à l’épreuve en demandant à des volontaires de devenir des utilisateurs à distance et d’évaluer leur expérience. Il y a eu une réduction de 54 % du mal de la réalité virtuelle lorsque les sensations de mouvement ont été ajoutées, avec d’excellentes notes pour l’expérience utilisateur. Ils ont également remarqué des subtilités dans la manière dont les informations doivent être renvoyées. Par exemple, les utilisateurs ont trouvé qu’il était préférable qu’environ 60 % de l’accélération suggérée par les repères visuels soit renvoyée aux roues, en grande partie en raison de la sensibilité du système vestibulaire (comment nous percevons l’équilibre, l’orientation et le mouvement) par rapport à notre vision.
Bien que des améliorations soient encore nécessaires, le système de l’équipe promet de nouvelles possibilités intéressantes pour la collaboration à distance, libérant les utilisateurs distants d’un inconvénient majeur de la technologie VR.
Ce travail a été soutenu par le Local-5GProject de l’Université métropolitaine de Tokyo, MIC/SCOPE # 191603003 et JSPS KAKENHI Grant Number 18H04118.
















