Dans un article récent publié dans BMC Gériatrie, les chercheurs ont examiné l’association entre les événements traumatisants de la vie (TLE) et le risque de démence toutes causes confondues chez les personnes âgées de ≥60 ans.
Les études incluses dans la revue portaient sur les résultats de 276 570 participants avec un âge médian compris entre 50,3 et 77 ans et une durée de suivi comprise entre deux et 37 ans (moyenne = 9,5 ans).
Étude: Événements traumatisants de la vie et risque de démence : une revue systématique et une méta-analyse. Crédit d’image : pétillants/Shutterstock.com
Sommaire
Arrière-plan
Des études ont suggéré que le fait de subir des TLE, tels que des décès réels ou menacés, des blessures et des violences sexuelles, pourrait contribuer au risque de démence.
À l’échelle mondiale, le coût des soins et du traitement de la démence est estimé à environ un billion de dollars par an. Étant donné que plus de 150 millions de personnes vivront avec la démence d’ici 2050, il est devenu crucial d’identifier et de cibler les facteurs de risque modifiables qui pourraient prévenir la démence.
Des revues systématiques ont signalé une association entre le SSPT et la démence ; cependant, jusqu’à présent, aucun n’a examiné la même chose entre le risque de démence et le TLE.
Il est crucial de comprendre si le TLE identifié lors du diagnostic du SSPT ou diagnostiqué séparément est un facteur de risque de démence pour aider à trouver des interventions visant à atténuer le risque de démence et à prévenir/retarder son apparition.
À propos de l’étude
Dans la présente étude, les chercheurs ont effectué une revue systématique et une méta-analyse générique des effets aléatoires de la variance inverse pour estimer l’impact du TLE sur le risque de démence, qu’ils ont présenté sous forme de risque, de cotes et de risques relatifs (HR). L’équipe a utilisé le critère de la liste de contrôle des événements de la vie pour le DSM-5 (LEC-5) pour identifier les TLE.
Toutes les études incluses étaient des articles de recherche originaux publiés dans des revues à comité de lecture avec des conceptions d’études cas-témoins et de cohorte spécifiant le diagnostic de démence comme résultat dans une population d’étude d’au moins 60 personnes.
Tous étaient liés à une démence toutes causes confondues, avec des gravités variables, et dans tous les contextes de recrutement, mais excluaient la démence à début précoce, ayant une étiologie différente. Ils ont collecté des informations concernant diverses formes de TLE (par exemple, traumatisme infantile) auprès des participants, de leurs informateurs ou des dossiers médicaux.
La stratégie de recherche impliquait de rechercher dans les bases de données PsychINFO, Embase et MEDLINE depuis leur création jusqu’au 20 avril 2022 en utilisant des mots-clés pour « démence », « risque » et « événements traumatisants ».
L’équipe a exporté toutes les études récupérées vers le logiciel d’examen systématique Covidence. Ensuite, deux évaluateurs ont examiné indépendamment tous les articles à toutes les étapes, en respectant des critères d’inclusion et d’exclusion rigoureux.
Ils ont utilisé l’échelle de Newcastle-Ottawa pour évaluer la qualité des études et ont évalué des études épidémiologiques non randomisées (NOS) comportant trois domaines : la sélection, la comparabilité et les résultats. De plus, ils ont utilisé un graphique en entonnoir pour évaluer le biais de publication dans les études incluses.
Les chercheurs ont classé une étude comme bonne si elle comportait ≥3 et ≥1 étoiles dans les domaines de sélection et de comparabilité et ≥ 3 étoiles dans le domaine des résultats. De même, ils ont également classé les études comme étant de qualité « passable » et « mauvaise ».
Enfin, l’équipe a méta-analysé toutes les études, puis a mené des sous-analyses, en stratifiant par type de traumatisme, et a utilisé je2-statistique pour mesurer l’hétérogénéité. Dans les analyses de sensibilité, elles ont inclus des études faisant état de HR et de haute qualité.
Résultats
Les examinateurs ont examiné 3 523 études et identifié 29 articles de recherche à examiner en texte intégral. Enfin, ils ont inclus sept études dans la méta-analyse ; une était une étude transversale, trois étaient des études de cohorte prospectives et trois étaient des études de cohorte rétrospectives.
Les résultats regroupés de la méta-analyse de sept études ont démontré que les TLE augmentaient le risque de démence toutes causes confondues (HR = 1,21). Les résultats ont montré une hétérogénéité significative (I2 = 78 %).
En outre, les auteurs ont noté que les sous-types de traumatismes, comme les traumatismes survenus pendant la guerre et pendant l’enfance, augmentaient également le risque de démence toutes causes confondues (HR groupé = 1,28), bien que basés sur moins d’études (n = 3). Ces résultats ont également montré une hétérogénéité significative (I2 = 75 %).
Conclusions
Dans l’ensemble, la présente étude a reconnu les TLE comme des facteurs de risque potentiellement modifiables associés à un risque accru de démence toutes causes confondues.
Comprendre les mécanismes par lesquels les TLE augmentent la susceptibilité à la démence pourrait aider à concevoir des interventions ciblées réduisant l’effet des traumatismes, y compris le SSPT, sur la démence.
Les études futures devraient étudier l’impact de facteurs spécifiques aux TLE, tels que la chronicité et la gravité, et de facteurs individuels, tels que l’effet de l’âge et l’association des TLE avec les sous-types de démence.

















