Une vaste étude de cohorte française révèle que des habitudes alimentaires ayant une empreinte environnementale plus faible protègent non seulement la planète, mais réduisent également le risque de maladies chroniques majeures, un double gain pour les individus et la planète.
Étude : Association entre pressions environnementales alimentaires et maladies chroniques majeures : évaluation de la cohorte prospective NutriNet-Santé. Crédit d'image : métamorworks/Shutterstock
Dans une étude récente publiée dans La santé régionale du Lancetles chercheurs ont étudié les liens entre les pressions environnementales liées à l'alimentation et la santé humaine.
L'étude s'est appuyée sur une étude prospective à grande échelle portant sur plus de 34 077 adultes français et a révélé que pour chaque augmentation d'un écart type du composite PEVle risque de développer un cancer (HEURE 1,15 (IC à 95 % 1,03-1,28)), les maladies coronariennes et le diabète de type 2 (HEURE 1,50 (1,29-1,73)) a augmenté de manière significative. Aucune association significative n’a été observée avec les accidents vasculaires cérébraux ou la mortalité toutes causes confondues.
Ces résultats suggèrent que les régimes alimentaires soumis à des pressions environnementales globales plus faibles sont associés à de meilleurs résultats en matière de santé et que les systèmes alimentaires durables sont essentiels à la santé planétaire et publique.
Sommaire
Les co-bénéfices des régimes alimentaires durables pour la santé et l’environnement
Les « co-bénéfices » font référence au concept de plus en plus populaire selon lequel une seule action (par exemple, choisir consciemment des aliments durables plutôt que des alternatives non durables) peut simultanément bénéficier à la fois à la santé humaine et à l'environnement.
Le concept est désormais devenu un sujet central dans les discussions sur le climat et la santé, avec des décennies de recherche suggérant que les habitudes alimentaires sont un facteur important dans l'augmentation du fardeau mondial des maladies chroniques, notamment le cancer, les maladies cardiovasculaires (MCV) et le diabète (en particulier le diabète de type 2 (DT2)).
Les systèmes alimentaires mondiaux, facteurs de dégradation de l’environnement
Malheureusement, des recherches récentes ont révélé que le système agroalimentaire mondial actuel est l’un des principaux facteurs de dommages environnementaux, contribuant de manière significative aux émissions de gaz à effet de serre (GES), la dégradation des terres et l’utilisation de l’eau douce.
Des études comparatives examinant les impacts environnementaux de différents produits alimentaires ont montré que les régimes alimentaires à base de plantes sont généralement meilleurs pour la planète que leurs homologues d'origine animale. Cependant, la plupart de ces études se sont concentrées sur un ou deux indicateurs environnementaux seulement, tels que GESce qui limite leur généralisabilité dans le contexte plus large de la durabilité.
Nécessité d’une évaluation complète des pressions environnementales liées à l’alimentation
Une enquête complète sur un large spectre de pressions environnementales et leurs associations avec la santé humaine fournirait aux décideurs politiques et aux agences de santé publique les connaissances nécessaires pour optimiser les conseils alimentaires durables, améliorant ainsi les résultats à la fois pour l'environnement et pour la santé humaine.
Cependant, tous les indicateurs environnementaux n’étaient pas alignés sur un risque moindre pour la santé : une consommation d’eau plus élevée était liée à un risque de cancer plus faible, et une infrastructure écologique plus élevée était positivement associée à plusieurs risques de maladie.
Conception de l'étude utilisant la cohorte NutriNet-Santé
La présente étude a comblé ce manque de connaissances en exploitant les données prospectives de la cohorte NutriNet-Santé, une vaste étude de population basée sur le Web en France. L'analyse des données des participants à la cohorte NutriNet-Santé a permis d'identifier 34 077 participants adultes qui répondaient aux exigences de l'étude (âge > 15 ans). L'étude comprenait des données de santé à long terme (durée de suivi médiane = 8,39 ans).
Collecte de données alimentaires et notation de l’impact environnemental
Le régime alimentaire a été mesuré une fois au départ en 2014 à l'aide d'un questionnaire sur la fréquence des aliments biologiques comprenant 264 éléments (Organisation-FFQ), qui enregistrait les habitudes alimentaires des participants et la fréquence à laquelle ces aliments étaient biologiques ou produits de manière conventionnelle.
De plus, des informations sociodémographiques des participants (pour la correction du modèle statistique) et des antécédents médicaux détaillés (pour les analyses des résultats de santé à long terme) ont été collectés. Ces données ont ensuite été fusionnées avec des bases de données environnementales pour calculer l'impact de l'alimentation de chaque personne à travers six indicateurs distincts :
- GES
- Demande énergétique cumulée
- Occupation du sol
- Utilisation de l'eau (principalement pour l'irrigation)
- Utilisation de pesticides (fréquence de traitement/application)
- Infrastructures écologiques (impact sur la biodiversité)
Enfin, les résultats de ces indicateurs individuels ont été combinés en un seul score synthétique, l'indice de pressions environnementales (PEV), les scores plus élevés indiquant un impact environnemental plus important et plus nocif.
Des modèles de risques proportionnels de Cox multivariés pondérés avec ajustement approfondi des covariables, des contrôles des risques proportionnels via les résidus de Schoenfeld, une évaluation dose-réponse à l'aide de splines cubiques restreintes et des modèles structurels marginaux dans les analyses de sensibilité ont été exploités pour élucider si un risque proportionnel élevé PEV Le score était associé au risque futur d'un participant de développer des maladies chroniques.
Pressions environnementales fortement corrélées au risque de maladies chroniques
Les résultats de l'étude ont révélé une association claire et positive entre les impacts environnementaux et sanitaires de différents aliments ; Il a également été observé qu’un régime alimentaire moins respectueux de l’environnement entraînait des résultats de santé sous-optimaux.
Plus précisément, les modèles statistiques ont révélé que pour chaque augmentation d'un écart-type du niveau de vie d'un individu PEV score, leur risque de développer un cancer (n'importe quel) a augmenté de 15 % (HEURE 1.15). Les résultats ont été encore plus frappants en matière de santé métabolique et cardiovasculaire : le risque de maladie coronarienne et DT2 tous deux ont augmenté de 50 % (HEURE 1,50) pour chaque augmentation du SD.
Aucune association statistiquement significative n'a été trouvée pour la mortalité par accident vasculaire cérébral ou toutes causes confondues au cours de la période de suivi.
Modèles alimentaires associés à une pression environnementale élevée et faible
L'étude a en outre établi des tendances entre les régimes alimentaires et les résultats en matière de santé ; participants avec la pression la plus élevée (haute-PEV) les régimes alimentaires consomment beaucoup plus de viandes rouges (porc, bœuf et agneau), de volaille et de viandes transformées.
À l’inverse, ceux qui suivaient un régime à faible pression (faible EPI) mangeaient davantage de céréales complètes, de fruits et de légumes, ce qui s’alignait étroitement sur des régimes alimentaires durables comme le régime EAT-Lancet, de plus en plus populaire.
Une fréquence plus élevée de traitement aux pesticides était positivement associée au cancer, MCVet DT2 risques, alors qu’une consommation d’eau plus élevée, reflétant une plus grande consommation de fruits et légumes, était associée à un risque de cancer plus faible. Les scores des infrastructures écologiques, capturant les pressions liées à la biodiversité, ont montré des associations positives paradoxales avec plusieurs maladies chroniques. Bien que faible-PEV les régimes alimentaires n’étaient pas strictement végétariens, ils avaient tendance à être plus riches en plantes et moins dépendants des aliments d’origine animale, reflétant des modèles alimentaires durables plus larges.
L'étude a également pris en compte les méthodes agricoles, en distinguant la production biologique et conventionnelle, en veillant à ce que celles-ci soient intégrées dans les estimations d'impact environnemental. Il a été reconnu que les analyses des accidents vasculaires cérébraux avaient une puissance statistique inférieure en raison du nombre moins élevé de cas d'incidents, ce qui limitait potentiellement la précision.
Implications plus larges pour la santé publique et les systèmes alimentaires durables
La présente étude fournit des preuves solides et complètes soutenant un scénario « gagnant-gagnant » : les régimes alimentaires ayant une faible empreinte environnementale globale sont associés à des bénéfices significatifs pour la santé. Même si l’étude était probablement biaisée pour inclure des volontaires soucieux de leur santé et proposant de meilleurs choix alimentaires globaux que la moyenne de la population, ces résultats renforcent l’idée selon laquelle les systèmes alimentaires durables sont un élément essentiel de la santé publique.
L'étude a évalué les pressions environnementales plutôt que de qualifier les régimes alimentaires de végétariens ou non, soulignant que les avantages pour la santé et l'environnement découlent de la composition alimentaire globale plutôt que du type de régime catégorique. En démontrant la cohérence des résultats des analyses de sensibilité et des modèles structurels marginaux, les auteurs ont renforcé la robustesse de ces associations.
























