La pandémie de la maladie à coronavirus 19 (COVID-19), causée par le coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère (SARS-CoV-2), a présenté un défi sans précédent à la communauté scientifique. L’une des questions cruciales auxquelles sont confrontés les scientifiques concerne l’ampleur et la durabilité de la réponse immunitaire au SRAS-CoV-2, étant donné que les réponses d’anticorps spécifiques au virus sont de durée relativement courte.
Étude : La fonction est plus fiable que la quantité pour suivre la réponse humorale au domaine de liaison aux récepteurs de la protéine SARS-CoV-2-Spike après une infection naturelle ou une vaccination au COVID-19. Crédit d’image : Style de vie True Touch/Shutterstock
La cinétique de la réponse humorale chez les vaccinés, avec et sans exposition préalable au SRAS-CoV-2, fait l’objet de recherches actives. La discussion porte principalement sur l’efficacité de la réponse immunitaire à une infection naturelle ou à la vaccination. Cependant, la question est plus complexe et nécessite une meilleure compréhension des réponses immunitaires innées et à médiation cellulaire. Ce dernier s’est avéré très efficace et durable contre l’infection naturelle SARS-CoV-2.
Une nouvelle étude traitant de cette question a été publiée dans Virus qui montre que les tests d’anticorps neutralisants fonctionnels sont des indicateurs plus pertinents que la présence ou l’absence d’anticorps de liaison.
Une nouvelle étude
Les chercheurs ont suivi une cohorte de 59 personnes d’origine hispanique/latino ayant déjà été exposées au SRAS-CoV-2 pour en savoir plus sur la cinétique de la réponse immunitaire humorale à une infection naturelle au fil du temps. Le groupe comprenait des personnes pré-exposées (symptômes légers) à l’infection et des personnes non exposées après la vaccination.
Les anticorps neutralisants (nAbs) se sont avérés diminuer avec le temps, soulignant l’utilité des tests de neutralisation fonctionnelle. Les individus pré-exposés ont généré des quantités similaires d’anticorps, après une dose de vaccin, que les personnes non exposées après deux doses de vaccin. Ces résultats ont des implications importantes pour les futures orientations de santé publique et la distribution mondiale de vaccins.
Des recherches antérieures ont montré une stabilisation à long terme des valeurs d’IgG anti‐S et des nAbs. Les résultats obtenus dans la présente étude pourraient être dus à une stabilisation à un plateau. Les chercheurs ont documenté que les nAb et les IgG anti‐S persistaient chez la plupart des patients guéris indépendamment de la gravité de la maladie, de l’âge et des comorbidités. Ces nAb ont duré jusqu’à huit mois à compter de l’apparition des symptômes. Cependant, une période de suivi plus longue pourrait être bénéfique pour comprendre la cinétique des anticorps sur des périodes plus longues.
Les scientifiques ont observé une capacité de neutralisation soutenue, qui est restée pertinente malgré la baisse des titres d’IgG. Certains individus avec des titres d’IgG indétectables ont conservé une activité de neutralisation (32-76 %), mesurée par un test de neutralisation du virus de substitution. Ce résultat suggère l’applicabilité des tests fonctionnels, mesurant le potentiel de neutralisation, au niveau de la population.
Des études récentes ont rapporté que les IgA anti‐RBD anti‐S sont positivement corrélées avec une persistance réduite du SRAS‐CoV‐2, les premières réponses humorales spécifiques au SRAS‐CoV‐2 sont dominées par les anticorps IgA, et l’isotype IgA contribue à la neutralisation du virus à un plus grande par rapport aux IgG. L’étude actuelle a révélé que l’IgG1 était l’isotype prédominant, tandis que la réponse IgA était plus limitée. Des résultats similaires ont été documentés en Inde, un pays fortement touché par la pandémie.
Les scientifiques ont également observé une tendance attendue au déclin des IgM, et deux sujets, qui étaient IgG‐/IgM+, ont également montré une activité neutralisante détectable deux et quatre mois après le prélèvement des premiers échantillons. Cela suggère que l’IgM peut contribuer à une capacité de neutralisation soutenue chez certains individus.
L’étude a révélé une baisse rapide des anticorps anti‐S seulement 40 à 80 jours après un rappel avec le vaccin à ARNm. Il a également révélé le niveau soutenu de capacité de neutralisation alors que les anticorps anti‐S diminuaient. Ce schéma de vaccination est le même que celui observé à la suite d’une infection naturellement acquise par le SRAS-CoV-2 dans la cohorte de l’étude.
La baisse des titres était plus rapide dans le groupe non exposé par rapport à leurs homologues pré-exposés. Les résultats suggèrent que des quantités similaires d’anticorps générés après l’infection naturelle étaient significativement meilleures fonctionnellement que l’infection naturelle précède la vaccination. L’infection naturelle peut développer les cellules B, provoquant ainsi la production d’anticorps plus spécifiques à S après la vaccination.
Conclusion
L’étude présente certaines limites, parmi lesquelles la plus importante est la taille limitée de l’échantillon et les données cliniques associées. L’examen du compartiment des lymphocytes T pourrait également bénéficier à ce travail, et cette recherche est déjà en cours. Il est difficile d’évaluer l’utilité de la deuxième dose de vaccin chez les individus pré-exposés à partir des résultats.
Malgré les limites, cette recherche approfondit notre compréhension des réponses immunitaires aux vaccins à ARNm au-delà des données fournies par les fabricants de vaccins. Il ne fait aucun doute que l’infection naturelle conduit à une réponse immunitaire humorale et cellulaire forte et de qualité supérieure. Par conséquent, on ne sait pas pourquoi cela n’est pas pris en compte dans les directives de sécurité publique.
Dans ce contexte, les résultats documentés dans cette étude sont très pertinents pour envisager une standardisation des méthodes. Ces méthodes pourraient servir d’outils pour suivre les réponses immunitaires après la vaccination et fournir un corrélat de protection.
















