Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’obésité demeure une menace importante pour la santé publique mondiale. L’excès de graisse corporelle s’accumule lorsque plus d’énergie est consommée que brûlée ; cependant, il reste un manque de recherche sur le mécanisme responsable de ce déséquilibre énergétique.
Dans une étude récente publiée dans Transactions philosophiques de la Royal Society Bles chercheurs discutent de l’hypothèse de l’effet de levier protéique (PLH) comme approche pour comprendre les causes sous-jacentes de l’obésité.
L’objectif principal de cet article était de plaider en faveur d’une adoption plus large d’approches intégratives prenant en compte la réalité et les complexités de la recherche sur l’obésité, y compris les influences moléculaires, comportementales, culturelles et géopolitiques à travers le monde. De plus, les chercheurs présentent un cadre intégrateur développé à partir de l’écologie nutritionnelle, des sciences écologiques et de la géométrie nutritionnelle et illustrent comment ceux-ci sont appliqués pour examiner les causes sous-jacentes de l’obésité.
Étude: L’appétit protéique comme intégrateur dans le système d’obésité : l’hypothèse du levier protéique. Crédit d’image : Lightspring/Shutterstock.com
Sommaire
Géométrie nutritionnelle
L’écologie nutritionnelle combine les sciences nutritionnelles et écologiques, en se concentrant sur l’interaction entre la nutrition et la biologie chez l’homme et l’animal. Comparativement, la géométrie nutritionnelle est un cadre analytique qui examine comment la nutrition et la biologie se recoupent dans les environnements alimentaires.
À l’aide de représentations géométriques multidimensionnelles, la géométrie nutritionnelle analyse les effets interactifs et individuels des composants alimentaires. Ce cadre peut également incorporer des variables complémentaires, ce qui le rend idéal pour le développement de modèles intégratifs qui étudient les interactions entre les nutriments et leur relation avec les facteurs biologiques et environnementaux.
Protéines et obésité
Malgré la prévalence croissante de l’obésité chez l’homme en raison d’un apport énergétique excessif sous forme de graisses et de glucides, la consommation de protéines est restée stable. La perspective des systèmes intégratifs suggère que la dilution des protéines par les glucides et les graisses à forte densité énergétique peut entraîner une augmentation de l’apport alimentaire et un excès de calories, contribuant ainsi à l’obésité.
Les appétits spécifiques aux nutriments comprennent l’appétit pour les protéines, les graisses, les glucides et les minéraux comme le sodium et le calcium. Ces appétits spécifiques ont été observés chez de nombreux organismes, indiquant ainsi que la spécificité est répandue dans la nature.
Bien que les aspects comportementaux des appétits spécifiques aux protéines soient bien documentés, les chercheurs étudient toujours les mécanismes sous-jacents de la régulation de l’apport en protéines, notamment les voies neuronales, la modulation sensorielle et les signaux endocriniens comme le facteur de croissance des fibroblastes 21 (FGF21).
Trois essais contrôlés randomisés (ECR) ont étudié la priorisation des protéines comme mécanisme permettant d’influencer l’apport énergétique humain. Ces essais ont indiqué que l’augmentation des proportions de protéines alimentaires de 10 % à 30 % de l’apport énergétique total avait un impact significatif sur la consommation énergétique. Ainsi, l’effet de levier protéique se situe dans cette fourchette de 10 à 30 %, avec moins de 10 % de protéines insuffisantes pour réguler l’apport énergétique.
Un autre aspect essentiel de l’étude de l’effet de levier des protéines dans la consommation énergétique consiste à analyser le lien entre la variation écologique de la proportion d’énergie dérivée des protéines et l’apport énergétique réel dans le monde réel. Plusieurs études, notamment de vastes ECR, des analyses de tendances longitudinales et des données basées sur la population, ont fourni des preuves écologiques de la PLH, nombre d’entre elles montrant une relation inverse entre l’apport énergétique et la teneur en protéines alimentaires. Cela était encore plus vrai dans la fourchette de 10 à 30 % de protéines, ce qui conforte le concept de levier protéique.
Études sur la dilution des protéines
Plusieurs études écologiques ont étudié les causes de la dilution des protéines dans l’alimentation et son lien avec l’augmentation de l’apport énergétique. À cette fin, la consommation d’aliments ultra-transformés (UPF) est directement liée à la dilution des protéines alimentaires avec les glucides et les graisses, ce qui entraîne un apport énergétique total plus élevé.
Dans une étude comparant les régimes ultra-transformés et les aliments complets, les chercheurs ont démontré que l’effet de levier sur les protéines peut jouer un rôle dans l’augmentation de l’apport calorique lorsque les sujets choisissent des UPF savoureux et faibles en protéines. Ainsi, certains facteurs tels que la commodité, la commercialisation, le coût et l’appétence des UPF peuvent contribuer à leur surconsommation, ce qui souligne la nécessité d’examiner pourquoi les UPF sont préférés aux alternatives alimentaires plus saines.
Les modèles intégratifs dans la théorie de l’effet de levier des protéines fournissent un cadre pour étudier les phénomènes inexpliqués liés aux protéines alimentaires ainsi que les besoins et dépenses énergétiques. Ces modèles suggèrent qu’une augmentation disproportionnée des besoins en protéines par rapport aux besoins énergétiques non protéiques peut entraîner une prise de poids liée à l’âge, une susceptibilité à l’obésité et des difficultés à maintenir une perte de poids.
Des facteurs tels que la résistance à l’insuline, les transitions dans le mode de vie, les changements métaboliques, l’alimentation en début de vie, les variations génétiques et le microbiote intestinal peuvent influencer l’exploitation des protéines et, par conséquent, les modifications du risque d’obésité au niveau individuel et de la population.
Conclusions
L’obésité est une condition complexe influencée par les interactions entre plusieurs facteurs, tels que la psychologie, la biologie et l’environnement alimentaire. Cette revue complète présente un modèle intégratif d’obésité qui met en évidence le rôle de la carence en protéines et des déséquilibres en acides aminés dans le déclenchement de comportements de recherche de protéines par le biais d’un appétit accru pour les protéines.
Le modèle décrit dans cette étude souligne l’importance de prendre en compte les facteurs sociétaux et environnementaux pour comprendre et lutter contre l’épidémie d’obésité. De plus, cela souligne la nécessité d’adopter une perspective globale pour identifier les points d’intervention durables pour gérer l’obésité et les complications associées.

















