Depuis leur apparition, les cigarettes électroniques ont aidé des dizaines de milliers de fumeurs et fumeuses à faire leur sevrage tabagique. Mais existe-t-il des cigarettes électroniques spécifiquement conçues à des fins médicales ? Pas encore en France, mais c’est le cas en Australie !
Sommaire
Les dispositifs électroniques de délivrance de nicotine (SEDEN)
Existe-t-il des cigarettes électroniques considérées comme des dispositifs médicaux ? La réponse est claire à ce jour : non, les cigarettes électroniques classiques ne sont pas reconnues comme des dispositifs médicaux dans la majorité des pays, dont la France. Santé et bien-être ne riment pas avec vapotage ! Les e-cigarettes sont considérées comme des produits de consommation, encadrés par des réglementations spécifiques, mais distinctes du domaine médical.
Un dispositif médical est un produit ayant une finalité thérapeutique reconnue, validée par des autorités de santé, et soumis à des études cliniques rigoureuses. Cela inclut par exemple les patchs à la nicotine, les gommes ou les inhalateurs prescrits pour arrêter de fumer. La cigarette électronique, bien qu’utilisée par certains dans une démarche de sevrage tabagique, n’a pas officiellement ce statut. Elle n’est donc pas prescrite comme un médicament, et son efficacité n’est pas validée de la même manière par les autorités sanitaires.
Pourquoi certains médecins recommandent la cigarette électronique à leurs patients ?
Si la vape n’est pas reconnue comme un outil de sevrage tabagique officiel aux yeux de l’Assurance Maladie, Australie. Le pays a souhaité prendre cette mesure radicale afin d’enrayer le phénomène d’addiction à la vape qui touche de nombreux jeunes, notamment des mineurs. Les produits sont exclusivement vendus en pharmacie et ont des packagings neutres, qui ne les rendent pas attractifs. En elles-mêmes, ces cigarettes électroniques et e-liquides ne sont pas différents dans leur fonctionnement et composition de ceux que l’on peut trouver en France, c’est juste que leur vente est limitée à un cadre médical.
Pour ce qui est du résultat de la vente restreinte des produits de vapotage en Australie, l’opération est mitigée. En effet, tout un réseau de dealers de vape s’est développé, avec un marché noir en plein essor et incontrôlable. Des e-liquides non conformes aux normes de sécurité déferlent ainsi sur le pays, sans que le gouvernement ne puisse y mettre fin. Certains médias parlent même de guerre des vapes à propos des conflits entre gangs de dealers, qui peuvent dégénérer et se terminer dans des bains de sang. Pour le moment, le gouvernement n’envisage pas de retour en arrière par rapport à la vente de cigarette électronique restreinte aux pharmacies uniquement.
Le Royaume-Unie, une approche étonnante de la vape
Dans d’autres pays, le gouvernement a distribué des kits de vapotage aux personnes dépendantes au tabac. Ce fut le cas au Royaume-Uni, puisque le gouvernement avait décidé en 2023 de fournir à un million de fumeurs à travers le pays des cigarettes électroniques. Une approche radicalement différente de celle de l’Australie ! L’objectif était clair : aider la population dépendante au tabac à arrêter de fumer. Une telle action n’est pas envisageable en France à l’heure actuelle, à une période où, au contraire, la législation va plutôt dans le sens du durcissement pour le marché de la vape.
Certaines mutuelles voient la cigarette électronique comme un produit lié à la santé
Très clairement, la vape en France n’est pas perçue comme un produit médical par l’Assurance Maladie. Néanmoins, certaines mutuelles françaises commencent à rembourser les produits pour la vape afin de faciliter l’arrêt du tabac de leurs bénéficiaires. Évidemment, il ne s’agit pas de toutes les mutuelles, mais elles sont de plus en plus nombreuses à intégrer le remboursement partiel de produits de vapotage dans leurs offres.
Ainsi, une personne qui n’arrive pas à faire son sevrage tabagique avec les méthodes traditionnelles peut demander à ce que ses achats de cigarettes électroniques et d’e-liquides soient remboursés, tout du moins partiellement. Il n’y a pas besoin d’ordonnance ni d’acheter des produits en pharmacie, uniquement de la facture du magasin ou du site Internet à l’origine de la vente afin de la transmettre à la mutuelle.
Le fait que des mutuelles françaises aient cette approche de la vape pourrait changer la donne dans l’évolution de la perception de celle-ci par le gouvernement. Il faudra du temps et sans doute de nouvelles études sur les alternatives au tabac pour que cette idée suive son cheminement. À noter que l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) avait réalisé en 2023 un rapport sur les nouveaux produits au tabac ou à base de nicotine, qui conclut qu’il est important de lancer de nouvelles études et de « Demander à l’Anses de publier rapidement l’évaluation des risques sanitaires qu’elle conduit concernant l’ensemble de ces produits », ce qui permettra d’adopter de nouvelles lignes de conduite par la suite.
















