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Actualités médicales

La légalisation et la commercialisation du cannabis provoquent-elles davantage d’accidents de la route ?

Study: Cannabis-Involved Traffic Injury Emergency Department Visits After Cannabis Legalization and Commercialization. Image Credit: Yarygin/Shutterstock.com

Dans une étude récente publiée dans le Réseau JAMA ouvert Journal, des chercheurs ont mené une étude transversale pour étudier les impacts de la légalisation du cannabis sur les accidents de la route en Ontario, au Canada.

Étude: Visites aux urgences pour des blessés de la route liés au cannabis après la légalisation et la commercialisation du cannabis. Crédit d’image : Yarygin/Shutterstock.com

Arrière-plan

L’étude récente a recensé 426 accidents de la route liés au cannabis ayant entraîné des admissions aux services d’urgence des hôpitaux au cours des 13 dernières années.

Ils signalent une augmentation de 475,3 % des accidents de la route liés au cannabis, mais soulignent que la commercialisation, et non la légalisation, est responsable de cette multiplication par quatre.

Bien que cette augmentation soit significative, la proportion globale des accidents de la route liés à un usage récréatif reste minuscule et dérisoire en comparaison des accidents de la route, bien plus répandus, liés à l’alcool.

Impacts de la légalisation du cannabis

Le cannabis est une drogue psychoactive dérivée de plantes du genre Cannabacées. Originaire d’Asie centrale et d’Asie du Sud, cette drogue est utilisée depuis des siècles à des fins récréatives, médicinales et enthéogènes.

Consommée principalement en fumant, la consommation de cannabis, en particulier à des fins récréatives, a été pour l’essentiel interdite par la loi, avec jusqu’à présent huit pays seulement légalisant la consommation récréative de cannabis par les adultes.

Après l’Uruguay, le Canada est devenu le deuxième pays au monde à légaliser la vente sous licence de cannabis pour la consommation récréative des adultes le 17.ème d’octobre 2018. La consommation de cannabis entraîne cependant des symptômes d’intoxication, présentant un risque immédiat de collision de véhicules à moteur, la durée du risque dépendant du dosage et de l’acclimatation au médicament.

Pour contrer cela, le gouvernement canadien a imposé des limites aux niveaux sanguins de tétrahydrocannabinol (THC), autorisant un maximum de 2 ng/mL, au-delà desquelles des accusations criminelles seraient portées contre les conducteurs en état d’ébriété.

Les impacts de la légalisation du cannabis sur les accidents de la route restent mal compris, seules quelques études examinant le phénomène. La plupart de ces études se concentrent sur le contexte américain, avec seulement deux études menées au Canada.

Les résultats de cette recherche sont déroutants, certaines études faisant état d’une augmentation des accidents mortels de véhicules à moteur, tandis que d’autres ne signalent aucun changement dans les tendances de base des accidents de véhicules après la légalisation du cannabis.

Notamment, la plupart des données sur les accidents de la route liés au cannabis, en particulier au Canada, chevauchent celles de la pandémie de maladie à coronavirus 2019 (COVID-19), au cours de laquelle la circulation des véhicules a été largement restreinte.

Il est donc nécessaire de comparer les tendances des collisions de véhicules liées au cannabis avant et après la légalisation, tout en tenant compte de la réduction globale des accidents pendant la pandémie.

À propos de l’étude

Dans la présente étude, les chercheurs ont cherché à étudier les changements au niveau de la population dans les admissions aux urgences pour accidents de la route avant et après la légalisation du cannabis non médical en Ontario, la province la plus peuplée du Canada (14,3 millions d’individus en 2018).

Leur conception d’étude transversale répétée a suivi les directives de renforcement du reporting des études observationnelles en épidémiologie (STROBE), avec des données acquises à partir d’une base de données qui a capturé 100 % des visites à l’urgence.

Les chercheurs ont inclus les données sur les visites aux urgences de véhicules à moteur, de cyclistes et de piétons de janvier 2010 à décembre 2021, à l’exclusion des personnes de moins de 16 ans (âge légal pour conduire au Canada). Les données ont été divisées en trois périodes d’exposition :

« avant la légalisation (janvier 2010-septembre 2018), après la légalisation mais avec des magasins de vente au détail restreints et des produits à base de cannabis (ci-après, légalisation) (octobre 2018-mars 2020), et après la légalisation avec des magasins de détail illimités et des produits élargis (ci-après, commercialisation), qui a chevauché la pandémie de COVID-19 (avril 2020-décembre 2021).

La Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes, dixième révision (CIM-10), a été utilisée pour identifier et classer les visites aux urgences impliquant la consommation de cannabis. Parallèlement à la consommation d’alcool (la condition témoin de l’étude), la consommation de cannabis a été codée comme « séjours à l’hôpital pour préjudice causé par la consommation de substances ».

La recherche a compilé des données covariables supplémentaires comprenant la ruralité du quartier et le quantile de revenu, l’âge, le sexe et les antécédents préexistants en matière de santé mentale ou de toxicomanie.

Enfin, les modèles quasi-Poisson ont généré des ratios de taux (nombre d’individus pour 100 000 et 1 000 visites aux urgences pour accidents de la route).

Le temps de collision a été inclus en tant que variable linéaire et utilisé pour créer deux modèles indépendants, l’un tenant compte uniquement de la saisonnalité et l’autre de la saisonnalité et des tendances temporelles.

Des régressions logistiques multivariées ont été utilisées pour identifier les prédicteurs du cannabis, de l’alcool ou des deux comme responsables des admissions aux urgences.

Résultats de l’étude

Entre janvier 2010 et décembre 2021, 947 604 visites aux urgences liées à des accidents de la route ont été enregistrées, dont 426 (0,04 %) impliquaient la consommation de cannabis. Quatre cent dix-huit personnes ayant subi des blessures de la route causées par le cannabis ont été identifiées (huit incidents impliquant la même personne impliquée dans plus d’une collision de la route).

Les individus étaient âgés en moyenne de 30,6 ans (intervalle de 18,6 à 42,6 ans) et étaient majoritairement de sexe masculin (78,9 %). Notamment, 33 % des individus appartenaient au quintile de revenu le plus bas, les quartiers les plus pauvres étant plus susceptibles d’être exposés aux études que leurs homologues plus aisés.

« La cause la plus fréquente des visites aux urgences liées au cannabis était la consommation nocive de cannabis (n = 175, 41,1 %), suivie de l’intoxication aiguë (n = 141, 33,1 %) et de la dépendance ou du sevrage au cannabis (n = 41, 9,6 %). »

Les analyses ont révélé qu’au cours de la période d’étude de 13 ans, les admissions aux urgences liées au cannabis sont passées de 0,18 pour 1 000 personnes (2010) à 1,01 en 2021 (soit une augmentation de 475,3 %). Par habitant, les visites aux urgences pour cannabis ont augmenté de 0,13 pour 100 000 individus (2010) à 0,54 pour 100 000 individus (2021 ; 326,6 %), tandis que les visites aux urgences liées à l’alcool ont diminué de 5,83 à 4,73 sur la même durée (18,9 %). .

« Après ajustement en fonction des tendances saisonnières et temporelles, l’augmentation du nombre total de visites aux urgences pour accidents de la route liées au cannabis n’était plus significative pendant la période de légalisation restreinte et a été réduite en ampleur pendant la période de commercialisation/COVID-19. L’augmentation temporelle et désaisonnalisée (unStRR) des visites liées à des substances par accident de la route pendant la période de commercialisation/COVID-19 est resté plus élevé pour le cannabis (unStFR, 1,74 ; IC à 95 %, 1,03-2,96) que l’alcool (unStFR, 1,32 ; IC à 95 %, 1,14-1,53) »

Conclusions

La présente étude a examiné les impacts de la légalisation et de la vente commerciale du cannabis à des fins récréatives pour adultes sur les visites aux urgences liées à des accidents de la route entre 2010 et 2021 en Ontario, au Canada.

Les analyses des 947 604 visites aux urgences liées à des accidents de la route enregistrées au cours de cette période ont révélé une multiplication par quatre des collisions routières liées au cannabis, même si des enquêtes canadiennes n’ont révélé aucune augmentation de la conduite automobile suite à la consommation de cannabis dans la province avant et après la légalisation. La même période a vu une réduction de 19 % des incidents liés à l’alcool.

Les résultats ont révélé que les jeunes adultes de sexe masculin étaient plus susceptibles de causer ou d’être impliqués dans des collisions routières liées au cannabis, les communautés à faible revenu étant plus à risque que leurs homologues plus riches.

Malgré l’augmentation alarmante signalée, la consommation de cannabis reste un contributeur mineur aux accidents de la route (1,01 %), contre 8,79 % pour la consommation d’alcool.

En résumé, cette étude met en évidence les individus les plus à risque d’accidents de la route liés au cannabis, qui doivent être la cible d’interventions utilisant une combinaison d’éducation et de politique législative pour garantir que la consommation future de cannabis reste sûre, tant pour les utilisateurs que pour ceux qui y sont exposés. profiter des effets de l’herbe.

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