Une étude portant sur 77 joueurs de hockey masculin révèle que 96,4 % des professionnels souffraient d'ETC, avec un risque et une gravité augmentant avec chaque année de jeu.
Dans une étude récente publiée dans Réseau JAMA ouvertdes chercheurs ont étudié comment l'exposition à un traumatisme crânien lié à la pratique du hockey sur glace peut augmenter le risque d'encéphalopathie, de démence et d'état fonctionnel.
Leurs résultats indiquent que les joueurs professionnels présentent une prévalence élevée d'encéphalopathie et un lien entre la durée pendant laquelle ils ont joué au hockey sur glace (en années) et leur risque de développer cette maladie.
Arrière-plan
L'encéphalopathie traumatique chronique (ETC) est une maladie cérébrale causée par des impacts répétés à la tête (RHI). Il s’agit d’une maladie neurodégénérative qui est principalement observée dans les sports de contact, mais qui ne peut être diagnostiquée qu’en examinant le cerveau après la mort, caractérisée par une pathologie distincte de la protéine tau (unité associée à la tubuline) qui la différencie des autres conditions.
Des recherches antérieures ont montré des relations claires entre les sports de contact pratiqués par les individus et leur risque de CTE. Par exemple, des études sur des athlètes jouant au football américain montrent que chaque année supplémentaire de jeu augmente les chances de développer une CTE de 30 %, augmentant jusqu'à 14 % dans les cas graves. Des résultats similaires ont été observés chez les joueurs de rugby, ceux qui jouaient plus longtemps présentant un risque plus élevé de CTE.
Moins de cas de CTE ont été signalés chez les athlètes jouant au hockey sur glace, mais ils sont exposés de manière significative au RHI lors d'activités telles que les combats et les contrôles. Les athlètes jouant au hockey junior dans des ligues qui autorisent les mises en échec courent un risque trois fois plus élevé de blessures à la tête que ceux des ligues qui ne le permettent pas. Les agents de la Ligue nationale de hockey (LNH), connus pour leurs combats, meurent en moyenne 10 fois plus tôt que les non-exécuteurs.
Une étude de 2021 a révélé que 6 athlètes sur 11 ayant joué au hockey sur glace à un niveau élite et décédés souffraient de CTE. Une autre étude combinant le hockey sur glace et les athlètes de la Ligue canadienne de football n'a pas trouvé de lien clair entre le CTE et la position occupée ou la durée de leur carrière, probablement en raison de la taille limitée de l'échantillon.
À propos de l'étude
Dans cette étude, les chercheurs ont testé si la durée de la pratique du hockey sur glace et le statut d'exécuteur étaient liés à une gravité et un risque plus élevés de CTE. Ils visaient à évaluer si la gravité de la CTE est liée au diagnostic de démence ainsi qu'à des troubles du fonctionnement quotidien chez les personnes atteintes de CTE.
Les banques de cerveaux ont identifié les personnes qui avaient fait don de leur cerveau, en se concentrant sur les athlètes masculins jouant principalement au hockey sur glace, du niveau jeunesse au niveau professionnel. L'origine ethnique et la race des donneurs ont été enregistrées. Les informateurs ont fourni des données sur l'âge auquel les donateurs ont commencé et terminé leur carrière de hockey, les années de jeu, les positions et les niveaux de jeu. On a également noté s'ils pratiquaient d'autres sports de contact.
Les chercheurs ont également collecté des données cliniques à partir de dossiers médicaux pour évaluer le fonctionnement quotidien et diagnostiquer la démence à l'aide de critères spécifiques. Ils ont ensuite mené des analyses neuropathologiques pour mesurer la protéine tau phosphorylée (tau) dans 11 régions du cerveau. Des analyses statistiques ont été utilisées pour analyser la relation entre les années de hockey jouées, la charge cumulée de tau et le diagnostic de CTE. Les modèles ont été ajustés en fonction de la position jouée, du nombre de commotions cérébrales et de l'âge.
Résultats
L’étude a porté sur 77 donneurs, tous blancs, avec un âge médian de 51 ans. Le diagnostic d'ETC a été posé pour 42 donneurs, soit 54,5 % de la population étudiée. Les maladies neurodégénératives représentaient 26,2 % des décès, tandis que le suicide représentait 28,6 %.
Sur les 28 joueurs de hockey sur glace ayant joué professionnellement, 27 ont reçu un diagnostic de CTE. Les joueurs de la LNH avaient une probabilité de 94,7 % d'avoir une CTE, tandis que les joueurs de niveau semi-professionnel présentaient une prévalence de 46,4 %. Seulement 9,5 % des jeunes joueurs (par exemple, ceux du niveau secondaire) ont reçu un diagnostic de CTE.
Près de 82 % des exécuteurs avaient un CTE mais avaient en moyenne une carrière plus longue, plus de combats et plus de minutes de pénalité par match que les autres joueurs. Sur la base de la durée de leur carrière, près de 96 % des joueurs ayant joué pendant plus de 23 ans présentaient un CTE, contre un peu plus de 19 % ayant joué moins de 13 ans. La charge en tau augmente également avec la durée de la carrière.
Les chercheurs ont trouvé des preuves d'une relation dose-réponse, chaque année supplémentaire passée à pratiquer ce sport contribuant de 34 % aux chances d'un diagnostic de CTE et augmentant la charge totale de tau de 0,037 écart-type. Aucune relation significative n’a été trouvée avec le fait d’être un exécuteur.
Conclusions
Cette étude contribue aux preuves liant le hockey sur glace au CTE et suggère que la durée du jeu est un facteur clé dans le risque de CTE. Bien que ces résultats soient indicatifs, deux limites importantes sont le manque de diversité de l'échantillon et le fait que le don de cerveau pourrait ne pas être représentatif de la population globale des joueurs de hockey sur glace masculins.
















