Une nouvelle étude de National Jewish Health aide à expliquer comment l’exposition à la fumée des brûlis et à la poussière du désert peut endommager les poumons des militaires déployés dans des régions comme l’Afghanistan et l’Irak. La recherche, publiée dans Biologie et médecine des radicaux libres(Ouvre dans une nouvelle fenêtre) met en lumière les raisons pour lesquelles les anciens combattants exposés à ces environnements sont confrontés à des taux plus élevés d'asthme et d'autres problèmes respiratoires à long terme.
Les brûloirs, utilisés pour éliminer les déchets lors des opérations militaires, libèrent de minuscules particules dans l’air. Ces particules peuvent être inhalées profondément dans les poumons, mais jusqu’à présent, les scientifiques n’ont pas pleinement compris comment elles provoquent des lésions pulmonaires durables. Dans cette étude, les chercheurs ont comparé les particules collectées en Afghanistan avec de la poussière similaire du désert de Californie afin de mieux comprendre leurs effets sur les cellules immunitaires pulmonaires.
Les résultats montrent que les particules liées à l’exposition aux brûlis provoquent une inflammation et un stress plus importants dans les cellules immunitaires pulmonaires que la poussière typique du désert. Ces particules activent une réponse immunitaire qui peut entraîner une inflammation continue et des lésions tissulaires, contribuant ainsi à expliquer pourquoi certains militaires développent des problèmes respiratoires chroniques après le déploiement.
Cette étude fournit des informations importantes sur la manière dont les particules liées au déploiement affectent les cellules immunitaires des poumons. Nos résultats identifient le récepteur Toll-like 2 (TLR2) comme médiateur clé de l'inflammation provoquée par les particules associées aux brûlures et suggèrent que cibler cette voie peut offrir de nouvelles stratégies pour protéger ou traiter les individus exposés pendant le service militaire.
Brian Day, PhD, vice-président de la recherche et directeur du Bureau de l'innovation en recherche à National Jewish Health, et chercheur principal de l'étude
À l’aide de lignées cellulaires monocytes précliniques et de macrophages primaires dérivés de la moelle osseuse, les chercheurs ont évalué comment les particules du désert d’Afghanistan (APM) et les particules du désert de Californie (CPM) affectent la signalisation immunitaire et les réponses inflammatoires. Ils ont mesuré la production d’oxyde nitrique, de peroxyde d’hydrogène et de cytokines inflammatoires, qui sont des facteurs clés de l’inflammation pulmonaire et des lésions tissulaires.
Les résultats ont montré que l’APM était significativement plus toxique pour les macrophages que le CPM, produisant un stress oxydatif et des réponses inflammatoires plus forts. Ces résultats suggèrent que l’exposition aux particules liée au déploiement peut exposer les combattants à un risque accru de maladie respiratoire à long terme.
Les principales conclusions comprennent :
- L'APM a déclenché des réponses plus fortes à l'oxyde nitrique et aux cytokines que le CPM, indiquant une réaction inflammatoire plus intense.
- L'activation de TLR2 a amplifié la signalisation inflammatoire, tandis que le blocage de TLR2 a réduit les réponses à l'exposition à l'APM.
- L'APM a augmenté les marqueurs macrophages pro-inflammatoires (M1), un effet qui a été diminué dans les macrophages dépourvus de TLR2, soulignant le rôle central du récepteur dans la conduite de l'inflammation.
La recherche représente une étape importante vers la compréhension des fondements biologiques des maladies respiratoires liées au déploiement. Il fournit de nouvelles informations pour aider à orienter les futures approches diagnostiques et thérapeutiques pour les anciens combattants et les militaires concernés.















