Dans une étude récente publiée dans Ouverture du réseau JAMALes chercheurs ont étudié la relation entre l’exposition à long terme à la pollution atmosphérique et le développement du psoriasis, ainsi que la manière dont la susceptibilité génétique pourrait affecter cette relation et le risque de psoriasis.
Leurs résultats indiquent qu’une exposition prolongée à divers polluants atmosphériques augmente considérablement la probabilité de développer un psoriasis, en particulier chez les personnes ayant une prédisposition génétique.
Étude : Exposition à la pollution atmosphérique, susceptibilité génétique et risque de psoriasis au Royaume-Uni. Crédit photo : Ternavskaïa Olga Alibec / Shutterstock
Sommaire
Arrière-plan
Le psoriasis est une maladie cutanée courante qui provoque des rougeurs, des démangeaisons et une gêne persistantes. Il s'agit d'une maladie auto-inflammatoire, c'est-à-dire provoquée par des réactions immunitaires.
Le psoriasis étant une maladie chronique, il peut entraîner des problèmes physiques et économiques importants et être associé à d’autres problèmes de santé comme les maladies cardiovasculaires et l’arthrite. Bien qu’il n’existe pas de remède, les traitements visent à gérer les symptômes, mais ils s’accompagnent souvent d’effets secondaires et de coûts élevés.
L’incidence du psoriasis est en hausse, en particulier dans les pays riches, ce qui en fait un problème de santé publique croissant. Des études antérieures ont montré un lien entre la pollution atmosphérique à court terme et l’augmentation des visites à l’hôpital liées au psoriasis dans des pays comme la Chine, la Corée du Sud et l’Italie.
Cependant, il existe peu de preuves sur les effets à long terme de la pollution atmosphérique et de son interaction avec les facteurs génétiques sur le risque de développer un psoriasis.
À propos de l'étude
Les chercheurs ont étudié la relation entre l’exposition à divers polluants atmosphériques sur une période prolongée et l’incidence du psoriasis en utilisant les données de la UK Biobank, une vaste base de données comptant plus de 500 000 personnes âgées de 37 à 73 ans, en se concentrant sur la manière dont la susceptibilité génétique pourrait influencer ce risque.
L’étude a inclus des personnes sans psoriasis au départ et a exclu celles dont les données manquaient, ce qui a donné lieu à 474 055 participants pour l’analyse.
Données sur la pollution atmosphérique, notamment pour les particules fines d'un diamètre inférieur à 2,5 micromètres (PM2.5), particules de diamètre inférieur à 10 micromètres (PMdix), dioxyde d'azote (NO2) et les oxydes d’azote (NOX), ont été collectées auprès du ministère britannique de l'environnement, de l'alimentation et des affaires rurales et mises en correspondance avec l'historique résidentiel des participants.
Le risque génétique a été évalué à l'aide de scores de risque polygénique (PRS), qui combinent les effets de nombreuses petites variations génétiques pour estimer la probabilité qu'un individu développe un psoriasis. Les cas de psoriasis apparus au cours de l'étude ont été identifiés à l'aide de dossiers médicaux et d'auto-déclarations.
Les chercheurs ont utilisé des modèles statistiques qui tenaient compte des changements dans le temps pour évaluer la relation entre la pollution de l’air, le risque génétique et le développement du psoriasis. Ils ont ajusté des facteurs comme l’âge, le sexe, l’origine ethnique, le mode de vie et les antécédents médicaux. Les modèles ont examiné les niveaux de polluants atmosphériques en tant que mesures continues et les ont divisés en quatre groupes en fonction des niveaux d’exposition. Ils ont examiné comment le risque génétique et la pollution de l’air influaient ensemble sur le risque de psoriasis.
Pour garantir la fiabilité des résultats, les chercheurs ont effectué des analyses supplémentaires pour vérifier les facteurs d’influence cachés, en se concentrant davantage sur les participants qui avaient vécu à la même adresse pendant toute la période d’étude.
Résultats
Les participants, qui avaient en moyenne 57 ans, ont participé à l’étude pendant près de 12 ans. Au cours de cette période, 4 031 nouveaux cas de psoriasis ont été identifiés. Les personnes qui ont développé du psoriasis étaient généralement plus susceptibles d’avoir un indice de masse corporelle (IMC) plus élevé, d’être hypertendues, d’avoir un taux de cholestérol élevé, d’être diabétiques, d’être des hommes et d’être des fumeurs tout en étant moins actives physiquement.
Les chercheurs ont constaté que des niveaux élevés de polluants atmosphériques étaient liés à un risque accru de développer un psoriasis. Le risque était plus élevé chez les personnes vivant dans les zones où les niveaux de ces polluants étaient les plus élevés. Par exemple, les personnes vivant dans les zones les plus polluées par les PM2.5 présentaient un risque deux fois plus élevé que ceux des zones les moins polluées.
En outre, les facteurs génétiques ont également joué un rôle important. Les participants atteints du syndrome de PRS, indiquant une plus grande prédisposition génétique, étaient plus susceptibles de développer un psoriasis. L’effet combiné d’un risque génétique élevé et d’une exposition élevée à la pollution atmosphérique a considérablement augmenté la probabilité de psoriasis, les risques les plus élevés étant observés chez les personnes présentant à la fois une prédisposition génétique élevée et une exposition élevée aux polluants.
Conclusions
Les chercheurs ont découvert qu’une exposition prolongée à la pollution atmosphérique et une prédisposition génétique augmentent considérablement le risque de développer un psoriasis. Cette association suggère que les facteurs environnementaux et génétiques jouent tous deux un rôle crucial dans l’apparition de cette affection cutanée. Les recherches précédentes se concentraient principalement sur les effets à court terme, tandis que cette étude a fourni une analyse complète à long terme.
L'étude présente les points forts de la taille importante de son échantillon et l'utilisation de données génétiques détaillées, qui permettent de tirer des conclusions solides. Elle comporte toutefois des limites, notamment un biais de sélection potentiel, l'accent mis sur une population européenne à prédominance blanche et l'impossibilité de tenir compte de la pollution de l'air intérieur ou sur le lieu de travail. La nature observationnelle de l'étude signifie que les inférences causales doivent être faites avec prudence.
Les recherches futures devraient explorer ces associations dans des populations plus diversifiées et inclure des évaluations détaillées de l’exposition individuelle. Les résultats soulignent la nécessité d’interventions ciblées pour réduire l’exposition à la pollution atmosphérique, en particulier chez les personnes présentant un risque génétique élevé, afin de prévenir potentiellement le psoriasis.

















