Les moustiques (par exemple, Aedes aegypti) sont des vecteurs communs pour de nombreux virus qui infectent la population humaine, tels que la dengue, le Zika et la fièvre jaune. Une seule femelle moustique peut piquer plusieurs humains au cours de ses trois à six semaines de vie. Aedes aegypti est un vecteur efficace car il a une forte volonté innée de chasser les hôtes humains via des signaux sensoriels, tels que la chaleur corporelle, le dioxyde de carbone expiré (CO2) et la couleur de la peau.
Étude : L’attraction différentielle des moustiques pour les humains est associée aux niveaux d’acide carboxylique dérivés de la peau. Crédit d’image : Fendizz/Shutterstock
Sommaire
Arrière plan
Bien que la chaleur corporelle et le CO2 sont des stimuli courants qui indiquent un animal vivant à sang chaud, une odeur de peau spécifique aide à identifier si la cible est non humaine ou humaine. De plus, bien qu’un grand nombre de recherches aient indiqué que les moustiques sont plus fortement attirés par certains individus que par d’autres, le mécanisme sous-jacent de ce comportement n’est pas encore clair.
Certaines spéculations non scientifiques associées à la raison pour laquelle certaines personnes attirent plus les moustiques que d’autres incluent la différence de groupe sanguin, la grossesse, l’infection par le parasite du paludisme et la consommation de bière. Néanmoins, l’explication la plus largement acceptée est les différences d’odeur de la peau dues au microbiote cutané unique d’un individu.
L’odeur de la peau humaine est un mélange de nombreux composés organiques dont la composition exacte n’a pas été étudiée de manière approfondie. De plus, l’ampleur de la variation interindividuelle de l’odeur de la peau doit encore être analysée en profondeur. Par conséquent, on ne sait pas quels composants sont essentiels à l’attraction des moustiques pour les humains.
Selon la composition exacte et la concentration de molécules spécifiques, des mélanges spécifiques d’odorants peuvent être moins ou plus attrayants. Par exemple, des recherches ont montré que le mélange d’ammoniac et d’acide lactique suscite fortement l’attraction des moustiques. De plus, les acides carboxyliques augmentent l’attraction des moustiques lorsqu’ils sont combinés avec de l’ammoniac et de l’acide lactique.
À propos de l’étude
Dans une nouvelle étude publiée dans la revue Cellule, les scientifiques ont évalué les composés dérivés de la peau qui font la distinction entre les humains très et faiblement attirants. Les voies sensorielles des moustiques nécessaires pour déterminer ces personnes ont également été analysées. Un test comportemental à deux choix a été développé pour tester l’attraction des moustiques avec un débit plus élevé. Cela a permis un échantillonnage fréquent et répété de sujets humains. Des échantillons d’odeur de peau humaine provenant de bas en nylon portés sur les avant-bras ont été prélevés sur 64 sujets humains. Après cela, les moustiques ont été étudiés pour déterminer quels bas de nylon les attiraient.
Principaux résultats
Une cohorte de personnes faiblement et fortement attractives pour les moustiques a été découverte. Il a également été documenté que le Orco (co-récepteur du récepteur odorant) n’était pas nécessaire pour les discriminer. De plus, l’attractivité différentielle des individus pour les moustiques s’est avérée stable sur plusieurs mois et liée à l’abondance d’acides carboxyliques associés à la peau.
Le groupe hautement attractif a produit des niveaux plus significatifs de trois acides carboxyliques, pentadécanoïque, heptadécanoïque et nonadécanoïque, et de dix autres composés non identifiés dans la même classe chimique. Cependant, le mélange spécifique de ces produits chimiques différait parmi les sujets très attrayants. Il a donc été conclu qu’il pourrait y avoir plusieurs raisons pour lesquelles un individu est très attractif pour les moustiques. Aucun produit chimique spécifique n’a été noté pour être produit en grande quantité pour des sujets moins attrayants.
L’attractivité d’un individu peut également dépendre des paramètres du groupe; « l’aimant des moustiques » dans un groupe pourrait recevoir plusieurs piqûres tout en laissant les humains les moins attrayants plus ou moins intacts. Il a été proposé qu’une attractivité exceptionnellement élevée ou faible était un « trait fixe » qui reste constant sur plusieurs années. La recherche a également montré que les jumeaux identiques sont plus attrayants pour les moustiques que les jumeaux fraternels, ce qui suggère la présence d’une composante génétique.
Il a été observé qu’il y avait une redondance importante dans la détection des odeurs cutanées d’origine humaine. Un mécanisme possible du récepteur ionotropique (IR) pourrait être son utilisation non pas d’un mais de trois co-récepteurs pour le système de récepteur odorant (OR). Les résultats documentés dans cette étude montrent que les moustiques ne font pas la distinction entre les humains faiblement et très attractifs en utilisant une seule odeur.
Remarques finales
L’étude actuelle a évalué l’association entre l’attractivité des humains pour les moustiques et l’abondance d’acide carboxylique dans la peau. Cependant, la causalité n’a pas pu être établie car cela nécessiterait de confirmer la nécessité et la suffisance de produits chimiques spécifiques pour le magnétisme des moustiques.
Comme mentionné ci-dessus, l’odeur de la peau humaine est un mélange complexe de plusieurs produits chimiques, et chacun nécessite sa méthode de détection spécialisée. Cette étude s’est principalement concentrée sur les groupes d’acides carboxyliques, mais elle n’a pas documenté de manière exhaustive tous les métabolites de la peau humaine. Par conséquent, d’autres types de composés peuvent influencer l’attraction différentielle des moustiques pour les humains. Cette question n’a pas été abordée dans cette étude.
Les auteurs ont souligné que les acides carboxyliques identifiés dans la présente étude n’étaient pas volatils, ce qui soulève la question de leur fonction d’attraction différentielle des moustiques pour les humains sur de longues distances. À l’avenir, différentes méthodes analytiques pourraient être utilisées pour identifier d’autres composés enrichis sur la peau qui attirent les moustiques.

















