Dans une récente étude publiée dans la revue SSM – Recherche qualitative en santédes chercheurs au Canada ont examiné des discours d’experts sur la vaccination contre la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) pendant la grossesse.
Les recommandations de vaccination contre le COVID-19 pendant la grossesse sont de plus en plus cohérentes en Australie, en Europe et en Amérique du Nord. Cependant, des incohérences concernant la vaccination pendant la grossesse étaient évidentes entre les directives nationales dans les premiers mois de vaccination. Au Canada, le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) est chargé de formuler des recommandations, mais les décisions sur la politique/le financement des vaccins sont prises par les provinces et les territoires (P/T).
Étude : Vaccination COVID-19 pendant la grossesse : comment les discours divergents sur la santé publique façonnent la responsabilité de la santé fœtale. Crédit d’image : Photographie d’Unai Huizi/Shutterstock
L’étude et les conclusions
La présente étude a évalué les discours d’experts en santé publique concernant la vaccination contre la COVID-19 pendant la grossesse. L’équipe a effectué une recherche Google entre le 4 et le 12 mai 2021 pour obtenir des textes sur la vaccination COVID-19 pendant la grossesse. Les résultats de la recherche ont été inclus s’ils contenaient des discours d’experts sur la vaccination pendant la grossesse pour informer les prestataires de soins de santé (PS), les décideurs et les femmes enceintes.
Ils ont effectué une analyse du discours pour examiner l’intertextualité, la construction sociale et les contradictions entre/au sein des textes. Les auteurs ont noté que les recommandations et les discours étaient discordants et parfois contradictoires dans les textes, y compris dans les mêmes P/T. La Société canadienne de fertilité et d’andrologie (SCFA) a recommandé la vaccination pendant la grossesse, décrivant l’innocuité théorique et les preuves préliminaires du transfert d’anticorps maternels lors de l’immunisation.
La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) a recommandé dès le début de la pandémie que les femmes enceintes se voient offrir des vaccins ou soient admissibles à la vaccination. Ils ont constamment mis l’accent sur les données émergentes/disponibles, l’autonomie individuelle et la sécurité de la vaccination pendant la grossesse.
La recommandation du CCNI comprenait des conseils discrétionnaires selon lesquels les femmes enceintes peuvent se voir offrir une vaccination complète, de préférence avec des vaccins à ARNm, si les avantages l’emportent sur les risques potentiels et si le consentement éclairé discute des preuves. Le CCNI a initialement recommandé en décembre 2020 que les vaccins ne soient pas systématiquement offerts pendant la grossesse jusqu’à ce que de nouvelles preuves soient disponibles.
Plus tard, le CCNI a mis à jour les directives discrétionnaires en mai 2021 pour recommander fortement les vaccins à ARNm aux femmes enceintes et allaitantes. Les fabricants de vaccins BioNTech, AstraZeneca, Janssen et Moderna ont déclaré sur les étiquettes des produits que l’innocuité du vaccin n’était pas encore établie chez les femmes enceintes.
Plusieurs textes PT font référence aux recommandations du CCNI/SOGC. Cependant, les textes recommandant la vaccination pendant la grossesse différaient des autres dans la même P/T. Par exemple, une infographie sur la santé publique de Toronto encourageait la vaccination, tandis qu’un texte du ministère de la Santé de l’Ontario suggérait que les femmes enceintes pouvaient opter pour la vaccination après avoir été conseillées par le professionnel de la santé.
Dix-neuf textes PT ont mis l’accent sur le droit des femmes enceintes de décider de se faire vacciner ou non. Plusieurs textes ont souligné les preuves sur le risque de COVID-19 pendant la grossesse, les données d’observation sur l’innocuité/l’efficacité des vaccins et le transfert d’anticorps maternels aux fœtus/nourrissons. De plus, les textes ont souvent mis en évidence des discours sur la maternité, laissant les femmes enceintes décider après avoir évalué le risque de vaccination inconnu par rapport au risque de COVID-19.
Par ailleurs, cinq textes mentionnent des mesures non pharmacologiques comme alternative à la vaccination pendant la grossesse. Deux textes suggéraient des mesures pour tout le monde lors de la vaccination, et sept recommandaient des mesures de sécurité supplémentaires pour les femmes enceintes vaccinées.
Huit textes ont fourni des orientations sur l’évaluation des risques spécifiques de COVID-19 pour les femmes enceintes, tandis que trente textes n’ont pas mentionné de mesures supplémentaires pour cette sous-population. Au niveau national, un texte de la SOGC spécifiait huit façons d’éviter la COVID-19, qui étaient plus critiques en cas de grossesse. Plusieurs textes PT demandent également aux femmes enceintes d’envisager d’autres moyens de prévenir la COVID-19 lorsqu’elles prennent des décisions en matière de vaccination.
conclusion
Les chercheurs ont noté des divergences dans les discours d’experts sur la vaccination contre le COVID-19 pendant la grossesse. La plupart des recommandations PT étaient basées sur celles du CCNI ou de la SOGC selon lesquelles les femmes enceintes peuvent ou doivent être vaccinées, respectivement. Les textes PT énumérant les recommandations des organismes consultatifs manquaient particulièrement de clarté. Par conséquent, une collaboration est nécessaire entre les organismes consultatifs nationaux et PT pour harmoniser les recommandations.
Les auteurs ont observé que les discours d’experts restreignaient l’autonomie des femmes et des femmes enceintes dans la prise de décision et les tenaient responsables d’éviter les risques pour leur(s) fœtus sans offrir de conseils ou de soutien clairs. Les divergences dans les discours sur la vaccination pendant la grossesse peuvent conduire à une perception accrue des risques et à une ambiguïté quant à la responsabilité de l’atténuation des risques.
Dans l’ensemble, les résultats ont montré que des divergences apparaissaient lorsque les décideurs et les professionnels de la santé étaient submergés par la base de preuves, les recommandations et les discours en croissance rapide. La nécessité de modifier les recommandations de vaccination pourrait être réduite si les données sur la vaccination des femmes enceintes/allaitantes étaient obtenues et analysées avant le déploiement du vaccin.
















