Une récente Journal européen de nutrition L’étude a exploré le risque d’adénocarcinome de l’œsophage (OAC) et de cancer de la tête et du cou (HNC) posé par la consommation d’aliments ultra-transformés (UPF). Cette analyse a été réalisée dans la cohorte européenne d’investigation prospective sur le cancer et la nutrition (EPIC).
Sommaire
Arrière-plan
Le lien entre l’étiologie des maladies et la transformation industrielle des aliments a récemment fait l’objet de beaucoup d’attention. Les UPF sont fabriqués à partir d’intrants tels que des huiles hydrogénées, des émulsifiants et des amidons modifiés, c’est-à-dire des produits que l’on ne trouve pas dans les cuisines. Ces produits sont prêts à consommer, bon marché et sont bien souvent consommés en quantités importantes. Quelques exemples d’UPF sont les collations sucrées ou salées emballées, les boissons gazeuses et les plats préparés de longue conservation ou surgelés.
Des recherches ont montré que la consommation d’UPF pourrait entraîner un risque accru de cancer. Dans la cohorte EPIC, une association positive entre HNC et OAC et la consommation UPF a été observée. Les UPF conduisent également à une adiposité plus élevée, un facteur de risque pour l’OAC. Dans une étude menée auprès de non-fumeurs, il a également été démontré que l’indice de masse corporelle est positivement associé au risque de HNC.
À propos de l’étude
L’objectif de la présente étude était d’approfondir les associations entre la consommation d’UPF et le risque de HNC et d’OAC. En plus d’étudier l’association entre UPF et HNC, les chercheurs ont également exploré les associations avec des sous-types de HNC, à savoir l’hypopharynx, le larynx, la cavité buccale, l’oropharynx et d’autres cancers. Les effets de facteurs supplémentaires, tels que le tabagisme, la consommation d’alcool et l’activité physique, ont également été analysés. De plus, à l’aide d’une analyse de médiation, le rôle de l’IMC dans l’association entre UPF et HNC et OAC a été étudié.
450 111 participants EPIC ont été inclus dans cette étude. Des régressions de Cox ont été utilisées pour explorer les corrélations entre la consommation d’UPF et le risque de HNC et d’OAC. Le rôle de l’IMC et du rapport taille/hanche (WHR) dans ces corrélations a été évalué. La mort accidentelle en tant que résultat de contrôle négatif a été étudiée dans des analyses de sensibilité.
Principales conclusions
La consommation d’UPF était associée à un risque plus élevé d’OAC et de HNC. Il n’y avait aucune preuve d’hétérogénéité entre les sous-types de HNC. Les hommes ont montré une corrélation positive plus forte entre la consommation UPF et HNC que les femmes. De plus, l’analyse de médiation a permis de conclure qu’une confusion résiduelle aurait pu influencer les résultats.
Les résultats de la médiation sont conformes à ceux documentés dans la littérature existante. La consommation d’UPF est liée à l’adiposité centrale (WHR) et à l’excès de poids (IMC). Ils sont peu nutritifs et souvent consommés en grande quantité. Certaines études avancent l’idée que la consommation d’UPF pourrait nuire au microbiote intestinal. Les preuves existantes suggèrent que l’adiposité pourrait augmenter le risque d’OAC et de HNC. Dans la présente étude, les effets médiés via l’IMC et le WHR se sont révélés faibles, ce qui suggère que d’autres mécanismes pourraient être impliqués.
Forces et limites
La grande taille de l’échantillon de la cohorte EPIC et la durée de suivi prolongée étaient l’un des principaux atouts de cette étude. Un autre point fort était le fait que l’IMC et le WHR étaient mesurés et non autodéclarés. L’échantillon était également très diversifié en raison de la conception multicentrique de l’EPIC. L’utilisation de différentes mesures de l’apport UPF augmente la comparabilité avec les études précédentes, et l’erreur de mesure a été réduite car les cas de cancer ont été détectés via des registres.
Une limite importante de cette étude était l’hypothèse selon laquelle les associations entre la consommation d’UPF et les cancers n’étaient pas affectées par une erreur de mesure ou une confusion résiduelle. Ce sont des hypothèses très solides, et on pourrait presque être certain que des facteurs de confusion mesurés de manière imprécise ont biaisé les estimations. L’analyse des résultats du contrôle négatif prouve également ce point.
De plus, des données de suivi sur l’IMC et le WHR n’ont pu être obtenues que pour 5 % et 27 % des participants. Par conséquent, des analyses de sensibilité n’ont pas pu être réalisées sur les données de suivi. L’hypothèse selon laquelle la relation entre la consommation d’UPF et le risque d’OAC était influencée par l’IMC et le WHR par des voies distinctes constituait une limitation supplémentaire. Ceci est incorrect car l’IMC et le WHR sont corrélés. Un dernier problème concerne le biais potentiel d’erreur de classification aléatoire et l’affaiblissement possible des estimations d’association documentées.
Conclusions
En résumé, cette étude a montré que la consommation d’UPF est associée à un risque plus élevé d’OAC et de HNC. L’IMC et le WHR n’expliquent pas ces associations de manière significative. Les résultats documentés ici pourraient être influencés par des facteurs de confusion résiduels et devraient donc être reproduits dans d’autres contextes.















