La pollution plastique est devenue l’un des problèmes environnementaux déterminants de la vie moderne, et on sait désormais que les microplastiques pénètrent dans l’organisme par les aliments, les boissons et l’air. Des études antérieures les ont détectés dans des organes et des tissus, notamment les poumons, le placenta, le cerveau, le sperme et les selles, soulevant des inquiétudes quant à leurs effets à long terme sur la santé. Pourtant, une question cruciale reste largement inexplorée : où vont ces particules après avoir pénétré dans l’organisme, et comment pourraient-elles affecter les systèmes qui les traitent et les excrétent ? Étant donné que la bile est à la fois un liquide digestif et un moyen clé d’excrétion de substances dans la circulation entérohépatique, et que les perturbations de l’équilibre biliaire peuvent contribuer aux calculs biliaires et à d’autres troubles, des recherches approfondies sur l’accumulation et la toxicité des microplastiques dans le système biliaire sont nécessaires.
Des chercheurs du dixième hôpital affilié de l'Université médicale du Sud (Hôpital populaire de Dongguan), de l'Université Sun Yat-sen, de l'Université médicale de Guilin et des institutions collaboratrices ont rapporté (DOI : 10.1016/j.ese.2026.100686) cette étude en Sciences de l'environnement et écotechnologie en tant que pré-épreuve de journal de 2026 acceptée le 26 avril 2026, décrivant comment les microplastiques s'accumulent dans la bile humaine et conduisent à la sénescence des cholangiocytes.
Pour répondre à cette question, l’équipe a collecté la bile de 14 patients subissant une intervention chirurgicale, dont cinq sans calculs biliaires et neuf avec calculs biliaires, tout en utilisant des protocoles stricts sans plastique pour éviter toute contamination. Ils ont combiné la spectrométrie de masse par chromatographie en phase gazeuse, la spectroscopie infrarouge directe au laser et la microscopie électronique à balayage pour identifier les types de polymères, estimer les concentrations et caractériser la taille et la morphologie des particules. Des microplastiques ont été trouvés dans tous les échantillons. Six polymères ont été identifiés par Py-GC/MS, le PET représentant 68,05 % et le PE 27,11 %. Les patients souffrant de calculs biliaires portaient un fardeau beaucoup plus lourd : les concentrations médianes de bile atteignaient 25,89 μg g−1, contre 6,98 μg g−1 chez les témoins. La plupart des particules mesuraient entre 20 et 50 μm et la microscopie révélait des formes irrégulières, en forme de bâtonnet et sphériques. Les chercheurs ont ensuite modélisé l’exposition chronique dans des cholangiocytes humains en culture à l’aide de nanoplastiques de polystyrène à faible dose. Les analyses protéomiques et cellulaires ont montré une expression accrue de molécules liées à la sénescence, une plus grande activité SA-β-gal et un arrêt du cycle cellulaire G1. Mécaniquement, les particules ont réduit l'ATP, augmenté les espèces réactives de l'oxygène mitochondrial, favorisé la fission mitochondriale liée à Drp1 et abaissé le potentiel de membrane mitochondriale. La mélatonine a inversé une grande partie de ces dommages et supprimé les marqueurs inflammatoires, notamment l’IL-6 et le TNF-α.
« Cette étude recadre le système biliaire comme étant plus qu'un simple site de transit passif », pourrait dire un expert. « Cela suggère que la bile pourrait agir comme un réservoir et une voie d'excrétion jusqu'alors sous-reconnus pour les microplastiques, tout en révélant également qu'une exposition chronique peut faire vieillir les cholangiocytes en raison de lésions mitochondriales. Tout aussi important, la découverte selon laquelle la mélatonine atténue ces effets offre un point de départ biologiquement plausible pour une intervention protectrice, même si des études humaines plus vastes sont encore nécessaires. » Cette interprétation est cohérente avec la conclusion des auteurs selon laquelle le système biliaire pourrait être une nouvelle cible de risque pour la santé lié aux microplastiques.
Les implications s’étendent au-delà des calculs biliaires. En identifiant la bile comme un centre potentiel d’accumulation et d’excrétion, l’étude ouvre une nouvelle fenêtre sur la manière dont la pollution plastique peut interagir avec la santé digestive et hépatique. Cela renforce également les arguments en faveur d’une meilleure surveillance des microplastiques dans l’eau potable et dans les systèmes alimentaires, de modèles d’exposition chronique plus réalistes et d’une évaluation plus large des risques pour les populations vulnérables. Dans le même temps, les auteurs préviennent que la taille de leur échantillon était petite et provenait d’un seul centre, de sorte que les résultats devraient être étendus à des études multicentriques plus vastes. Malgré cela, l’œuvre offre un récit convaincant : de minuscules particules de plastique pourraient laisser une empreinte biologique mesurable dans l’un des fluides corporels les plus négligés.

















