Les chercheurs exploitent l’IA et les données en ligne de Google et Twitter pour suivre et prédire les schémas d’allergies saisonnières, offrant ainsi de nouvelles informations sur le moment des allergies et les variations régionales aux États-Unis.
Étude: Surveillance basée sur Internet pour suivre les tendances des allergies saisonnières aux États-Unis. Crédit d’image : PeopleImages.com – Yuri A/Shutterstock.com
Plus de 25 % des adultes américains souffrent d’allergies saisonnières, mais leurs schémas d’apparition précis restent flous. Une étude récente du PNAS Nexus a exploré ce point.
Sommaire
Introduction
Les allergies, provoquant des symptômes tels que des démangeaisons cutanées, des écoulements nasaux, des larmoiements et de l'asthme, coûtent aux États-Unis entre 4,5 et 40 milliards de dollars par an en soins de santé, en perte de productivité et en qualité de vie réduite. Même si la plupart des cas ne nécessitent pas de visites à l'hôpital, leur véritable prévalence est difficile à évaluer.
Les méthodes actuelles d'évaluation des allergies saisonnières reposent sur des auto-évaluations ou des hypothèses liant la prévalence des allergies à la concentration d'aéroallergènes. Cependant, les données sur les aéroallergènes ont une portée limitée et se concentrent souvent uniquement sur les niveaux de pollen.
Les outils de surveillance sur Internet comme Twitter, Google, Instagram, Yelp et Facebook sont courants pour suivre les tendances des maladies. Pourtant, les tentatives antérieures (par exemple, Google Flu Trends) ont échoué, ne parvenant pas à prévoir avec précision les hospitalisations liées à la grippe. Pourtant, ces outils ont du potentiel et continuent d’être affinés.
À propos de cette étude
L'étude présente une méthode validée basée sur Internet pour suivre les allergies saisonnières aux États-Unis. Les chercheurs ont utilisé l’intelligence artificielle (IA) et l’apprentissage automatique (ML) pour analyser les recherches Google et les publications sur Twitter liées aux allergies, en supposant que les symptômes d’allergie entraîneraient une activité en ligne pertinente. Ils ont émis l’hypothèse que ces tendances refléteraient les visites aux services d’urgence liées aux allergies dans les comtés à forte population de Californie, où les données seraient suffisamment denses pour être analysées.
Résultats : données Internet comme indicateur de l'exposition aux aéroallergènes
Les résultats ont confirmé que « les données obtenues sur Internet peuvent servir de proxy pour l'exposition aux aéroallergènes ». Les recherches liées aux allergies et les publications sur Twitter étaient fortement liées aux données de visites aux urgences, ce qui suggère un facteur externe (probablement des allergènes aéroportés comme les moisissures et les spores de pollen) à l'origine de cette relation.
Corrélations à court terme dans les données sur les allergies
Des corrélations à court terme ont été observées dans les trois sources de données, ce qui conforte l'idée selon laquelle les visites, les recherches et les publications aux urgences sont liées. Cependant, certains biais de population peuvent limiter la fiabilité des prévisions.
Modélisation au niveau national
À l’aide de données provenant de Californie, les chercheurs ont cartographié l’activité en ligne liée aux allergies dans 144 comtés américains très peuplés, en suivant quotidiennement les fluctuations pendant huit ans. Les tendances saisonnières variaient selon l'endroit : la plupart des régions connaissaient un pic au printemps (mars-mai) et un pic secondaire à l'automne (septembre-octobre).
Des saisons d’allergie supplémentaires ont été observées dans des régions comme le Texas et la Floride en hiver et en été.
Le moment des allergies saisonnières différait selon les comtés ; par exemple, le pic printanier du nord de la Californie s'est produit plus tôt que dans la Bay Area. Généralement, les pics d’allergie ont commencé dans le sud-est et se sont déplacés vers le nord, atteignant en dernier lieu le nord-est et le Haut-Midwest.
Orientations futures
Les chercheurs suggèrent d’intégrer les données sur l’utilisation des terres et le climat avec les données sur les allergies obtenues sur Internet pour mieux comprendre les tendances spécifiques des allergènes.
Le suivi en temps réel des allergènes aéroportés, combiné à l’activité des médias sociaux, pourrait améliorer la prévision et la réponse aux allergies.
Conclusions
L'étude montre que les données dérivées d'Internet peuvent compléter la surveillance traditionnelle pour prédire la prévalence des allergies saisonnières.
En fournissant une vue précise du moment et de la localisation des allergies, cette approche peut améliorer les prévisions des allergies, en particulier à mesure que les changements dans l’écosystème mondial modifient les schémas d’allergie.




















