Des chercheurs du MD Anderson Cancer Center de l’Université du Texas ont identifié un rôle jusqu’alors inconnu des cellules B, qui sont des cellules immunitaires adaptatives, dans le déclenchement et le maintien de la colite se produisant comme effet secondaire des inhibiteurs de points de contrôle immunitaires, une forme largement utilisée d’immunothérapie anticancéreuse.
L’étude, publiée dans Rapports de cellulesa été dirigé par Roza Nurieva, Ph.D., professeur d’immunologie, avec les co-premiers auteurs Naimah Turner, assistante de recherche au laboratoire Nurieva ; Synat Keam, Ph.D., boursier postdoctoral au laboratoire Nurieva ; Noha Abdel-Wahab, Ph.D., professeure agrégée à la Cleveland Clinic Ohio et à Abu Dhabi, et d’autres collaborateurs. Les résultats suggèrent que des changements dans l’activité des lymphocytes B en circulation peuvent survenir avant l’apparition des symptômes, fournissant ainsi un biomarqueur sanguin potentiel pour identifier les patients à risque de colite liée à l’immunothérapie.
Les inhibiteurs de points de contrôle immunitaires ont considérablement amélioré les résultats pour les patients atteints d’un cancer avancé, mais ils peuvent également entraîner des effets secondaires graves susceptibles de perturber le traitement. Notre étude suggère qu’une dérégulation précoce des lymphocytes B déclenche une cascade inflammatoire chez certains patients alors qu’ils sont asymptomatiques, servant de moteur et de biomarqueur prédictif du risque de colite liée à l’immunothérapie qui peut guider les futures stratégies de traitement préventif.
Roza Nurieva, Ph.D., professeur d’immunologie, MD Anderson Cancer Center de l’Université du Texas
Qu’est-ce que la colite liée à l’immunothérapie ?
Les inhibiteurs de points de contrôle immunitaires ont radicalement transformé le paysage du traitement du cancer, permettant au système immunitaire de reconnaître et d’éliminer plus efficacement les cellules cancéreuses. Cependant, ces thérapies peuvent également déclencher de graves effets secondaires d’ordre immunitaire chez certains patients, entraînant un arrêt ou une pause du traitement.
La colite est une inflammation de la paroi interne du côlon et fait partie des effets secondaires les plus courants, provoquant de graves diarrhées, des douleurs abdominales et des saignements intestinaux. Actuellement, il existe peu d’outils permettant de prédire quels patients développeront une colite avant l’apparition des symptômes.
Qu’est-ce que cette étude a révélé sur le rôle des cellules B ?
Cette étude a identifié que des niveaux plus élevés de lymphocytes B avant le traitement étaient associés à un risque accru de colite liée à l’immunothérapie dans les échantillons de patients. Pour confirmer cette association, les chercheurs ont développé des modèles précliniques pour imiter l’inflammation observée dans la colite, ce qui leur a permis d’examiner les changements immunitaires au cours du processus. L’activation des lymphocytes B s’est produite très tôt, précédant l’expansion des cellules T inflammatoires qui endommagent les tissus et provoquent l’inflammation caractéristique de la colite.
De plus, l’épuisement des lymphocytes B avant le traitement a réduit les signes de colite et entraîné moins de dommages intestinaux et moins de réponses inflammatoires des lymphocytes T, ce qui suggère que les lymphocytes B semblent initier et amplifier cette cascade. Les cellules B aident également à diriger le mouvement des cellules immunitaires vers le côlon, renforçant ainsi l’inflammation après son début.
Le microbiome intestinal joue-t-il un rôle ?
Les chercheurs ont noté que les modèles précliniques sensibles à la colite présentaient également des microbiomes intestinaux altérés associés à une activation anormale des cellules B avant de recevoir une immunothérapie. L’utilisation d’une transplantation de microbiote fécal pour restaurer des bactéries intestinales saines a diminué la gravité de la colite et réduit l’inflammation.
Qu’est-ce que cela signifie pour les patients ?
Ces résultats précliniques suggèrent que les mesures sanguines des lymphocytes B pourraient aider à identifier les patients présentant un risque plus élevé de développer une colite liée à l’immunothérapie avant le début du traitement. Les résultats suggèrent également des approches préventives potentielles, telles que le ciblage des cellules B ou l’amélioration du microbiome intestinal. Une validation plus approfondie est nécessaire dans des cohortes de patients plus importantes pour confirmer ces résultats.
