Dans une étude récente publiée dans Scientific Reports, des chercheurs ont évalué les associations entre les niveaux de mercure dans l’urine et les maladies allergiques chez les enfants.
Étude: Association entre l’exposition environnementale au mercure et les troubles allergiques chez les enfants coréens : Enquête nationale coréenne sur la santé environnementale (KoNEHS), cycles 3 à 4 (2015-2020). Crédit d’image : Tero Vesalainen/Shutterstock.com
Sommaire
Arrière-plan
Les changements environnementaux comme la pollution de l’air et les habitudes de vie industrialisées provoquent des perturbations du système immunitaire, conduisant à des maladies allergiques. Les troubles allergiques surviennent principalement pendant l’enfance et ont un impact négatif sur la qualité de vie.
Ils constituent un problème de santé publique, avec un fardeau économique considérable. Ainsi, l’identification et la gestion des facteurs de risque de maladies allergiques sont cruciales. L’alimentation, l’exercice physique, les facteurs génétiques, le changement climatique, la pollution et l’exposition à des produits chimiques sont identifiés comme facteurs de risque.
Les métaux lourds représentent une préoccupation importante car ils s’accumulent dans le corps et ne se décomposent pas facilement. L’exposition au mercure se produit quotidiennement par le biais du poisson, des céréales et des amalgames dentaires. L’exposition à ce métal lourd affecte négativement le système immunitaire.
De nombreuses études ont impliqué le mercure comme facteur de risque de maladies allergiques. Néanmoins, la relation entre les maladies allergiques et le mercure n’est pas concluante.
À propos de l’étude
La présente étude a évalué l’association entre les taux de mercure urinaire et la rhinite allergique, l’asthme, la dermatite atopique et la multimorbidité chez les enfants.
Les données des troisième (2015-17) et quatrième (2018-20) cycles de l’Enquête nationale coréenne sur la santé environnementale ont été analysées. Les participants étaient des élèves âgés de 6 à 11 ans sensibles aux allergènes intérieurs et à l’exposition à la pollution atmosphérique.
Les participants pour lesquels des informations manquaient ont été exclus. L’équipe a obtenu des échantillons d’urine le jour de l’enquête ou un jour avant et a estimé les niveaux de mercure.
Les données sur les symptômes de la rhinite allergique, de l’asthme et de la dermatite atopique ont été obtenues grâce à un questionnaire auprès des tuteurs des participants. Il leur a été demandé d’indiquer la présence ou l’absence de symptômes des affections spécifiées et s’ils prenaient des médicaments.
La multimorbidité a été définie comme les symptômes de plusieurs troubles allergiques. Les covariables étaient l’âge, le sexe, l’éducation des parents, l’indice de masse corporelle (IMC), le revenu du ménage et les taux de cotinine et de créatinine urinaires. La cotinine a servi de biomarqueur pour l’exposition au tabagisme.
Les analyses statistiques ont été effectuées à l’aide d’un plan d’échantillonnage complexe. Les données des troisième et quatrième cycles ont été analysées séparément.
Une régression logistique a été réalisée pour examiner les associations entre les niveaux de mercure et les maladies allergiques, et une régression logistique multinomiale a été utilisée pour les associations avec la multimorbidité.
Un modèle a été ajusté pour les niveaux de créatinine ; la seconde a été ajustée en fonction de l’âge et du sexe. Le troisième modèle a été ajusté pour toutes les covariables. En outre, des modèles à effets fixes ont estimé l’ampleur globale de l’effet au cours des deux cycles d’enquête.
Résultats
Les chercheurs ont inclus respectivement 853 et 710 participants des troisième et quatrième cycles d’enquête ; leur âge moyen était d’environ 8,5 ans. La prévalence des maladies allergiques n’était pas significativement différente entre les cycles d’enquête.
La moyenne géométrique des niveaux de mercure dans l’urine était de 0,401 µg/L au troisième cycle et de 0,399 µg/L au quatrième cycle. Il n’y avait aucune différence significative entre les sexes en ce qui concerne les niveaux de mercure.
Les taux de mercure urinaire étaient significativement plus élevés lorsque les taux de créatinine et de cotinine étaient élevés. Les étudiants présentant des symptômes de dermatite atopique présentaient des niveaux de mercure plus élevés que ceux qui n’en présentaient pas.
Les taux de mercure urinaire étaient positivement corrélés à la dermatite atopique dans les deux cycles, ajustés en fonction des taux de créatinine. Les niveaux de mercure étaient positivement associés à l’asthme, à la dermatite atopique et à la multimorbidité au cours des deux cycles, ajustés pour toutes les covariables.
Les résultats étaient similaires lorsque les effets regroupés étaient calculés à l’aide des données des deux cycles ; des corrélations positives significatives avec la multimorbidité et la dermatite atopique étaient évidentes. Dans les analyses stratifiées selon le sexe, les effets regroupés sur la multimorbidité et la dermatite atopique étaient plus importants chez les hommes.
De plus, l’association positive entre les niveaux de mercure et la multimorbidité n’était significative que chez les hommes.
Conclusions
En résumé, la présente étude a examiné les associations entre les niveaux de mercure dans l’urine et les maladies allergiques chez les élèves du primaire. Les chercheurs ont observé une association positive entre les taux de mercure urinaire, la dermatite atopique et la rhinite allergique.
Il convient de noter qu’ils n’ont pas pu déterminer la causalité étant donné la nature transversale, ce qui justifie des études supplémentaires.
L’évaluation des symptômes basée sur un questionnaire n’implique pas nécessairement l’état de la maladie. De plus, les données sur les indicateurs à long terme (d’exposition au mercure) et les antécédents d’allergies parentales n’ont pas été prises en compte.
Dans l’ensemble, l’étude a identifié des associations présentant une puissance statistique suffisante, fournissant des preuves fiables que l’exposition au mercure est associée à des troubles allergiques chez les enfants.















