Dans un article récemment publié dans la revue Diabète de soins primaires, les scientifiques ont révélé que les patients non diabétiques présentant une hyperglycémie modérée sont plus susceptibles de développer une maladie grave et mortelle à coronavirus 2019 (COVID-19) que les patients diabétiques. En d’autres termes, l’hyperglycémie modérée peut être considérée comme un marqueur pronostique potentiel de mauvais résultats pour la COVID-19.
Sommaire
Contexte
Au cours de la pandémie de COVID-19 en cours causée par le coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS-CoV-2), plusieurs études ont été menées pour identifier les facteurs biologiques associés à un mauvais pronostic de COVID-19. Ces études ont montré que des niveaux accrus de protéine C-réactive (CRP), de lactate déshydrogénase (LDH) et de D-dimères et une diminution des niveaux de plaquettes et de lymphocytes sont associés à un mauvais pronostic de la maladie.
Le diabète a été identifié comme l’une des principales comorbidités qui augmentent le risque de COVID-19 sévère. En général, une glycémie élevée ou une hyperglycémie est connue pour avoir une corrélation bidirectionnelle avec les maladies infectieuses. Alors que l’hyperglycémie altère la capacité du système immunitaire à combattre les agents pathogènes envahisseurs, les infections virales et bactériennes induisent une résistance à l’insuline et une hyperglycémie en augmentant la sécrétion de cytokines pro-inflammatoires et d’hormones de stress.
Dans l’étude actuelle, les scientifiques ont évalué le pronostic COVID-19 chez les patients diabétiques et les patients non diabétiques avec ou sans hyperglycémie.
Étudier le design
L’étude a été menée sur 822 patients COVID-19 symptomatiques qui ont été admis à l’hôpital entre mars et octobre 2020. Les patients ont été divisés en trois groupes en fonction de leur glycémie au moment de l’admission à l’hôpital.
De tous les patients, 315 ont été identifiés comme ayant des antécédents de diabète et ont donc été considérés comme des patients diabétiques. Parmi les patients non diabétiques, 394 avaient une glycémie à l’admission inférieure à 140 mg/dl et 113 avaient une glycémie à l’admission supérieure à 140 mg/dl.
L’impact de la glycémie au moment de l’admission sur la mortalité liée au COVID-19, l’admission en unité de soins intensifs (USI) et la durée du séjour à l’hôpital a été évalué dans les trois groupes de patients.
Observations importantes
L’analyse initiale a révélé une association significative entre le diabète et la mortalité, l’admission aux soins intensifs et le séjour à l’hôpital. Une corrélation similaire a également été observée chez les patients non diabétiques avec une glycémie supérieure à 140 mg/dl.
En ce qui concerne les comorbidités des patients et l’utilisation de médicaments, des différences significatives ont été observées entre les groupes. Bien qu’elles soient plus fréquemment observées chez les patients diabétiques, ces conditions ont montré une prévalence similaire dans les autres groupes. Compte tenu de leur impact sur le pronostic du COVID-19, un ensemble distinct d’analyses a été effectué après ajustement pour ces conditions.
Les résultats ont révélé que, par rapport aux patients diabétiques, les patients non diabétiques dont la glycémie est supérieure à 140 mg/dl ont des taux de mortalité et d’admissions en USI significativement plus élevés. Bien que le diabète soit significativement corrélé à la mortalité et à l’admission aux soins intensifs, l’impact était inférieur à celui d’une condition non diabétique avec une glycémie supérieure à 140 mg/dl.
Après ajustement pour toutes les conditions, aucune corrélation significative entre le diabète et l’allongement de la durée d’hospitalisation n’a été observée. De plus, une fréquence significativement plus faible de tous les facteurs pronostiques testés (séjour à l’hôpital, admission en USI et décès) a été observée chez les patients non diabétiques avec une glycémie inférieure à 140 mg/dl.
Importance de l’étude
L’étude révèle que le risque de COVID-19 grave et mortel est significativement plus élevé chez les patients non diabétiques présentant une hyperglycémie modérée par rapport à celui des patients diabétiques.
Sur la base des résultats de l’étude, les scientifiques suggèrent qu’une hyperglycémie modérée (taux de glucose sanguin> 140 mg / dl) peut être considérée comme un prédicteur indépendant d’un mauvais résultat COVID-19.
















