Une étude récente publiée dans le Journal européen du cœur révèle que la consommation de drogues illicites peut augmenter le risque de fibrillation auriculaire.
Étude : Le cannabis, la cocaïne, la méthamphétamine et les opiacés augmentent le risque de fibrillation auriculaire incidente. Crédit d’image : Lightspring / Shutterstock
Sommaire
Arrière plan
La fibrillation auriculaire est une maladie cardiaque courante caractérisée par un rythme cardiaque rapide et irrégulier, entraînant la formation de caillots sanguins dans le cœur et une altération de la circulation sanguine. La maladie est associée à une morbidité et une mortalité importantes. Les interventions thérapeutiques se concentrent principalement sur la correction de la fréquence et du rythme cardiaques et sur le déclenchement du processus d’anticoagulation pour prévenir l’AVC cardio-embolique.
Plusieurs facteurs de risque modifiables, tels que la consommation d’alcool et de tabac, ont été identifiés pour prévenir la fibrillation auriculaire. Cependant, il n’y a pas suffisamment de preuves disponibles concernant l’association entre l’utilisation de drogues illicites et le risque de maladie. La légalisation du cannabis et l’assouplissement des lois concernant les autres drogues illicites ont rendu nécessaire de comprendre l’impact des drogues couramment consommées sur l’incidence de la fibrillation auriculaire.
Dans la présente étude, les scientifiques ont évalué si la consommation de méthamphétamine, de cocaïne, d’opiacés et de cannabis augmentait le risque de fibrillation auriculaire chez les résidents adultes de Californie, aux États-Unis.
Étudier le design
Les scientifiques ont utilisé les bases de données du département de la santé de Californie pour identifier tous les résidents adultes de l’État qui ont reçu des soins médicaux dans les services d’urgence, les installations de chirurgie ambulatoire ou les hôpitaux entre 2005 et 2015.
Quatre drogues illicites, dont la méthamphétamine, la cocaïne, les opiacés et le cannabis, ont été prises en compte dans l’étude. L’impact de chaque consommation de drogue sur un nouveau diagnostic de fibrillation auriculaire a été évalué.
Observations importantes
Au total, 23 561 884 patients ont été inclus dans l’analyse. Parmi eux, 98 271 consommaient de la méthamphétamine, 48 701 consommaient de la cocaïne, 10 032 consommaient des opiacés et 132 834 consommaient du cannabis. Environ 4,2 % des patients ont développé une fibrillation auriculaire incidente au cours de la période d’étude.
Impact de la consommation de drogues illicites sur le risque de fibrillation auriculaire
L’impact de chaque médicament testé en tant que prédicteur indépendant de la fibrillation auriculaire a été évalué après ajustement pour plusieurs facteurs démographiques connus (âge, sexe, race et revenu), cliniques (hypertension, dyslipidémie, diabète sucré, maladie coronarienne, insuffisance cardiaque congestive, valvulopathie maladies cardiaques, obésité, apnée obstructive du sommeil et maladie rénale chronique) et d’autres facteurs de risque modifiables (consommation d’alcool et de tabac).
Les résultats ont révélé que l’utilisation de chaque médicament testé est associée à un risque accru de fibrillation auriculaire. Les associations les plus élevées et les plus faibles ont été observées pour la méthamphétamine et le cannabis, respectivement.
L’association entre la consommation de méthamphétamine et le risque de fibrillation auriculaire était similaire ou supérieure à celle observée pour de nombreux facteurs de risque connus dans les bases de données. De même, malgré l’impact le plus faible par rapport aux autres médicaments testés, l’association entre la consommation de cannabis et la fibrillation auriculaire était comparable à celle observée pour la dyslipidémie, le diabète sucré et l’insuffisance rénale chronique.
Les patients qui utilisaient plusieurs médicaments présentaient un risque plus élevé de fibrillation auriculaire que ceux qui utilisaient un seul médicament.
La sévérité de la consommation de drogue a été évaluée en créant cinq catégories cliniques : pharmacodépendance, prise médicamenteuse continue, prise médicamenteuse épisodique, prise médicamenteuse en rémission et effets indésirables en thérapeutique. Une association indépendante a été observée entre chaque catégorie clinique et un risque accru de fibrillation auriculaire.
Importance de l’étude
L’étude identifie la méthamphétamine, la cocaïne, les opiacés et le cannabis comme prédicteurs indépendants de la fibrillation auriculaire incidente chez les résidents adultes de Californie. Puisque la consommation de drogues illicites est un facteur de risque modifiable, les efforts pour réduire l’utilisation de ces drogues pourraient être bénéfiques en termes de réduction du risque de fibrillation auriculaire.
Comme mentionné par les chercheurs, d’autres études sont nécessaires pour comprendre les modes d’action de ces médicaments dans l’apparition d’anomalies cardiaques.

















