Une étude récente publiée dans Rapports scientifiques a souligné comment les adolescents consultent activement les membres de leurs réseaux sociaux pour obtenir des informations, contredisant des recherches antérieures selon lesquelles les plus jeunes étaient passivement affectés par la pression de leurs pairs. Les résultats de deux expériences indiquent que les adolescents préfèrent les amis aux non-amis comme sources d’information, mais les preuves concernant l’importance de la popularité sont mitigées.
L’effet des groupes de pairs sur le comportement et la prise de décision des adolescents fait l’objet d’un nombre croissant de recherches. L’influence sociale peut avoir des effets négatifs (comme la consommation de substances), mais peut également être utilisée pour promouvoir des comportements sains et positifs.
Concevoir des interventions bénéfiques et efficaces pour les adolescents nécessite de comprendre comment ils traitent les signaux sociaux dans des situations nouvelles et sont affectés par les choix des autres membres de leurs groupes de pairs. Pour parvenir à une telle compréhension, il faut traiter les adolescents comme étant actifs dans le sens où ils choisissent qui observer et recevoir des signaux.
À propos de l’étude
L’équipe de recherche a conçu deux expériences sociales pour examiner le rôle que jouent l’amitié, la popularité et d’autres caractéristiques telles que la gentillesse, la sympathie et le sang-froid dans la décision des adolescents de consulter les membres de leur réseau social pour obtenir des informations. Les auteurs ont émis l’hypothèse que l’influence de la popularité serait plus grande chez les adolescents plus jeunes que chez les adolescents plus âgés et que le rôle des amis augmenterait avec l’âge.
Dans la première expérience, les chercheurs ont observé comment les adolescents choisissaient leurs pairs comme sources d’information lorsqu’ils se trouvaient dans une situation incertaine. Des élèves de 10 classes de deux écoles secondaires aux Pays-Bas ont participé à l’étude. Les étudiants ont répondu à des questionnaires et joué à des jeux conçus pour évaluer leur prise de décision en solo.
Après deux à trois semaines, les étudiants ont joué à trois jeux avec la possibilité d’une récompense monétaire en plus d’une incitation de 5 euros par étudiant. Cette fois, les étudiants ont également répondu à des questions sur leurs perceptions des autres dans leur classe, identifiant leurs amis, étudiants populaires et autres sur la base de caractéristiques telles que l’influence, l’intelligence et la fiabilité.
Avant de soumettre une réponse finale pour les jeux (qui n’avaient pas de « bonnes » réponses), ils pouvaient choisir de voir comment leurs camarades de classe avaient répondu aux questions de la première session, en particulier s’ils avaient choisi des options plus sûres ou plus risquées. Les données de la première expérience ont été analysées à l’aide de modèles logistiques mixtes et de méthodes de sélection de variables.
Dans la deuxième expérience, l’équipe de recherche a cherché à mieux comprendre quelles caractéristiques des pairs ont influencé la décision des étudiants de les consulter ; ces caractéristiques étaient liées à la popularité, comme le sang-froid, la méchanceté et l’admirabilité. Les élèves de 22 classes de deux écoles secondaires néerlandaises ont participé à cette partie de l’étude.
Comme auparavant, les participants ont joué à des jeux en solo lors de la première session, mais il leur a été dit qu’ils joueraient à nouveau lors d’une session ultérieure. Il leur a ensuite été demandé lesquels, le cas échéant, de leurs camarades de classe ils souhaiteraient consulter pour la prochaine séance. Les données ont été analysées pour prédire la sélection des pairs à l’aide de modèles mixtes logistiques de confirmation.
Résultats
Sur les 140 participants âgés de 11 à 18 ans lors de la première expérience, 95 % ont choisi de révéler les choix faits par au moins un camarade de classe dès la première séance avant de prendre leur décision lors de la deuxième séance. Ils ont également été influencés par les informations révélées, choisissant des options plus risquées s’ils voyaient que les leurs avaient pris des décisions plus risquées.
Les sélections étaient prédites de manière significative par l’amitié, les amis étant des sources 1,8 fois plus susceptibles que les non-amis, et cette probabilité augmentait avec l’âge. Les pairs socialement éloignés ont été consultés moins fréquemment, les amis étant choisis plus fréquemment que les amis d’amis. Les pairs populaires ont été choisis moins fréquemment que les pairs non populaires, mais cet effet a disparu à mesure que l’âge des répondants augmentait. La fiabilité est également un facteur qui influence la prise de décision.
Sur les 278 étudiants âgés de 12 à 17 ans qui ont participé à la deuxième expérience, 234 ont déclaré vouloir consulter leurs pairs, choisissant en moyenne 4,4 camarades de classe. Les amis des personnes interrogées avaient 14,08 fois plus de chances d’être choisis, tandis que les camarades de classe perçus comme dignes de confiance avaient 7,22 fois plus de chances d’être choisis. Dans ce cas, l’importance de l’amitié semblait diminuer avec l’âge.
Par ordre croissant d’importance, le sang-froid, l’admirabilité, l’intelligence, la fiabilité, la méchanceté, la sympathie, l’amitié et la meilleure amitié étaient des prédicteurs significatifs d’être sélectionné. Bien que la popularité ne soit pas apparue comme un facteur important, bon nombre de ces caractéristiques sont associées à la popularité.
Conclusions
De nouvelles recherches indiquent que, loin d’être des récepteurs passifs d’informations sociales, les adolescents recherchent activement des informations auprès de sources en qui ils ont confiance. Les résultats de l’étude ont indiqué la forte influence de l’amitié et de la fiabilité dans la sélection des sources d’information, mais ont également souligné des changements dans les critères de sélection avec l’âge.
De futures études sur ce sujet intéressant pourraient envisager une tranche d’âge plus large pour illustrer davantage cet effet. Ils pourraient également examiner la prise de décision au-delà du jeu, en se concentrant sur les choix liés à l’éducation ou à la consommation. L’influence de la popularité pourrait également être étudiée à travers des expériences menées dans des lieux publics. D’autres facteurs, tels que le statut socio-économique, les antécédents d’immigration et l’appartenance ethnique, pourraient fournir davantage d’informations sur les conditions réelles dans lesquelles les adolescents font des choix.
















