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Actualités médicales

Les édulcorants artificiels augmentent-ils l’appétit ou la prise alimentaire ?

Close-up of woman hand throwing saccharin pills on coffee cup in the kitchen at home.

Les édulcorants artificiels perturbent-ils réellement l’appétit et incitent-ils à trop manger, ou pourraient-ils aider à freiner les envies sucrées sans en augmenter la consommation ? Une nouvelle étude contrôlée met à l’épreuve ce débat de longue date.

Étude: Effets aigus et prolongés des édulcorants et des exhausteurs de douceur sur les sensations d'appétit postprandiale, l'appétence et l'apport énergétique ad libitum chez les humains : une sous-étude SWEET. Crédit image : Josep Suria/Shutterstock.com

Une nouvelle étude dans Nutriments examiné si les édulcorants et les exhausteurs de goût sucré (S&SE) influencent la régulation de l'appétit, en testant les mécanismes proposés tels que l'activation des récepteurs du goût sucré au-delà de la douceur perçue.

Effets métaboliques et appétitifs des édulcorants

Les édulcorants non caloriques (NCS) et les édulcorants faiblement caloriques (LCS) sont des additifs alimentaires qui constituent collectivement des édulcorants et des exhausteurs de goût sucré (S&SE). Le NCS offre une douceur intense avec une contribution énergétique négligeable, tandis que le LCS offre une douceur à une densité énergétique nettement inférieure (7,7 kJ/g) que le saccharose (16,8 kJ/g). Les deux édulcorants améliorent l'appétence sans charge glycémique ou calorique correspondante ; cependant, leurs effets sur la régulation de l’appétit et le métabolisme énergétique restent flous.

Il existe des recommandations institutionnelles contradictoires concernant les édulcorants. L'OMS déconseille sous certaines conditions les NCS pour la gestion du poids, invoquant des preuves insuffisantes d'une réduction de l'adiposité à long terme et des risques potentiels de maladies non transmissibles. Un consensus d’un groupe d’experts de 2020 est parvenu à la conclusion opposée, ne trouvant aucun effet indésirable sur le poids ou la régulation de la glycémie. L'écart provient en grande partie de différences dans la pondération des preuves, l'OMS donnant la priorité aux données d'observation tandis que le groupe d'experts privilégie les ECR.

Plusieurs mécanismes ont été proposés par lesquels les S&SE pourraient altérer la régulation de l’appétit, notamment l’activation du récepteur du goût sucré, la perturbation du microbiote intestinal et les réponses découplées de la phase céphalique. Des recherches antérieures ont indiqué que certains NCS pourraient atteindre la barrière hémato-encéphalique (BBB), et on a émis l'hypothèse que cela pourrait potentiellement contribuer aux effets sur l'hippocampe ; cependant, les preuves à l’appui proviennent principalement de modèles animaux et in vitro, et les données des ECR sur les humains restent rares et largement non confirmatives.

Évaluation des réponses appétitives aiguës à Ace-K/Cyc au cours des phases de gestion du poids

La sous-étude actuelle a été menée au Département de nutrition, d'exercice et de sports de l'Université de Copenhague, au Danemark, dans le cadre du projet européen Horizon 2020 SWEET. Elle a étudié les effets aigus d'un mélange acésulfame potassium/cyclamate (Ace-K/Cyc) sur les sensations d'appétit et l'apport énergétique par rapport à l'eau au départ, après une phase de perte de poids (WL) de 2 mois et après une période de maintien de la perte de poids (WLM) de 4 mois, l'appétence étant évaluée comme un facteur de confusion potentiel.

Les participants âgés de 18 à 60 ans, ayant un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 25,0 kg/m2 et une consommation habituelle de produits contenant du sucre ont été inclus. Cependant, les critères d'exclusion incluaient les maladies chroniques ou les médicaments susceptibles d'affecter les résultats.

L'étude principale comprenait quatre jours d'investigation clinique (CID) aux mois 0, 2, 6 et 12. Pendant la WL, les participants ont suivi un régime pauvre en énergie (LED ; 3 347 à 4 186 kJ/jour) du Cambridge Weight Plan, visant une réduction de poids corporel de plus de 5 %. Après la WL, les participants ont suivi un régime alimentaire sain et ont été assignés au hasard à consommer (groupe S&SE) ou à éviter (groupe Sucre) des aliments et des boissons contenant des S&SE.

La sous-étude a recruté 30 participants sur trois jours de test alignés sur les CID 1, 2 et 3. Chaque jour, les réponses aiguës ont été évaluées après un petit-déjeuner standardisé, suivi d'un Ace-K/Cyc ou d'une boisson à l'eau. Chaque journée de test de 6 heures était précédée d'un jeûne nocturne d'au moins 10 heures, pendant lequel les participants s'abstenaient de faire de l'exercice, de prendre du café et de fumer. Après 15 minutes de repos au lit, des mesures à jeun ont été obtenues, notamment le poids corporel, les sensations d'appétit et des échantillons de sang.

Les sensations d'appétit et l'appétence ont été mesurées 10 fois par jour de test à l'aide d'une balance visuelle analogique électronique (eVAS) de 100 mm.

Les S&SE ne montrent aucun effet cliniquement pertinent sur l’appétit ou la compensation alimentaire

Sur 30 participants recrutés, 26, 22 et 16 ont complété les jours de test 1 (mois 0), 2 (mois 2) et 3 (mois 6), respectivement. L'attrition a été attribuée à la charge de travail des études, à l'inconfort dans la hotte ventilée et à des raisons personnelles. Les caractéristiques de base étaient comparables entre les groupes S&SE et sucre, ainsi qu'entre les finissants et les décrocheurs.

Les évaluations de l'appétit à jeun étaient largement comparables entre les groupes, à l'exception d'une faim plus faible dans le groupe S&SE le premier jour du test, un résultat isolé qui n'a pas persisté au cours des jours de test suivants ni ne s'est traduit par une différence de bien-être, indiquant l'absence d'effet durable sur l'appétit à jeun.

La satiété et la satiété n'ont montré aucune interaction significative, aucun effet lié aux repas ou aucune différence d'ASC nette quelle que soit la fenêtre horaire ou le jour du test, y compris après ajustement du goût. Une interaction significative entre l'heure du repas et la faim a été identifiée au cours des jours de test, sans interaction à trois.

Des analyses post-hoc ont révélé que le groupe S&SE a signalé une faim significativement inférieure à celle du groupe sucre 130 minutes et 160 minutes après la consommation. Cependant, ces différences ont été atténuées lorsque le goût a été inclus comme covariable, et la faim nette en AOC ne différait pas entre les groupes, quelle que soit la période ou les jours de test.

Le petit-déjeuner standardisé a été évalué de manière égale par les deux groupes. Pour les boissons testées, la boisson Ace-K/Cyc a été systématiquement jugée moins savoureuse tout au long des jours de test et moins attrayante visuellement au mois 0, reflétant les différences d'appétence par rapport à l'eau témoin non sucrée.

Surtout, malgré les notes gustatives inférieures de la boisson des S&SE, les participants n'ont pas compensé en mangeant davantage ; l'apport énergétique ad libitum est resté équivalent tout au long de l'intervention, ce qui suggère l'absence d'alimentation compensatoire dans ce cadre expérimental contrôlé.

Conclusions

Par rapport à l'eau, Ace-K/Cyc réduit systématiquement le désir de manger quelque chose de sucré, à la fois de manière aiguë et pendant les périodes de perte de poids et de maintien, même après avoir pris en compte les différences de goût, ce qui suggère que l'effet s'étend au-delà de l'appétence.

Bien qu'Ace-K/Cyc ait également influencé la consommation prospective, cet effet s'expliquait en partie par des différences d'appétence et montrait une certaine variabilité selon les moments et les analyses, suggérant un modèle mixte et dépendant du contexte.

Il est important de noter que l’apport énergétique ad libitum était comparable à celui de l’eau, ce qui indique qu’il n’y a aucun impact négatif sur le bilan énergétique. Cependant, l'étude n'était pas conçue pour prendre en compte les résultats liés à l'appétit, et les calculs de la taille de l'échantillon dans le document suggèrent que des cohortes beaucoup plus grandes seraient nécessaires pour détecter les différences dans ces paramètres avec une puissance statistique adéquate. Donc, ces résultats doivent être interprétés avec prudence. À l’avenir, des essais plus vastes seront nécessaires pour valider ces résultats.

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