Dans une récente étude publiée sur medRxiv* serveur de pré-impression, les chercheurs ont étudié l’incidence et la gravité de la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) chez les patients atteints de maladies rhumatismales auto-immunes systémiques (SARD) dans le Massachusetts, aux États-Unis (États-Unis), entre le 1er mars 2020 et le 31 janvier 2022.
Étude : Tendances temporelles des résultats du COVID-19 chez les patients atteints de maladies rhumatismales auto-immunes systémiques : de la première vague à Omicron. Crédit d’image : Adao/Shutterstock
Sommaire
Arrière plan
Certaines personnes atteintes de SARD courent un risque élevé d’évoluer vers une forme grave de COVID-19, entraînant une hospitalisation et un décès ultérieurs. Les patients SARD souffrent de conditions médicales sous-jacentes, y compris une immunité supprimée et des lésions des organes cibles contribuant à de mauvaises réponses immunitaires à l’infection et à la vaccination par le coronavirus 2 (SRAS-CoV-2) du syndrome respiratoire aigu sévère naturel.
Des études antérieures ont examiné les tendances temporelles des résultats du COVID-19 chez les patients SARD avant la vague Omicron. Par exemple, une étude suédoise a montré que les patients atteints de maladies articulaires inflammatoires avaient des résultats cliniques COVID-19 pires que la population générale au début de la pandémie.
Cependant, les auteurs ont émis l’hypothèse que la vaccination, les tests et les traitements du COVID-19 pourraient avoir contribué à l’amélioration des résultats temporels du COVID-19 chez les personnes atteintes de SARD au cours de la dernière vague Omicron aux États-Unis. Ils ont donc cherché à savoir si les résultats cliniques du COVID-19 se sont améliorés au cours des dernières périodes pour les patients atteints de SARD.
À propos de l’étude
Dans la présente étude, les chercheurs ont calculé le nombre hebdomadaire de cas totaux de COVID-19, y compris les cas graves, pour les comparer par période civile et statut de vaccination sur cinq périodes allant de la première vague d’infection à la vague Omicron. Ils ont utilisé la régression logistique pour estimer le rapport de cotes (OR) pour le COVID-19 sévère pour chaque période par rapport à la période de référence précédente.
Les chercheurs ont également exploré d’autres tendances notables parmi les patients atteints de SARD pendant la pandémie en cours. Mais, plus important encore, ils ont évalué si chaque cas de décès chez les patients SARD était dû à une immunosuppression sous-jacente ou à d’autres comorbidités.
Résultats de l’étude
Les auteurs ont recensé 1449 patients SARD qui ont souffert de COVID-19, dont 399 cas étaient graves. L’âge moyen des patients était de 58,4 ans, 75,2 % étaient des femmes et 33,9 % souffraient également de polyarthrite rhumatoïde. Au fil du temps, la proportion de résultats graves liés à la COVID-19 a diminué. Les OR ajustés du COVID-19 sévère dans l’onde Omicron étaient de 0,29 ; cependant, le nombre absolu de cas graves de COVID-19 pendant le pic de la vague variante d’Omicron était similaire aux pics des autres vagues.

Ainsi, 45,6 % des cas présentaient une gravité entre le 1er mars et le 30 juin 2020, mais seulement 14,7 % étaient graves entre le 17 décembre 2021 et le 31 janvier 2022. La gravité des cas était plus élevée chez les patients atteints de SARD non vaccinés que chez les patients non vaccinés (78,4 % contre 59,5 %). Notamment, certains patients atteints de SARD ont été hospitalisés ou sont décédés au cours de la vague Omicron. Ces patients avaient tendance à avoir d’autres comorbidités (p. ex., pneumopathie interstitielle, tumeurs malignes). Ces résultats mettent en évidence la nécessité de stratégies continues d’atténuation des risques pour de nombreux patients atteints de SARD qui peuvent être liés à la SARD ou à son traitement.
En ce qui concerne les tendances autres que temporelles, les auteurs ont noté une diminution de la proportion de patients SARD atteints de COVID-19 qui se sont identifiés comme noirs ou hispaniques. L’âge du patient a également diminué au cours de la période d’étude. Plusieurs facteurs, y compris les changements dans l’accès aux diagnostics et aux traitements, et la vaccination, pourraient avoir contribué à ces tendances. L’évolution des diagnostics, par exemple le diagnostic des infections à l’aide de tests antigéniques rapides à domicile, rendra de plus en plus fastidieuse la détection des infections bénignes par le SRAS-CoV-2 pour les études épidémiologiques chez les patients atteints de SARD. Plus important encore, l’exploitation des données des dossiers de santé électroniques restera importante pour saisir ces tendances chez ces patients dans les études futures.
conclusion
L’étude a démontré une forte baisse des cas graves de COVID-19 chez les patients SARD du début de la pandémie aux périodes récentes, y compris la vague Omicron. Ces améliorations temporelles des résultats cliniques indésirables de la COVID-19 étaient probablement multifactorielles. Les progrès des stratégies de dépistage, de prévention et de traitement de la COVID-19 ont probablement amélioré les résultats cliniques indésirables chez les patients atteints de SARD. De plus, l’amélioration de la capacité hospitalière, une diminution du nombre de personnes vulnérables et une diminution de la virulence des variantes du SRAS-CoV-2 ont encore amélioré les résultats temporels chez les patients atteints de SARD.
Fait intéressant, bien que la vaccination ait profité à de nombreux patients atteints de SARD avec des immunosuppresseurs, il est probable qu’ils soient encore vulnérables au COVID-19 sévère. Les futures études devraient étendre les observations de la présente étude aux futures variantes du SRAS-CoV-2 et envisager une immunité décroissante chez les patients atteints de SARD après une vaccination ou une infection naturelle. La prophylaxie pré-exposition avec le tixagevimab/cilgavimab, un anticorps monoclonal contre le SRAS-CoV-2, représente une stratégie importante pour protéger les patients à haut risque. Par conséquent, les futures études devraient également évaluer l’efficacité réelle du tixagevimab/cilgavimab chez les patients atteints de SARD.
*Avis important
medRxiv publie des rapports scientifiques préliminaires qui ne sont pas évalués par des pairs et, par conséquent, ne doivent pas être considérés comme concluants, guider la pratique clinique/les comportements liés à la santé, ou traités comme des informations établies.















