Chez les patients en âge de procréer atteints d’un cancer, la préservation de la fertilité des enfants potentiels à l’avenir devrait être une priorité élevée. Un article pratique publié dans JAMC (Journal de l'Association médicale canadienne) https://www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.250519 décrit la préservation réussie du tissu ovarien chez une jeune femme subissant une chimiothérapie urgente et présente un nouveau modèle de soins pour le Canada.
« Ce cas illustre les défis complexes auxquels sont confrontés les jeunes patients atteints de cancer qui désirent avoir des enfants biologiques mais nécessitent un traitement urgent qui menace leur potentiel reproductif », écrit la Dre Jennia Michaeli, spécialiste de la fertilité à l'hôpital Mount Sinai, qui fait partie de Sinai Health, et clinicienne-investigatrice et professeure adjointe à l'Université de Toronto, à Toronto, en Ontario, avec les coauteurs.
Malheureusement, de nombreuses interventions vitales – notamment la chirurgie des organes reproducteurs, la chimiothérapie et la radiothérapie abdominopelvienne – augmentent le risque d’infertilité et de dysfonctionnement endocrinien reproducteur. »
Dre Jennia Michaeli, spécialiste de la fertilité, Hôpital Mount Sinai
La patiente, située à 380 km de Toronto, a décidé de subir une préservation du tissu ovarien après avoir été conseillée sur les options, les risques de la chirurgie et les étapes de la procédure. L'équipe de fertilité du Mont Sinaï à Toronto a coordonné les soins à distance avec l'oncologue et le gynécologue local de la patiente pour s'assurer que le tissu était retiré chirurgicalement, puis transporté sous contrôle continu de la température vers un laboratoire d'embryologie spécialisé au Mont Sinaï.
Malgré les lignes directrices canadiennes approuvant la préservation de la fertilité comme norme de soins pour les patients atteints de cancer, la détresse des patients concernant leur survie, le manque de connaissances des médecins sur les options et la capacité limitée du système constituent des obstacles à une adoption plus large de cette pratique.
Le cas de cette patiente montre que la mise en œuvre d'un modèle centralisé « en étoile » pourrait aider à ouvrir les portes à la cryoconservation des tissus ovariens pour les jeunes patientes atteintes de cancer partout au Canada.
« Nous avons fourni avec succès des services spécialisés en oncofertilité grâce à des parcours de soins coordonnés qui surmontent les barrières géographiques, ce qui sert de preuve de concept », écrivent les auteurs.
« Le modèle décrit vise à réduire l'infertilité et le dysfonctionnement endocrinien reproducteur, à minimiser l'impact psychosocial de l'infertilité et à améliorer la qualité de vie des patients et de leurs familles en améliorant l'accès et la coordination des soins. »

























