L'hydrocéphalie est une maladie potentiellement mortelle qui survient chez environ 1 nouveau-né sur 1 000 et est souvent traitée par chirurgie invasive. Aujourd’hui, une nouvelle étude offre l’espoir de prévenir l’hydrocéphalie avant même qu’elle ne survienne.
Également connue sous le nom d’eau sur le cerveau, l’hydrocéphalie est causée par un excédent de liquide céphalo-rachidien (LCR) qui augmente la pression à l’intérieur du crâne et peut endommager les tissus cérébraux. Environ 40 pour cent des cas d'hydrocéphalie sont causés par des mutations génétiques uniques qui affectent la capacité du cerveau à réabsorber le liquide LCR.
Le traitement le plus courant de l'hydrocéphalie est la chirurgie visant à créer un shunt qui draine le liquide. Ceci est invasif et peut provoquer des effets indésirables tels qu’une infection.
Pour étudier un moyen de prévenir l'hydrocéphalie et d'éliminer le recours à la chirurgie, une équipe de recherche dirigée par le neuroscientifique Carl Ernst du Neuro (Institut-hôpital neurologique de Montréal) de l'Université McGill a testé si un médicament ciblant la mutation elle-même pourrait arrêter l'hydrocéphalie.
Ernst et son équipe ont utilisé comme exemple une maladie appelée syndrome de Schinzel-Giedion dans laquelle de nombreux enfants présentent une hydrocéphalie. Le syndrome est causé par des mutations dans un gène appelé SETBP1, qui amènent le gène à produire trop de protéines. Le résultat est une accumulation de liquide CSF.
L'équipe a administré un oligonucléotide, un type de thérapie par ARN, pour corriger l'impact de la mutation chez la souris. Ils ont découvert que l'oligonucléotide réduisait le nombre de descendants nés avec une hydrocéphalie à 25 pour cent chez les souris nouveau-nées, contre 75 pour cent dans le groupe témoin. Alors que l'oligonucléotide ciblait spécifiquement SETBP1, d'autres pourraient être adaptés pour traiter d'autres mutations, offrant ainsi le potentiel d'une nouvelle thérapie largement utilisée pour l'hydrocéphalie d'origine génétique.
Le fait qu’un ARN ciblant un seul gène puisse avoir un impact aussi important sur la prévention de l’hydrocéphalie chez des souris conçues pour souffrir de cette maladie nous a vraiment choqué. Bien que cette condition soit unique et très rare, nos travaux montrent pour la première fois que la thérapie par ARN en tant que classe de médicaments est capable d'empêcher l'hydrocéphalie de se produire. Notre étude ouvre une toute nouvelle voie thérapeutique pour commencer à travailler sur l’hydrocéphalie causée par différents gènes. »
Carl Ernst, neuroscientifique, Institut-hôpital neurologique du Neuro Montréal de l'Université McGill
Cette étude a été publiée dans la revue Thérapie moléculaire le 29 janvier 2026. Les travaux ont été financés par la Fondation Sandra et Alain Bouchard, le D2R de McGill et une subvention EU-JPRD financée en partie par les Instituts de recherche en santé du Canada et le Fonds de recherche du Québec.























