La fragilité entraîne une résilience réduite face à l’adversité. Une récente PLoS UN L’étude a utilisé une période d’austérité des dépenses publiques en Angleterre pour noter les changements de fragilité chez les individus âgés de 50 ans et plus.
Étude: La fragilité avant et pendant l’austérité : une analyse chronologique de l’étude longitudinale anglaise sur le vieillissement 2002-2018. Crédit d’image : Paul Maguire/Shutterstock.com
Sommaire
Arrière-plan
À la suite de la crise financière mondiale de 2008-2009, de nombreux pays ont mis en œuvre des politiques d’austérité à des degrés divers, visant à réduire les déficits budgétaires publics en combinant une baisse des dépenses publiques et une hausse des impôts.
Le premier a été privilégié au Royaume-Uni, où les dépenses publiques ont été réduites dans les domaines de la protection sociale, des budgets des collectivités locales et de l’aide sociale. Les dépenses consacrées au NHS ont également commencé à diminuer dans les années 2010, alors que la population continuait de vieillir. Cela s’est traduit par une stabilisation et une augmentation du taux d’espérance de vie depuis 2014.
Le déclin de plusieurs systèmes au cours d’une vie conduit à la fragilité, ce qui conduit à une capacité réduite et à une moindre résilience à se remettre des chocs. Elle est associée à des événements indésirables, tels que des séjours hospitaliers plus longs, un risque plus élevé de chutes, une mauvaise qualité de vie et des décès.
Il est important d’étudier l’évolution de la fragilité dans le contexte de l’austérité, car cela nous donne une idée de la santé des personnes âgées et de leur probabilité de vivre de manière indépendante à long terme.
À propos de cette étude
Les données de cette étude ont été obtenues à partir de l’étude longitudinale anglaise sur le vieillissement, représentative au niveau national, ELSA (2002 à 2018).
L’objectif principal était d’examiner si la fragilité a augmenté à des rythmes différents pendant les périodes d’austérité qu’auparavant. L’analyse de séries chronologiques interrompues à plusieurs niveaux (ITSA) a été utilisée pour étudier la corrélation entre fragilité et austérité.
De plus, les trajectoires de fragilité d’individus du même âge en 2002 et 2012 ont été analysées à l’aide d’une modélisation longitudinale accélérée.
La principale variable de résultat intéressante était un indice de fragilité basé sur le modèle de déficit de fragilité de Rockwood. Dans cette approche, le score est la proportion de déficits chez un individu donné, allant de 0 (aucun déficit) à 1.
Les scores ont été transformés en racine carrée parce que la distribution était fortement asymétrique à droite.
Principales conclusions
Au total, 16 410 personnes ont été incluses dans l’analyse, dont 8 977 femmes. Toutes années confondues, l’âge moyen était de 67 ans. La plage du score de fragilité était comprise entre 0 et 0,76 et avait une moyenne et une médiane de 0,15 et 0,12, respectivement.
Il a été démontré que la fragilité augmentait avec l’âge et était plus élevée chez les femmes (moyenne de 0,16) que chez les hommes (moyenne de 0,14). Il était également plus élevé pour les individus les plus pauvres.
Durant les périodes d’austérité (2012-2018), le score de fragilité a augmenté plus rapidement que lors de la période précédant la mise en œuvre de l’austérité (2002-2010). En utilisant une cohorte diversifiée d’individus, cette étude a construit des mesures de richesse individuelle et un indice de fragilité robuste avant et après l’austérité.
Il a également été observé que lorsque les dépenses publiques de santé augmentaient (des années 2000 aux années 2010), la fragilité moyenne de la population diminuait. Toutefois, ce gain a été largement annulé en raison de l’accumulation de déficits de fragilité pendant l’austérité.
Par conséquent, la population pourrait être moins résiliente à davantage d’austérité dans les années 2020 que dans les années 2010.
L’une des principales limites de cette étude est que l’indice de fragilité repose sur des mesures autodéclarées. On ne peut pas exclure un changement de tendance dans la manière dont une personne interrogée répond aux questions des questionnaires.
Il se pourrait également que l’augmentation de la fragilité dans les années 2010 reflète simplement le vieillissement de la cohorte et ne soit pas vraiment motivée par l’austérité.
Troisièmement, l’ELSA connaît une déperdition non aléatoire de la part des hommes, de ceux en mauvaise santé et de ceux issus de milieux socio-économiques défavorisés.
Cette attrition non aléatoire aurait également pu biaiser les résultats. Une dernière limite est commune à toutes les études observationnelles, dans la mesure où il s’agit d’une étude de corrélations et où la causalité ne peut être établie.
Conclusions
Cette étude a démontré que, comparée aux périodes pré-austérité, la période d’austérité était associée à une augmentation plus importante de la fragilité avec l’âge. Cette découverte est conforme aux augmentations de mortalité précédemment observées.
Les résultats sont très pertinents du point de vue politique, dans la mesure où la réduction des dépenses publiques affecte négativement la santé et la mortalité.
De nombreux pays sont actuellement confrontés à des défis budgétaires en raison de la pandémie, de la crise énergétique et de l’inflation. Les propositions de réduction des dépenses publiques doivent être soigneusement évaluées sur la base des conclusions documentées ici.
Les recherches futures devraient faire la lumière sur les causes de la détérioration des résultats en matière de santé pendant les périodes d’austérité par rapport à avant.
En outre, les déficits spécifiques liés à la fragilité devraient être analysés pour voir si les résultats sont dus à des déficits individuels plus sensibles à l’austérité à court terme.
