Des milliers de garderies agréées partout au Canada ne veillent peut-être pas à ce que les enfants dorment suffisamment et sainement en raison de réglementations incohérentes en matière de sommeil.
Une nouvelle étude de l'UBC dirigée par la Dre Wendy Hall, experte en sommeil pédiatrique et professeure de sciences infirmières émérite, a révélé que les réglementations en matière de sommeil dans les garderies agréées varient considérablement d'une province et d'un territoire canadien à l'autre, laissant souvent les centres sans lignes directrices claires pour répondre aux besoins de sommeil des enfants.
Nous avons constaté des disparités importantes dans les réglementations liées au sommeil entre les provinces et les territoires. Par exemple, les réglementations de la Colombie-Britannique manquent de lignes directrices spécifiques concernant les programmes généraux ou quotidiens de sommeil, se concentrant plutôt sur le maintien d'un environnement de sommeil sûr grâce à des facteurs tels que le positionnement, la sécurité de l'équipement et les pratiques interdites.
Dr Wendy Hall, experte en sommeil pédiatrique et professeure émérite en soins infirmiers
Les exigences réglementaires de l'Alberta ne précisent pas les programmes de sommeil ou l'espace, mais précisent le personnel requis. Dans les provinces de l'Atlantique, les réglementations varient en ce qui concerne les programmes intégrant du temps de repos ou de sommeil dans la journée. Les règlements de l'Ontario précisent les quantités de sommeil quotidiennes, l'espace et l'équipement de sommeil réservés à l'âge, ainsi que le personnel, le positionnement et la surveillance du sommeil, ainsi que les pratiques interdites. La réglementation québécoise ne précise pas la programmation générale ou quotidienne du sommeil, la dotation en personnel pendant le sommeil/repos, la position du sommeil ou la surveillance du sommeil. Il existe des manuels d'exploitation disponibles pour aider les titulaires de permis à interpréter les réglementations, mais de nombreux manuels sont obsolètes depuis des années.
Le Dr Hall a souligné que près des trois quarts des enfants au Canada sont en garderie – 56 pour cent sont dans une forme de garde d'enfants et 26 pour cent supplémentaires sont sur des listes d'attente. « L'absence de réglementations cohérentes crée une confusion quant au nombre et à la durée appropriés des siestes/périodes de repos pour les enfants, en particulier dans différents groupes d'âge. Bien que les siestes soient cruciales pour le développement, de nombreux centres ne donnent la priorité qu'à une seule période de repos par jour, ce qui peut ne pas convenir aux nourrissons. » besoins ou peuvent dépasser les besoins des enfants de trois à quatre ans. «
La définition d'un « nourrisson » varie également selon les provinces – la tranche d'âge peut varier de 12 à 24 mois – ce qui a une incidence sur les lignes directrices en matière d'espace et d'équipement pour dormir et sur le développement des enfants.
L'étude souligne également qu'il existe également des problèmes d'équité. Les enfants issus de milieux socio-économiques défavorisés qui ne dorment pas aussi longtemps la nuit peuvent particulièrement bénéficier de l’accès aux siestes pendant la journée – mais il n’existe pas de dispositions cohérentes à ce sujet dans l’ensemble des services de garde au Canada.
Pour garantir aux enfants un sommeil et un repos de qualité et suffisants, le Dr Hall recommande de consulter les lignes directrices canadiennes en matière de mouvement sur 24 heures comme un bon point de départ pour la petite enfance. Ces lignes directrices intègrent l'activité physique, la sédentarité et le sommeil des enfants, recommandant des siestes pour les nourrissons et les enfants de moins de deux ans, ainsi que des options de sieste pour les trois à quatre ans.
Les garderies doivent également mettre l’accent sur des pratiques de sommeil sûres, en surveillant les enfants pendant leur sommeil pour garantir leur sécurité. Seules les réglementations de la Colombie-Britannique et de l’Ontario mettent l’accent sur la position de sommeil.
« Il est important de comprendre que chaque province ou territoire établit ses propres règlements en matière de garde d'enfants, ce qui complique la création d'une approche nationale cohérente », a ajouté le Dr Hall. De nombreux gouvernements ont déjà du mal à fournir des services de garde d'enfants et du personnel adéquats, ce qui rend difficile l'amélioration de la réglementation du sommeil. Cependant, des organisations comme la Société canadienne du sommeil et la Fédération canadienne des services de garde à l’enfance pourraient plaider en faveur d’une meilleure réglementation du sommeil. Le sommeil devrait également être un élément clé de la formation des éducateurs de la petite enfance.
Les parents peuvent surveiller les habitudes de sommeil de leur enfant, parler aux prestataires de services de garde des besoins de leurs enfants et se familiariser avec les directives en matière de sommeil. Par exemple, les lignes directrices de l’American Academy of Sleep Medicine sont utiles dans le contexte de recommandations pour une période de 24 heures, mais ne séparent pas les siestes du sommeil nocturne. Les lignes directrices canadiennes en matière de mouvements sur 24 heures fournissent des recommandations spécifiques pour les siestes dans le cadre plus large du sommeil.

















