Dans un récent article publié sur le medRxiv serveur de prépublication*, les chercheurs analysent les données épidémiologiques et immunologiques des individus vaccinés avec le vaccin Pfizer-BioNTech contre la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) BNT162b2. Ces données ont été utilisées pour estimer les corrélats immunitaires de protection contre les infections post-vaccinales symptomatiques (PVI).
Étude: Corrélats immunitaires et comportementaux de protection contre l’infection symptomatique par le SRAS-CoV-2 post-vaccination. Crédit d’image : Vladimir Greso/Shutterstock.com

*Avis important: medRxiv publie des rapports scientifiques préliminaires qui ne sont pas évalués par des pairs et, par conséquent, ne doivent pas être considérés comme concluants, guider la pratique clinique/le comportement lié à la santé, ni être traités comme des informations établies.
Sommaire
Arrière-plan
Plusieurs études ont rapporté des anticorps de liaison post-vaccination (bAb) et des titres neutralisants (NT) associés à la protection contre l’infection par le coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS-CoV-2) ; cependant, ces résultats sont largement incohérents.
Les résultats divergents de ces études peuvent être attribués à plusieurs facteurs. Par exemple, plusieurs études ont utilisé des résultats variables et précis, tels qu’une infection symptomatique et grave, pour définir la protection, en plus de l’inclusion de populations hétérogènes. De nombreuses études manquaient également d’inclusion de différents risques d’exposition individuels, de niveaux d’infectiosité et de transmission variables dans le temps des variantes du SRAS-CoV-2, ainsi que de comportements variables d’atténuation des risques des individus.
À propos de l’étude
Dans la présente étude, les chercheurs développent un cadre analytique intégrant la démographie des patients et les comportements à risque pour estimer le corrélat immunitaire de la protection contre les PVI symptomatiques.
Des échantillons de sérum et de salive ont été collectés auprès de 176 agents de santé vaccinés contre le BNT162b2 du Centre médical militaire national Walter Reed (WRNMMC) entre octobre et décembre 2021, ce qui correspond à la première vague Omicron aux États-Unis.
Ces échantillons ont été utilisés pour évaluer les bAb d’immunoglobuline G (IgG)/IgA spécifiques de Spike (S) de type sauvage (WT) du SRAS-CoV-2 Wuhan-1 et les bAb et NT spécifiques d’Omicron S à l’aide d’une microsphère multiplex réservée à la recherche. immunoessai basé sur (MMIA).
Les résultats du MMIA ont été comparés à ceux obtenus à partir de deux tests commerciaux, dont le premier test mesurait les bAb totaux contre le domaine de liaison au récepteur (RBD) de la protéine WT S. Comparativement, le deuxième test a mesuré les bAb IgG SARS-CoV-2 contre WT RBD.
Tous les participants ayant subi une IVP ont été invités à remplir un questionnaire validé (FLU-PRO Plus©) pour évaluer si les corrélats de protection immunitaire étaient associés à une diminution de la gravité ou de la durée des symptômes. Plus précisément, FLU-PRO Plus a mesuré la gravité de 34 symptômes dans sept domaines, notamment ceux affectant le nez, la gorge, le corps entier, la poitrine, le goût/l’odorat, le tractus gastro-intestinal et les yeux.
Les scores moyens de chaque domaine de symptômes ont ensuite été déterminés, dans lesquels un score de quatre indiquait les symptômes les plus intenses pour calculer un score total de symptômes compris entre zéro et 28. Le questionnaire mesurait également la fréquence et la durée des symptômes du COVID-19.
Résultats de l’étude
Plusieurs biomarqueurs sérologiques et salivaires pouvant être utilisés comme corrélats reproductibles de la protection immunitaire contre les IVP symptomatiques ont été évalués à l’aide d’un cadre hautement adaptable intégrant le comportement à risque des patients et des facteurs démographiques afin de minimiser les biais dans leurs estimations. Au total, 32 participants ont développé une PVI symptomatique entre le 7 décembre 2021 et le 1er avril 2022.
Une forte corrélation a été observée entre les niveaux de bAb anti-S IgG contre WT ou Omicron BA.1 et les NT anti-Omicron et anti-PVI, comme évalué par MMIA. Chez les individus ayant développé des IVP, les titres plus élevés de bAb anti-S IgG étaient inversement corrélés à la gravité des symptômes et à la durée de l’infection. Il est important de noter qu’une protection robuste de plus de 90 % contre l’infection symptomatique à Omicron nécessitait plus de 5 000 unités d’anticorps de liaison (BAU)/ml de niveaux de bAb anti-S IgG.
Bien qu’il y ait une forte corrélation entre les résultats des tests commerciaux et ceux des recherches internes concernant les niveaux de bAb anti-RBD, les deux résultats des tests n’ont pas atteint une signification statistique lors de l’évaluation des différents niveaux de bAb chez les participants avec et sans PVI. Cette observation indique la nécessité de repenser la sensibilité de ces tests pour détecter les biomarqueurs qui reflètent une vulnérabilité réduite à l’infection par le SRAS-CoV-2.
L’analyse des niveaux salivaires d’IgG et d’IgA bAb spécifiques au S n’a révélé aucune association significative entre les titres d’anticorps et le développement du PVI. Cela est probablement dû au fait que le vaccin à ARNm BNT162b2 induit faiblement des anticorps au niveau des muqueuses.
Le score de risque à domicile, principalement attribué à l’exposition interne au SRAS-CoV-2, est fortement corrélé au risque PVI. À l’inverse, il n’y avait aucune corrélation entre le risque d’infection, les mesures du risque d’exposition professionnelle, ainsi que les précautions au travail et à la maison adoptées par un individu.
Conclusions
Après ajustement en fonction de la démographie et du comportement à risque des patients, les niveaux de bAb anti-S IgG peuvent potentiellement constituer un bon corrélat de protection contre les PVI. Les résultats de l’étude indiquent également que les tests commerciaux évaluant les niveaux d’anti-S bAb pourraient nécessiter une conception reformatée pour permettre la détection d’une sensibilité plus élevée aux PVI.

*Avis important: medRxiv publie des rapports scientifiques préliminaires qui ne sont pas évalués par des pairs et, par conséquent, ne doivent pas être considérés comme concluants, guider la pratique clinique/le comportement lié à la santé, ni être traités comme des informations établies.

















