Des chercheurs de l’Université McMaster ont identifié, pour la première fois, une nouvelle région de l’ADN et deux gènes associés liés à la fragilité, offrant ainsi des informations neurologiques et immunitaires qui pourraient aider à expliquer pourquoi certaines personnes âgées sont plus susceptibles d’être fragiles que d’autres.
Les conclusions de l'équipe McMaster, publiées le 22 avril 2026 dans la revue npj vieillissement, combler une lacune importante en révélant les facteurs génétiques qui contribuent au développement de la fragilité. La découverte établit un lien biologique avec la maladie et ouvre de nouvelles voies pour une détection précoce et une intervention ciblée.
La fragilité constitue un défi de santé publique croissant en raison du vieillissement rapide de la population. Elle augmente le risque de chutes, d’invalidité, d’hospitalisation et de décès précoce, mais sa biologie sous-jacente reste mal comprise.
Cette recherche nous donne de nouveaux indices biologiques sur les raisons pour lesquelles la fragilité se développe. Nous avons identifié une région génétique qui n’a jamais été associée à la fragilité auparavant. Comprendre comment les systèmes immunitaire et cérébral influencent la fragilité ouvre la porte à un dépistage plus précoce et à des approches potentiellement plus personnalisées pour soutenir un vieillissement en bonne santé.
Sayem Borhan, auteur principal de l'étude et professeur adjoint, Département des méthodes, des données probantes et de l'impact de la recherche en santé à McMaster
« Nous espérons que ces résultats aideront les chercheurs à développer des outils pour identifier plus rapidement les personnes à risque. La fragilité est complexe et influencée par de nombreux facteurs, mais la génétique est une pièce importante du casse-tête », ajoute Borhan, qui est également membre de l'Institut McMaster de recherche sur le vieillissement (MIRA) et chercheur affilié à l'Institut de recherche de St. Joe's Hamilton.
L’équipe de recherche a mené un type d’étude appelé étude d’association pangénomique (GWAS), qui analyse l’ADN complet de nombreuses personnes pour identifier les variations génétiques. Ils ont utilisé plus de 8 millions de variantes génétiques provenant de plus de 23 000 participants à l’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement (ÉLCV) et ont classé les participants comme non fragiles, préfragiles ou fragiles en fonction des caractéristiques cliniquement validées de la fragilité, notamment la force de préhension, la vitesse de marche, l’épuisement, la perte de poids et l’activité physique.
L’analyse a révélé une variante génétique sur une région jusqu’alors inconnue du chromosome 12, qui est plus fréquente chez les personnes fragiles. Cette région exacte n’a jamais été identifiée auparavant. Deux gènes (PLXNC1 et SOCS2) liés à cette région ont été identifiés, démontrant le rôle du cerveau et du système immunitaire dans la fragilité.
Il s’agit de l’une des plus grandes études d’association pangénomique de la fragilité réalisées au Canada et la première à identifier cette région génomique spécifique. Ensemble, ces résultats rapprochent les chercheurs de la compréhension de la biologie de la fragilité – une étape essentielle vers une détection plus précoce et de meilleures stratégies de prévention.
« Le phénomène mondial du vieillissement rapide de la population nous met tous au défi de trouver des moyens de vieillir en bonne santé. La connaissance des mécanismes biologiques sous-jacents du vieillissement est essentielle pour trouver ces moyens », déclare Parminder Raina, dernier auteur de l'étude et professeur au Département de méthodes, données probantes et impact de la recherche en santé à McMaster. Raina est la directrice scientifique fondatrice de MIRA et la chercheuse principale principale de l'ÉLCV.
Les prochaines étapes de la recherche comprennent la validation de ces découvertes génétiques dans des populations plus diverses, l'étude de la manière dont les gènes identifiés influencent l'inflammation et le fonctionnement cérébral au fil du temps, et l'exploration de la possibilité de cibler ces voies biologiques pour prévenir ou retarder la fragilité. L’équipe espère également que les travaux futurs soutiendront le développement d’outils de dépistage précoce qui aideront les cliniciens à identifier les personnes présentant un risque plus élevé bien avant que la fragilité n’affecte leur santé ou leur autonomie.
















