Dans une étude récente publiée dans Rapports scientifiques, les chercheurs ont identifié et évalué les associations entre les principaux régimes alimentaires et les facteurs de risque métaboliques chez les adultes du nord-ouest de l’Éthiopie.
Étude: Modèles alimentaires et associations avec les facteurs de risque métaboliques des maladies non transmissibles. Crédit d’image : Serhiy Stakhnyk/Shutterstock.com
Sommaire
Arrière-plan
Les facteurs de risque métaboliques tels que l’obésité abdominale, l’indice de masse corporelle (IMC) élevé et l’hypertension sont des facteurs clés du fardeau croissant des maladies non transmissibles (MNT) à l’échelle mondiale, avec un impact significatif dans les pays en développement.
Ces facteurs provoquent des perturbations métaboliques conduisant à des maladies chroniques telles que le diabète et les maladies cardiovasculaires (MCV). Plus d’un milliard de personnes dans le monde souffrent d’hypertension et les taux d’obésité sont alarmants.
Les habitudes alimentaires influencent considérablement ces facteurs de risque. Des études indiquent une évolution vers une consommation d’aliments transformés malsains en raison de problèmes de sécurité alimentaire et de changements culturels.
Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre comment les habitudes alimentaires régionales dans les pays en développement comme l’Éthiopie affectent les facteurs de risque métaboliques et pour éclairer les interventions et politiques nutritionnelles efficaces pour la prévention des MNT.
À propos de l’étude
Dans une enquête transversale communautaire menée de mai à juin 2021 à Bahir Dar, dans le nord-ouest de l’Éthiopie, 423 adultes ont été recrutés dans des maisons d’habitation à l’aide d’une technique d’échantillonnage aléatoire systématique.
Cette taille d’échantillon a été calculée sur la base des hypothèses d’un taux de prévalence de 50 %, d’un niveau de confiance de 95 % et d’un taux de non-réponse estimé à 10 %. Les participants éligibles étaient des adultes âgés de 18 à 65 ans, résidant dans la région depuis au moins six mois.
La nutrition des adultes a été évaluée à l’aide d’un questionnaire validé sur la fréquence des aliments (FFQ), qui comprenait quatorze groupes alimentaires : légumes, fruits, céréales, viande, produits laitiers et restauration rapide. Les participants ont été interrogés sur leur fréquence de consommation de ces groupes alimentaires au cours du mois dernier.
Les mesures physiques telles que le poids, le tour de hanches/taille, la taille et la tension artérielle ont été effectuées à l’aide d’outils standardisés. Les mesures de la pression artérielle ont été prises deux fois et la moyenne a été utilisée pour l’analyse.
L’hypertension était définie comme une pression artérielle ≥ 140/90 mmHg. L’IMC a été calculé, avec des valeurs de 25 à 30 kg/m² classées comme surpoids et ≥ 30 comme obésité. Le rapport taille/hanche (WHR) a également été calculé, avec ≥ 0,85 pour les femmes et ≥ 0,90 pour les hommes, indiquant une obésité abdominale.
Les données ont été codées et analysées à l’aide du logiciel Epi Data et SPSS. L’analyse en composantes principales (ACP) a été utilisée pour identifier les habitudes alimentaires, et l’analyse de régression logistique a examiné les associations entre les habitudes alimentaires et les facteurs de risque métaboliques.
Les variables montrant des associations dans l’analyse bivariée ont été ajustées dans le cadre d’une régression logistique multivariée pour identifier les prédicteurs significatifs. L’étude a respecté les directives éthiques et a reçu l’approbation des comités concernés.
Résultats de l’étude
La présente étude, menée dans le nord-ouest de l’Éthiopie, a identifié quatre principaux modèles alimentaires parmi 415 adultes : les modèles « occidentalisés » et « traditionnels ».
Le modèle occidentalisé était marqué par une consommation plus élevée de viande, de produits laitiers, de fruits, de restauration rapide, de boissons alcoolisées, de poisson et d’aliments sucrés. À l’inverse, le modèle traditionnel était caractérisé par une consommation fréquente de légumes, de légumineuses, de racines, de céréales, de tubercules, de café et d’huiles.
La prévalence des facteurs de risque métaboliques comme l’hypertension, le surpoids/l’obésité et l’obésité abdominale variait au sein de la population. Notamment, l’hypertension était significativement plus faible chez les adultes qui adhéraient davantage au régime alimentaire occidentalisé.
Plus précisément, les personnes appartenant aux troisième et quatrième quantiles de cette tendance étaient respectivement 72 % et 65 % moins susceptibles de souffrir d’hypertension que celles du premier. Cependant, aucune association significative n’a été observée entre les habitudes alimentaires et d’autres facteurs de risque métaboliques comme le surpoids/l’obésité et l’obésité abdominale.
Sur le plan démographique, les adultes plus jeunes, mariés et à revenu moyen étaient plus enclins au modèle occidentalisé, tandis que les femmes et les individus à revenu moyen étaient davantage associés au modèle traditionnel. Ces associations mettent en évidence l’influence de facteurs socio-économiques et de modes de vie sur les choix alimentaires dans la région.
En outre, les résultats de l’étude s’ajoutent au nombre croissant de preuves sur l’impact des habitudes alimentaires sur les résultats en matière de santé, en particulier dans les pays en développement.
L’identification de ces modèles alimentaires spécifiques dans le nord-ouest de l’Éthiopie fournit des informations précieuses sur les tendances locales de consommation alimentaire et leurs implications sur la santé métabolique. Ces connaissances sont cruciales pour formuler des interventions et des politiques ciblées visant à lutter contre le fardeau croissant des MNT dans la région, dû en partie à des facteurs alimentaires.
Les résultats soulignent la complexité des habitudes alimentaires et leur association avec les résultats en matière de santé, qui sont influencés par la géographie, la culture, le statut socio-économique et les choix de vie individuels.
Cette complexité nécessite des recherches plus approfondies pour démêler les relations complexes entre alimentation et santé, en particulier dans des sociétés en évolution rapide.
Conclusions
La présente étude a identifié des modèles alimentaires « occidentalisés » et « traditionnels » chez les adultes. La méthode occidentalisée, riche en fruits, en viande et en restauration rapide, était significativement corrélée à des taux d’hypertension plus faibles, en particulier dans les quantiles élevés.
Cependant, aucun lien substantiel n’a été trouvé entre le schéma traditionnel, axé sur les céréales et les légumes, et les risques métaboliques comme l’hypertension ou l’obésité.
Les tendances démographiques montraient que les adultes plus jeunes, mariés et à revenu moyen favorisaient le modèle occidentalisé, tandis que le modèle traditionnel était plus courant chez les femmes et les individus à revenu moyen. Ces informations sont essentielles pour développer des interventions alimentaires spécifiques à une région afin de lutter contre le fardeau croissant des MNT.















