La condition physique des jeunes adultes varie considérablement d'un pays à l'autre et est fortement associée au développement socio-économique et à l'égalité des sexes, selon une nouvelle étude du Karolinska Institutet publiée dans la revue Journal des sciences du sport et de la santé rapports. Les résultats indiquent que les niveaux de développement et l’égalité des sexes dans une société peuvent affecter les différences de capacité physique et donc la santé publique en général.
La condition cardiorespiratoire (CRF) est un facteur important de santé et d’espérance de vie. Pour cette présente étude, les chercheurs ont systématiquement examiné les données de 95 études menées dans 24 pays et impliquant un total de plus de 119 000 participants adultes.
Le CRF est mesuré par ce que l'on appelle le VO2peak, qui correspond à la consommation d'oxygène la plus élevée qu'un corps atteint pendant un effort physique.
Le groupe, qui comprenait des chercheurs du KI et de l'Université des sports de Shanghai, a étudié les corrélations entre le CRF, l'indice de développement humain (HDI) et l'indice d'inégalité entre les sexes (GII).
L'IDH est une mesure de paramètres sociétaux tels que l'éducation, le revenu et l'espérance de vie, tandis que l'IGI reflète les différences entre les femmes et les hommes en termes de santé, d'éducation et de travail.
Corrélation claire chez les femmes
Les résultats montrent que les habitants des pays avec un IDH moyen étaient en moyenne plus en forme, une corrélation particulièrement importante chez les femmes, où les jeunes femmes des pays avec un IDH moyen avaient un pic de VO2 plus élevé que les femmes des pays avec un IDH faible (31,2 contre 28,5 mL/kg/min). Cependant, une nouvelle augmentation de l’IDH de moyen à élevé n’a donné que de légères améliorations.
Nos résultats suggèrent que les structures sociétales influencent grandement l’accès des gens à l’exercice et donc leur niveau de forme physique. »
Nicolas Pillon, auteur principal de l'étude, chercheur au Département de physiologie et pharmacologie, KI
L’étude montre également qu’une plus grande égalité entre les sexes (un GII plus faible) est corrélée à un niveau de forme physique plus élevé chez les femmes et les hommes. Là encore, la différence était la plus notable parmi les jeunes femmes, qui, dans les pays à forte égalité des sexes, avaient en moyenne un pic de VO2 6,5 ml/kg/min plus élevé que leurs pairs dans les pays à faible égalité des sexes.
« Nos résultats soulignent l'importance des interventions et des lignes directrices sociétales qui réduisent les obstacles sociaux et liés au genre à l'exercice physique, mais soulignent que davantage de recherches sont nécessaires dans les pays ayant un IDH plus faible et sur les obstacles auxquels sont confrontées les différentes communautés ethniques et socio-économiques », déclare Barbara Ainsworth, chercheuse à l'Université du sport de Shanghai et responsable de l'étude.
L'étude a été financée par des subventions de la Fondation Novo Nordisk et du Diabetes Wellness Network Sverige.























