Le doublement des franchises médicales et des participations forfaitaires suscite des débats depuis plusieurs mois autour du déficit de la Sécurité sociale. Le gouvernement rappelle souvent que 18 millions de Français sont exonérés de ce reste à charge sur les médicaments et les actes médicaux. Mais qui sont-ils exactement ?
Selon les informations officielles de l’Assurance Maladie, les personnes exonérées de la franchise médicale incluent plusieurs catégories spécifiques : les enfants et jeunes de moins de 18 ans, les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (CSS) ou de l’Aide médicale de l’État (AME), les femmes enceintes à partir du 1er jour du 6e mois de grossesse et jusqu’au 12e jour après l’accouchement, les mineures pour la contraception et la contraception d’urgence sans consentement parental, ainsi que les victimes d’un acte de terrorisme pour les frais de santé liés à cet événement. Par ailleurs, les titulaires d’une pension militaire d’invalidité sont dispensés pour les soins liés à leurs infirmités donnant lieu à pension, mais pas nécessairement pour les autres soins. Ces exemptions concernent environ un tiers des assurés, soit les 18 millions de personnes mentionnées par le gouvernement, incluant notamment les mineurs, les femmes enceintes, les bénéficiaires de la CSS et des minima sociaux.
Le montant et le plafond annuel des franchises médicales et des participations forfaitaires, ces sommes qui restent à la charge des patients et ne sont généralement pas remboursées par les mutuelles, ont déjà doublé en 2024. Pour réduire le déficit de la Sécu, le gouvernement prévoit une nouvelle augmentation dans le cadre du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026.
Concrètement, la franchise sur les boîtes de médicaments et les actes paramédicaux pourrait passer à 2 € (contre 1 € aujourd’hui). Celle sur les transports sanitaires atteindrait 8 € (contre 4 € actuellement). La participation forfaitaire sur les actes médicaux serait de 4 € (contre 2 €). Les deux plafonds annuels (l’un pour les participations forfaitaires, l’autre pour les franchises) grimperaient à 100 € chacun, contre 50 € aujourd’hui. Pour un patient avec des traitements et suivis réguliers, le coût total pourrait ainsi atteindre jusqu’à 200 € par an (contre 100 € actuellement).
Ces réformes soulèvent des questions sur l’équité d’accès aux soins, un débat qui résonne au-delà des frontières françaises. Par exemple, en Italie, des changements similaires dans le système de santé public en Lombardie ouvrent la porte aux assurances privées, risquant d’aggraver les inégalités. Cette évolution récente pourrait influencer d’autres pays européens dans leur approche des déficits sanitaires.






















