Si les juridictions canadiennes imposaient des étiquettes d'avertissement sur l'alcool et un prix minimum lié au nombre de boissons standard dans un contenant, cela pourrait éviter des centaines de diagnostics de cancer et de décès, selon une nouvelle étude menée par l'Institut canadien de recherche sur l'usage de substances (CISUR) de l'Université de Victoria.
La recherche, publiée dans Santé publique Lanceta cherché à voir comment différents scénarios de politique en matière d'alcool pourraient potentiellement réduire le nombre de cancers liés à l'alcool au Canada. Les chercheurs ont examiné cinq scénarios : deux impliquant la fixation de prix minimum liés aux boissons standard dans un contenant – également appelés prix unitaires minimum – avec des prix fixés à 1,75 $ et 2,00 $ par boisson standard ; une étiquette d'avertissement avec des messages en rotation et une autre qui mettait simplement en garde contre l'alcool et le risque de cancer ; et un qui combinait le prix unitaire minimum de 2,00 $ avec une étiquette d'avertissement contre le cancer.
Il s'agit de politiques fondées sur des données probantes que les juridictions envisagent – il y a actuellement un projet de loi de mise en garde contre le cancer au Sénat canadien, et certaines provinces ont mis en œuvre ou envisagent de mettre en œuvre un prix unitaire minimum – mais elles sont sous-utilisées. Nous voulions voir à quel point ces politiques pourraient faire une grande différence dans la réduction des cancers liés à l'alcool.
Adam Sherk, scientifique du CISUR et auteur principal de l'étude
Les chercheurs ont utilisé la modélisation pour évaluer l’impact que ces changements politiques pourraient avoir sur l’incidence du cancer et sur les décès. La combinaison d'un prix minimum de 2,00 $ et d'un avertissement sur le cancer a montré la réduction la plus forte, conduisant à 674 cas de cancer en moins (de 9 498 à 8 824) et à 216 décès de moins (de 3 866 à 3 617) une fois les effets pleinement réalisés. La réduction a été plus importante dans les populations à faible revenu et dans les groupes d’âge plus jeunes.
« Nous pensons qu'il s'agit de la première étude à modéliser les impacts des étiquettes d'avertissement sur les cas de cancer et les décès, mais les cancers ne sont que l'un des nombreux risques potentiels pour la santé liés à la consommation d'alcool », explique Sherk. « Si l'on incluait les nombreux autres méfaits causés par l'alcool, comme les accidents ou les maladies du foie, la réduction des décès serait encore plus importante. »
Cette recherche a été financée par la subvention Catalyseur des Instituts de recherche en santé du Canada : Recherche sur l'alcool pour éclairer les politiques et les interventions en matière de santé, et a été réalisée en collaboration avec des chercheurs du Centre canadien sur l'usage et la toxicomanie (CCLT) et de Santé publique Ontario.























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