De nouveaux résultats du registre Northwell-Shock montrent que même si les femmes souffrant d'un choc cardiogénique lié à un infarctus aigu du myocarde (AMI-CS) sont moins susceptibles de recevoir des traitements invasifs, les décisions cliniques sont motivées par des marqueurs objectifs de la gravité de la maladie plutôt que par le sexe. Cependant, le cadre de ces décisions diffère entre les hommes et les femmes, ce qui suggère des différences significatives dans la manière dont les options de traitement sont discutées avec les patients et les soignants. Les chercheurs ont présenté aujourd’hui les données les plus récentes lors des sessions scientifiques 2026 de la Society for Cardiovascular Angiography & Interventions (SCAI) et du sommet de l’Association canadienne de cardiologie interventionnelle/Association canadienne de cardiologie d’intervention (CAIC-ACCI) à Montréal.
L'AMI-CS survient lorsqu'une crise cardiaque altère gravement la capacité du cœur à pomper suffisamment de sang pour maintenir la fonction des organes vitaux. Le choc cardiogénique survient dans jusqu'à 10 % des crises cardiaques aiguës et constitue la principale cause de décès après un événement aigu. Les femmes atteintes d'AMI-CS connaissent une mortalité plus élevée et sont moins susceptibles de subir des procédures invasives que les hommes, mais les raisons de ces différences restent floues.
L'étude a inclus 1 374 patients (31,4 % de femmes) atteints d'AMI-CS du registre Northwell-Shock qui ont été traités dans 13 hôpitaux de New York entre janvier 2016 et août 2022. Des examens des dossiers ont été effectués pour déterminer les raisons citées par les cliniciens pour le report du traitement invasif. Une régression multivariée a ensuite été réalisée pour déterminer si le sexe féminin était associé de manière indépendante à une stratégie de prise en charge conservatrice.
Les femmes ont reçu un taux plus faible d'angiographie coronarienne invasive (ICA) que les hommes (78 % contre 86 %, p <0,01). Cependant, parmi les femmes ayant reçu une ICA, les taux d'ICP ultérieures étaient comparables à ceux des hommes (57 % contre 58 %, p = 0,8). La principale raison documentée d'exclusion chez les femmes était la préférence du patient ou de la famille, qui s'est produite près de deux fois plus souvent que chez les hommes (47 % contre 24 %, p < 0,01). Chez les hommes, les complications médicales et les dysfonctionnements neurologiques graves ont été cités le plus souvent pour ne pas avoir subi de traitement invasif. Bien que des affections compliquées concomitantes aient joué un rôle chez les deux sexes, les discussions concernant les objectifs des soins ont guidé les décisions deux fois plus souvent chez les femmes que chez les hommes (47 % contre 24 %). Après ajustement en fonction de différents facteurs tels que l'âge, la fonction rénale, le type d'IAM et la présence d'un arrêt cardiaque, le sexe n'était pas associé de manière indépendante au traitement conservateur (RC 1,18 ; IC à 95 % 0,80-1,78, p = 0,49).
Bien que des différences entre les sexes aient été observées précédemment, les mécanismes sous-jacents à l’origine de ces différences n’ont pas été pleinement explorés. Nous nous attendions à trouver des différences subtiles, mais nous avons été surpris par la nette différence entre les hommes et les femmes dans la manière dont les objectifs de soins jouent un rôle déterminant. Cette étude prouve que la manière dont nous communiquons l'information aux patients et à leurs familles peut influencer de manière significative la prise de décision et peut finalement affecter les résultats. »
Miguel Alvarez Villela, MD, cardiologue interventionnel en insuffisance cardiaque à Northwell Health, New York

















