Dans une étude récente publiée dans le Journal d’Eurosurveillance, des chercheurs ont évalué la surveillance française de la résistance aux antibiotiques (ABR), de l’utilisation et des résidus dans les secteurs environnemental, animal et humain en 2021.
Étude: Vers une seule santé surveillance de la résistance aux antibiotiques : caractérisation et cartographie des programmes existants chez l’homme, l’animal, l’alimentation et l’environnement en France, 2021. Crédit d’image : RattiyaThongdumhyu/Shutterstock.com
Sommaire
Arrière-plan
ABR, un problème de santé de la population, a menacé les soins de santé en réduisant les taux de réussite du traitement des infections bactériennes. Les microbes résistants aux antibiotiques persistent chez les animaux, les humains, les aliments et l’environnement.
Par conséquent, la prévention de la RBA est un problème de santé complexe qui pourrait être résolu en intégrant des politiques de santé intersectorielles et en collaborant à des efforts mondiaux.
Les organisations internationales ont développé l’initiative One Health pour lutter contre l’ABR. Les systèmes de surveillance doivent être cartographiés aux niveaux national et international pour permettre une coordination mondiale et réduire le fardeau de la RBA sur les établissements de santé.
À propos de l’étude
Dans la présente étude, les chercheurs ont caractérisé et cartographié les programmes français de surveillance de la résistance, de l’utilisation et des résidus d’antibiotiques chez les animaux, les humains, l’environnement et les aliments.
L’étude comprenait des programmes de surveillance locaux et nationaux comprenant des groupes structurés d’institutions et d’acteurs impliqués dans la collecte, la centralisation, l’analyse quantitative et la communication des résultats de manière régulière et à long terme.
L’équipe a recherché dans des bases de données telles que PubMed et la littérature grise, entre janvier et février 2021, des enregistrements publiés en français et en anglais à partir de 2005 pour identifier les programmes de surveillance français évaluant la résistance, l’utilisation et les résidus d’antibiotiques chez les animaux, les humains, l’environnement et les aliments.
Les principales sources de données comprenaient les sites Web du ministère de la Santé, les agences de santé et diverses institutions privées et publiques surveillant l’ABR. L’équipe a exclu les études de recherche non répétées, les programmes inactifs au cours de la période d’examen, les programmes de recherche clinique et ceux qui étudient la pertinence de l’utilisation d’antibiotiques.
Les coordonnateurs du programme ont été contactés par courrier et interrogés de février à juin 2021 pour vérifier l’admissibilité au programme. La liste des programmes a été envoyée aux experts de terrain pour identifier les données manquantes et confirmer la liste.
Les programmes de surveillance ont été caractérisés à l’aide de grilles standardisées comprenant 28 variables liées à une organisation telles que la propriété, le statut réglementaire, les activités de coordination et de pilotage, les opérations et les méthodes, y compris la couverture, la population cible, la technique d’échantillonnage, l’analyse des données, les indicateurs et la diffusion des résultats.
Résultats
En 2021, sur 79 programmes de surveillance identifiés initialement, 48 programmes ont contribué à la surveillance ABR française.
Parmi les programmes inclus, 35, 12, trois et un ciblaient respectivement les humains, les animaux, l’alimentation et l’environnement, et la plupart des programmes (n = 34) étaient financés par des fonds publics. Les autorités sanitaires réglementaient 29 programmes, tandis que les acteurs bénévoles géraient 19 programmes.
La plupart des programmes (n = 27) ont été construits avant 2010 et 15 ont été développés au cours des 10 premières années. Parmi les programmes, 24 collectaient des données annuellement, 14 collectaient des données annuellement, six collectaient des données infra-annuelles et trois collectaient des données pluriannuelles. Les résultats ont été diffusés annuellement (n=43), puri-annuellement (n=trois) ou infra-annuellement (n=deux).
La plupart des programmes (n = 43) ont été menés à l’échelle nationale et 31 ont inclus des territoires d’outre-mer. Parmi les programmes, 10 avaient une granularité élevée et affichaient leurs résultats au niveau infranational, et cinq programmes diffusaient les résultats au niveau régional.
Parmi les programmes de surveillance ABR, 23 avaient accès à des isolats bactériens, dont Staphylococcus aureus, Escherichia coliet Klebsiella pneumoniae. Particulièrement résistant à la méthicilline Staphylococcus aureus (SARM) et producteurs de β-lactamases à spectre étendu (BLSE) E. coli ont été surveillés.
Les programmes d’utilisation d’antibiotiques (n = 14) ont effectué une surveillance basée sur l’administration, la fourniture de données, les données sur les ventes, les prescriptions et les remboursements. Les indicateurs d’utilisation, de résistance et de résidus d’antibiotiques comprenaient les taux d’incidence, le nombre d’infections bactériennes ABR et la prévalence d’échantillons contenant ≥ un isolat ABR.
L’équipe a utilisé les seuils cliniques du Comité européen sur les tests de sensibilité aux antimicrobiens (EUCAST) mis en avant pour déterminer l’ABR.
Pour les programmes animaux, les seuils épidémiologiques (ECOFF) publiés par l’EUCAST ou le Comité des antibiogrammes de la section vétérinaire de la Société française de microbiologie (CASFM), ou les seuils du Clinical and Laboratory Standards Institute (CLSI), ou les valeurs minimales de concentration inhibitrice ont été utilisé.
Le pourcentage d’échantillons au-delà de la limite maximale de résidus (LMR) a été utilisé comme indicateur de résidus d’antibiotiques pour les quinolones et les sulfamides. Les indicateurs du secteur de l’environnement comprenaient la concentration prédite sans effet (PNEC) pour les sulfamides-diaminopyrimidines, les fluoroquinolones et les macrolides.
Les programmes français ont contribué à 10 programmes européens et 2 programmes mondiaux, dont un programme en cours de développement pour la surveillance ABR des animaux malades (EARS-Vet).
Conclusion
Dans l’ensemble, les résultats de l’étude ont mis en évidence une première étape vers la surveillance One Health ABR. Bien qu’il soit ingénieux et reproductible, le système était compliqué et manquait d’une intégration suffisante des données dans divers secteurs.
Des domaines tels que les territoires d’outre-mer, la surveillance environnementale, l’ABR chez les animaux sauvages et l’utilisation d’antibiotiques chez les animaux de compagnie étaient insuffisamment couverts, alors que, chez les humains, cinq programmes ciblaient l’ABR dans les établissements de santé.

















